{"id":101829,"date":"2021-04-03T00:01:02","date_gmt":"2021-04-02T22:01:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.gbopera.it\/?p=101829"},"modified":"2021-04-05T20:07:27","modified_gmt":"2021-04-05T18:07:27","slug":"festival-de-paques-2021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/festival-de-paques-2021\/","title":{"rendered":"Festival de P\u00e2ques 2021: G\u00e9rard Causs\u00e9 &#038;\u00a0Viktoria Postnikova"},"content":{"rendered":"<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i>Th\u00e9\u00e2tre des Bernardines, Marseille, saison 2021\u00a0<\/i><\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Alto\u00a0<b>G\u00e9rard Causs\u00e9<\/b><\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Piano<b>\u00a0Viktoria Postnikova<\/b><\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i>Modeste Moussorgski:<\/i> &#8220;Tableaux d&#8217;une exposition&#8221;<\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i>Dmitri Chostakovitch:\u00a0 <\/i>Sonate pour alto et piano, opus 147<i>\u00a0<\/i>I. Mod\u00e9rato II.<i>\u00a0<\/i>Allegretto III. Adagio<i><br \/>\n<\/i><\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i>Marseille, le 24 mars 2021 en streaming<br \/>\n<\/i><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">L&#8217;on croyait que le Festival de P\u00e2ques serait annul\u00e9, comme l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, \u00e0 cause des mesures sanitaires impos\u00e9es par la covid 19. C&#8217;\u00e9tait compter sans la d\u00e9termination, l&#8217;acharnement m\u00eame de ses directeurs fondateurs Dominique Bluzet et Renaud Capu\u00e7on avec le soutien ind\u00e9fectible, depuis le d\u00e9but, du CIC. 16 concerts seront capt\u00e9s en direct pour un streaming journalier. Le Festival de P\u00e2ques d&#8217;Aix-en-Provence s&#8217;invite donc chez nous cette ann\u00e9e. Quelques journalistes auraient toutefois la possibilit\u00e9 d&#8217;assister aux concerts en direct pour des comptes rendus. C&#8217;est ainsi que nous avons pu assister le 24 mars, en avant-premi\u00e8re du festival qui allait d\u00e9buter le 27 mars, \u00e0 un concert donn\u00e9 \u00e0 Marseille, hors les murs du Grand Th\u00e9\u00e2tre d&#8217;Aix-en-Provence, dans le tr\u00e8s intime et tr\u00e8s joli petit Th\u00e9\u00e2tre des Bernardines dont Dominique Bluzet est aussi directeur. Une ancienne chapelle aux vo\u00fbtes de pierre soutenues par des colonnes corinthiennes. En premi\u00e8re partie,\u00a0<b>Viktoria Postnikova<\/b> se met au piano pour nous interpr\u00e9ter une \u0153uvre embl\u00e9matique du compositeur Modeste Moussorgski:<i>\u00a0Tableaux d&#8217;une exposition.<\/i>\u00a0\u0152uvre tr\u00e8s originale par sa conception et son inspiration ; d&#8217;une grande difficult\u00e9 pour l&#8217;interpr\u00e8te, elle demande aussi une grande force physique. Initialement compos\u00e9e pour le piano, ces\u00a0<i>Tableaux<\/i>\u00a0vont inspirer plusieurs compositeurs qui en donneront des formes orchestrales. L&#8217;orchestration de Maurice Ravel qui date de 1922 est certainement la version la plus jou\u00e9e. Ce sont des dessins et aquarelles de Victor Hartmann, ami du compositeur, qui ont donn\u00e9 \u00e0 ce dernier l&#8217;id\u00e9e de cette composition et nous nous promenons avec lui dans cette exposition, allant d&#8217;un tableau \u00e0 un autre. Dix sc\u00e8nes qui ont inspir\u00e9 le peintre et que le compositeur anime et colore avec des accents tir\u00e9s du plus profond de sa Russie et de son folklore. Viktoria Postnikova prend \u00e0 bras le corps son piano et l&#8217;exposition tout enti\u00e8re avec force, passion et une technique \u00e0 couper le souffle. Sous ses doigts pr\u00e9cis et dans un jeu clair, nous admirons les tableaux avant de reprendre le pas de promenade sur un m\u00eame th\u00e8me transpos\u00e9, modul\u00e9 dont un seul est dans un mode mineur. Nous voyons avec elle\u00a0<i>Gnomus<\/i>, couleurs sombres et d\u00e9marche saccad\u00e9e, la tristesse d&#8217;un\u00a0<i>Vecchio Castello,\u00a0<\/i>avec de grandes respirations qui am\u00e8nent le myst\u00e8re et des nuances plus\u00a0<i>piano<\/i>\u00a0nostalgiques. Plus de mouvement aux\u00a0<i>Tuileries<\/i>\u00a0o\u00f9 les enfants jouent, se chamaillent dans la lumi\u00e8re des jardins. Dans un\u00a0<i>tempo\u00a0<\/i>allant et dans un jeu franc, c&#8217;est avec v\u00e9locit\u00e9 et nettet\u00e9 que la pianiste nous m\u00eale aux jeux de ces enfants. Mais l&#8217;\u00e2me russe de Moussorgski revient dans\u00a0<i>Bydlo<\/i>. Viktoria Postnikova nous entra\u00eene avec elle dans cette image sans joie ; derri\u00e8re la charrette nous peinons avec les b\u0153ufs sous le poids de la charge, les pas pesants des b\u00eates scand\u00e9s par une main gauche puissante et lourde. Belles atmosph\u00e8res cr\u00e9\u00e9es par la pianiste qui nous emm\u00e8ne, apr\u00e8s une courte promenade en mode mineur, vers des\u00a0<i>Poussins s&#8217;agitant dans leurs coques<\/i>\u00a0sous les doigts pr\u00e9cis de la soliste. P\u00e9piements, piqu\u00e9 des notes et des petits becs. Autre atmosph\u00e8re dans ce jeu personnalis\u00e9 avec\u00a0<i>Samuel Goldenberg et Schmuyle<\/i>\u00a0dans un discours qui oppose le riche et le pauvre, belle interpr\u00e9tation, beau ressenti qui fait ressortir les couleurs plus sombres et les sentiments de chacun. Mais autres couleurs pour les comm\u00e9rages des femmes sur le\u00a0<i>March\u00e9 de Limoges<\/i>\u00a0o\u00f9 l&#8217;agitation r\u00e8gne. Point d&#8217;agitation dans les\u00a0<i>Catacombes<\/i>\u00a0mais inqui\u00e9tude avec une main gauche virile. Quelques dissonances d\u00e9moniaques pour une\u00a0<i>Baba-Yaga<\/i>\u00a0\u00e0 la d\u00e9marche boiteuse, puis solennit\u00e9 et force pour\u00a0<i>La Grande porte de Kiev<\/i>, monumentale, accompagn\u00e9e de cloches dans de grands sauts d&#8217;octaves. Une interpr\u00e9tation en tous points remarquable, une visite guid\u00e9e color\u00e9e pleine d&#8217;\u00e9motions. En seconde partie, Viktoria Postnikova se remet au clavier pour interpr\u00e9ter avec l&#8217;altiste\u00a0<b>G\u00e9rard Causs\u00e9<\/b>\u00a0la seule sonate pour alto et piano \u00e9crite par le compositeur russe Dmitri Chostakovitch, une sonate magnifique et nostalgique compos\u00e9e entre juin et juillet 1975, peu de temps avant sa mort survenue le 9 ao\u00fbt de la m\u00eame ann\u00e9e, un mois avant la cr\u00e9ation de cette sonate. De forme classique mais avec une petite originalit\u00e9 : deux mouvements lents encadrent un<i>\u00a0allegretto<\/i>\u00a0dansant et plus anim\u00e9. Le 3\u00e8me mouvement est un chant qui m\u00e9lange m\u00e9lancolie et d\u00e9rision. G\u00e9rard Causs\u00e9 aborde cette sonate comme un chant du cygne, de fa\u00e7on intimiste, nostalgique avec une introduction en\u00a0<i>pizzicati<\/i>\u00a0sur quelques notes d&#8217;un piano minimaliste. En jouant sur les sons voil\u00e9s de l&#8217;alto, sorte de demi-teinte, G\u00e9rard Causs\u00e9 fait ressortir le c\u00f4t\u00e9 myst\u00e9rieux, parfois \u00e9trange, contenu dans cette partition mais il sait aussi rendre avec force les sursauts du compositeur avec des accords affirm\u00e9s sans duret\u00e9 sur de belles longueurs d&#8217;archet avec un piano qui s&#8217;anime. L&#8217;altiste explore toutes les riches couleurs de son instrument avec un vibrato intense ou plus subtil et des reprises d&#8217;archet sans duret\u00e9. Mais c&#8217;est sans doute dans sa prise de position par rapport \u00e0 l&#8217;\u0153uvre que nous pouvons appr\u00e9cier la musicalit\u00e9 de l&#8217;interpr\u00e8te en osmose compl\u00e8te avec le compositeur. En effet il n&#8217;est pas l\u00e0 pour se mettre en valeur, mais pour mettre en valeur la derni\u00e8re \u0153uvre de Chostakovitch. Dans le deuxi\u00e8me mouvement, rythm\u00e9, \u00e0 la\u00a0<i>ungarese<\/i>, archet\u00a0<i>jetato<\/i>\u00a0et incisif, l&#8217;alto s&#8217;anime dans un discours avec le piano, ou s&#8217;assagit ; le son profond de l&#8217;instrument r\u00e9sonne, dans une justesse parfaite, avant d&#8217;entamer une danse aux accents slaves. Un compositeur qui se laisse aller aux changements d&#8217;humeur, dernier sursaut avant une longue phrase nostalgique. Dans le dernier mouvement Chostakovitch se souvient de ces compositeurs, de certaines \u0153uvres Alban Berg, Wagner, Chostakovitch lui-m\u00eame avec Beethoven et sa sonate<i>\u00a0Au clair de lune<\/i>\u00a0qui revient de fa\u00e7on obsessionnelle sous les doigts de la pianiste au toucher d\u00e9licat ou dans les sonorit\u00e9s \u00e9tranges d&#8217;un alto plong\u00e9 dans les souvenirs. Le compositeur pose un regard septique sur le monde et m\u00eame sur sa vie, laissant l&#8217;alto monologuer avec force et d\u00e9rision dans des accords\u00a0<i>forte<\/i>\u00a0pour finir sur d&#8217;autres accords<i>\u00a0fortissimo<\/i>\u00a0jou\u00e9s \u00e0 deux, avant de revenir \u00e0 la sonate de Beethoven int\u00e9rioris\u00e9e avec tendresse. M\u00eame musicalit\u00e9 des deux artistes, m\u00eame d\u00e9licatesse, m\u00eame souffle, longue tenue sur un archet ma\u00eetris\u00e9. Une le\u00e7on de musique qui restera dans notre souv<\/span>enir.<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre des Bernardines, Marseille, saison 2021\u00a0 Alto\u00a0G\u00e9rard Causs\u00e9 Piano\u00a0Viktoria Postnikova Modeste Moussorgski: &#8220;Tableaux d&#8217;une exposition&#8221; Dmitri Chostakovitch:\u00a0 Sonate [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":101830,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[27344,9354,20217,27345,27346],"class_list":["post-101829","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-festival-de-paques-2021","tag-foreign-readers","tag-gerard-causse","tag-theatre-des-bernardines","tag-viktoria-postnikova"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/101829","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=101829"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/101829\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/101830"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=101829"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=101829"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=101829"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}