{"id":101917,"date":"2021-04-13T00:44:54","date_gmt":"2021-04-12T22:44:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.gbopera.it\/?p=101917"},"modified":"2021-04-17T00:45:10","modified_gmt":"2021-04-16T22:45:10","slug":"aix-en-provence-festival-de-paques-2021-martha-argerich-daniel-barenboim","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/aix-en-provence-festival-de-paques-2021-martha-argerich-daniel-barenboim\/","title":{"rendered":"Aix-en-Provence, Festival de P\u00e2ques 2021: Martha Argerich &#038; Daniel Barenboim"},"content":{"rendered":"<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i>Grand Th\u00e9\u00e2tre de Provence, Aix-en-Provence, saison 2021\u00a0<\/i><\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Piano\u00a0<b>Martha Argerich &amp; Daniel Barenboim<\/b><\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i>Wolfgang Amadeus Mozart: <\/i>Sonate pour piano \u00e0 quatre mains en do majeur, K. 521;\u00a0<\/span><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i>Claude Debussy: &#8220;<\/i>Les Epigraphes antiques&#8221;;\u00a0<\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i>Georges Bizet: &#8220;<\/i>Jeux d&#8217;enfants&#8221; op. 22<\/span><\/div>\n<div><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i>Aix-en-Provence, le 6 avril 2021\u00a0 en streaming<\/i><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Un pur moment de bonheur ! Moment hors du temps qui nous ram\u00e8ne \u00e0 l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 aller \u00e9couter un concert \u00e9tait essentiel, o\u00f9 acheter un billet pour un spectacle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un moment de plaisir, un plaisir qui perdurait longtemps apr\u00e8s la sortie de la salle. Ce soir encore, ce plaisir ne sera autoris\u00e9 qu&#8217;\u00e0 quelques journalistes qui, dans un compte rendu pourront t\u00e9moigner que Non ! La musique n&#8217;est pas morte. Mais \u00e9couter tout seul un concert devant un ordinateur ne doit pas \u00eatre le but final. Car cela n&#8217;a rien \u00e0 voir avec la magie du concert en direct, l&#8217;attente, les artistes arrivant sur sc\u00e8ne, l&#8217;explosion des applaudissements qui s&#8217;efforcent d&#8217;attendre la derni\u00e8re note avant de cr\u00e9piter&#8230;Ce soir, dans la salle vide du Grand Th\u00e9\u00e2tre de Provence deux musiciens, ambassadeurs de la musique \u00e0 travers le monde inter g\u00e9n\u00e9rations, deux l\u00e9gendes vivantes de la musique.\u00a0\u00a0<b>Martha Argerich\u00a0<\/b>et\u00a0<b>Daniel Barenboim\u00a0<\/b>arrivent, posent leurs mains sur l&#8217;unique clavier qu&#8217;ils partagent et, instantan\u00e9ment la magie op\u00e8re. Leur complicit\u00e9 est palpable, leur musicalit\u00e9 irradie, rayonne. Amis depuis leur enfance pass\u00e9e en Argentine, ils affichent ce soir leur joie de jouer ensemble tels deux amis qui se retrouvent. Mozart, Debussy, Bizet seront au rendez-vous dans la fra\u00eecheur de leur interpr\u00e9tation. Daniel Barenboim s&#8217;installe \u00e0 droite pour la partie chant\u00e9e, ils n&#8217;intervertiront leurs places que dans\u00a0<i>Jeux d&#8217;enfants\u00a0<\/i>(<i>Le Volant\u00a0<\/i>et<i>\u00a0Le Bal<\/i>) de Georges Bizet. Mais y a-t-il deux parties ? Il n&#8217;y a en fait qu&#8217;un seul discours \u00e0 deux voix. Comme chez les enfants, le gar\u00e7on prend la parole et affirme son jeu d\u00e8s les premi\u00e8res notes de la\u00a0<i>Sonate K 521\u00a0<\/i>de Mozart. V\u00e9locit\u00e9 du chant repris dans le grave et encha\u00eenement des gammes. Ornementations d\u00e9licates, tendresse et humour pour un souffle \u00e0 deux voix. M\u00eame toucher, m\u00eames articulations, m\u00eame force \u00e0 partager sur un m\u00eame clavier. Avec joie et clart\u00e9 les notes perl\u00e9es s&#8217;\u00e9gr\u00e8nent sous la v\u00e9locit\u00e9 des doigts. Dans un\u00a0<i>tempo Andante\u00a0<\/i>Daniel Barenboim joue une m\u00e9lodie sublim\u00e9e par le toucher moelleux de Martha Argerich. L\u00e9g\u00e8re retenue comme en suspension pour un chant jou\u00e9 par la partie grave. Deux voix qui n&#8217;en font qu&#8217;une dans ce mouvement fredonn\u00e9 comme une berceuse. L&#8217;<i>Allegretto\u00a0<\/i>est jou\u00e9 comme une comptine par deux artistes qui ont retrouv\u00e9 leur \u00e2me d&#8217;enfant. Dans une discussion rapide qui ne va jamais jusqu&#8217;\u00e0 la chamaillerie, le<i>\u00a0forte,\u00a0<\/i>tout relatif, est simplement donn\u00e9 par les doigts un peu plus appuy\u00e9s sur les touches. Deux voix qui s&#8217;affirment chacune \u00e0 son tour avec simplicit\u00e9 et deux accords pour terminer ce discours. Un petit bijou de musicalit\u00e9 !\u00a0 Avec\u00a0<i>Les<\/i>\u00a0<i>Epigraphes antiques,\u00a0<\/i>\u0153uvre cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve le 2 novembre 1916, les deux pianistes, toujours dans cette complicit\u00e9 musicale, changent de lumi\u00e8re. Claude Debussy explore les touches de couleurs picturales qui sont sa signature dans une \u00e9criture pianistique assez minimaliste. Avec quelques incursions dans l&#8217;atonalit\u00e9 et une recherche dans les sonorit\u00e9s de divers instruments, le compositeur nous entra\u00eene vers des mondes exotiques sous les doigts d\u00e9licats des deux pianistes.\u00a0<i>Pan<\/i>\u00a0et sa fl\u00fbte fol\u00e2trent dans le chant et le contre chant sous une lumi\u00e8re voil\u00e9e. Pour\u00a0<i>Un tombeau sans nom<\/i>\u00a0le compositeur joue le myst\u00e8re. M\u00e9lancolie dans les graves tandis qu&#8217;avec des notes jou\u00e9es comme des harmoniques la partie de chant prend son temps pour conserver le c\u00f4t\u00e9 myst\u00e9rieux. Dans cette\u00a0<i>Nuit propice<\/i>, le discours prend des expressions diverses et avec quelques appogiatures les deux pianistes se r\u00e9pondent dans des styles diff\u00e9rents.\u00a0<i>La Danseuse aux crotales\u00a0<\/i>est une pi\u00e8ce plus vive, mais qui garde aussi un certain myst\u00e8re, \u00e9clair\u00e9e par les rayons lumineux des\u00a0<i>glissandi<\/i>. Une danse lascive pour cette\u00a0<i>Egyptienne<\/i>\u00a0aux notes orientalisantes avec des graves en\u00a0<i>ostinato. Les gouttes de pluie du matin<\/i>\u00a0tombent en doubles croches, l\u00e9g\u00e8res et transparentes. Les notes graves tournent en boucle pour une architecture qui re\u00e7oit la pluie d\u00e9licate du matin dans un enchev\u00eatrement de mains et de notes. Que l&#8217;\u00e9criture de Debussy a de charme sous les doigts d\u00e9licats de ces deux musiciens ! Avec\u00a0<i>Jeux d&#8217;enfants\u00a0<\/i>de Georges Bizet nous retrouvons une \u00e9criture plus classique, mais avec autant de charme.\u00a0<i>L&#8217;Escarpolette<\/i>\u00a0est une r\u00eaverie o\u00f9 la partie grave joue la m\u00e9lodie comme chant\u00e9e par une voix de baryton, et les graves et les aigus s&#8217;encha\u00eenent dans un balancement.\u00a0<i>La Toupie\u00a0<\/i>virevolte, tourne, monte, descend dans un\u00a0<i>tempo<\/i>\u00a0vif sur un chant en boucle. Qui berce\u00a0<i>La Poup\u00e9e\u00a0<\/i>dans un th\u00e8me qui module, revient, chant\u00e9 par la seule main droite ? Les deux pianistes, dans une entente d&#8217;une grande pr\u00e9cision, activent avec vivacit\u00e9\u00a0<i>Les Chevaux de bois.<\/i>\u00a0<i>Le Volant<\/i>\u00a0virevolte dans une structure o\u00f9 les notes s&#8217;encha\u00eenent donnant l&#8217;impression qu&#8217;une seule main court sur le clavier avec vivacit\u00e9 et d\u00e9licatesse.\u00a0<i>Trompette et tambour<\/i>\u00a0ouvrent la marche dans un\u00a0<i>tempo<\/i>\u00a0militaire qui fait penser au chant de la garde montante interpr\u00e9t\u00e9 par les enfants dans l&#8217;op\u00e9ra\u00a0<i>Carmen<\/i>, l&#8217;on entend m\u00eame le clairon qui fait marcher au pas ces petits soldats ; jeu pr\u00e9cis, notes piqu\u00e9es avec humour avant que tous s&#8217;\u00e9loignent.\u00a0<i>Les Bulles de savon\u00a0<\/i>s&#8217;envolent, \u00e9clatent, Daniel Barenboim s&#8217;amuse de sa seule main droite simplement accompagn\u00e9 par une Martha Argerich qui reprend le jeu dans une badinerie agile. Puis l&#8217;on joue aux\u00a0<i>Quatre coins<\/i>, l&#8217;on se cache dans un ensemble parfait et une joyeuse agitation. Les enfants courent, sautent sous les doigts malicieux des pianistes pour finir dans un grand\u00a0<i>forte<\/i>. Joli discours sentimental pour ce\u00a0<i>Colin-Maillard<\/i>\u00a0o\u00f9 le grave r\u00e9pond \u00e0 l&#8217;aigu dans une belle entente. Les enfants jouent, les gammes vont de l&#8217;une \u00e0 l&#8217;autre dans ce\u00a0<i>Saute-mouton\u00a0<\/i>au\u00a0<i>forte<\/i>\u00a0affirm\u00e9 puis se calment. Quel joli duo que ce\u00a0<i>Petit mari, petite femme\u00a0<\/i>jou\u00e9 dans une simplicit\u00e9 enfantine. Modulation, harmonie en interrogation mais conclusion \u00e0 deux voix. Martha Argerich se met \u00e0 droite et m\u00e8ne\u00a0<i>Le Bal<\/i>\u00a0pour une ronde qui acc\u00e9l\u00e8re vers un\u00a0<i>presto.\u00a0<\/i>V\u00e9locit\u00e9, course folle rythm\u00e9e dans une agilit\u00e9 des quatre mains qui s&#8217;unissent dans un grand\u00a0<i>forte<\/i>. Un concert qui touche l&#8217;\u00e2me par la musique, la qualit\u00e9 exceptionnelle des interpr\u00e8tes et un jeu qui remplit la salle de tendresse.<\/span><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grand Th\u00e9\u00e2tre de Provence, Aix-en-Provence, saison 2021\u00a0 Piano\u00a0Martha Argerich &amp; Daniel Barenboim Wolfgang Amadeus Mozart: Sonate pour piano [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":101918,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[2603,3064,344,27344,9354,247,14429,4357,253],"class_list":["post-101917","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-aix-en-provence","tag-claude-debussy","tag-daniel-barenboim","tag-festival-de-paques-2021","tag-foreign-readers","tag-georges-bizet","tag-grand-theatre-de-provence","tag-martha-argerich","tag-wolfgang-amadeus-mozart"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/101917","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=101917"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/101917\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/101918"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=101917"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=101917"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=101917"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}