{"id":107627,"date":"2022-10-22T23:54:04","date_gmt":"2022-10-22T21:54:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.gbopera.it\/?p=107627"},"modified":"2022-10-24T09:56:14","modified_gmt":"2022-10-24T07:56:14","slug":"opera-de-marseille-frederic-chaslin-en-concert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/opera-de-marseille-frederic-chaslin-en-concert\/","title":{"rendered":"Op\u00e9ra de Marseille: Fr\u00e9d\u00e9ric Chaslin en concert"},"content":{"rendered":"<div class=\"yiv1395355366elementToProof\"><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><i class=\"yiv1395355366elementToProof\">Op\u00e9ra de Marseille, saison 2022\/2023<\/i><\/span><\/div>\n<div class=\"yiv1395355366elementToProof\"><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><b>Orchestre Philharmonique de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"yiv1395355366elementToProof\"><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Direction musicale\u00a0<b>Fr\u00e9d\u00e9ric Chaslin<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"yiv1395355366elementToProof\"><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Mezzo-soprano\u00a0<b>Aude Extr\u00e8mo<\/b><\/span><\/div>\n<div class=\"yiv1395355366elementToProof\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\"><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">R\u00e9citante\u00a0<b>Violeta Sanchez<br \/>\n<\/b><\/span><\/span><em><span class=\"yiv1395355366elementToProof\" style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Gustav Mahler:\u00a0<\/span><\/em><span class=\"yiv1395355366elementToProof\" style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Lieder eines fahrenden Gesellen &#8221; Chants d&#8217;un Compagnon Errant &#8220;,\u00a0<\/span><span class=\"yiv1395355366elementToProof\" style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Symphonie No1 &#8220;Titan&#8221;<br \/>\n<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif;\">Marseille, le 15 octobre 2022<br \/>\n<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">Pour sa XVII\u00e9me \u00e9dition, le Festival des musiques interdites pr\u00e9sentait \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille la 1\u00e8re symphonie de\u00a0<\/span><b style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">Gustav Mahler<\/b><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0dite &#8220;Titan&#8221; pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par les &#8220;Chants d&#8217;un Compagnon Errant&#8221; &#8211;\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\"><strong>Lieder eines fahrenden Gesellen<\/strong> &#8211;<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0en premi\u00e8re audition \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille avec, en invit\u00e9e d&#8217;honneur, Marina Mahler petite fille du compositeur. En fondant ce festival, Michel Pastore avait voulu mettre l&#8217;accent sur ces musiques consid\u00e9r\u00e9es comme d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9es et interdites d&#8217;\u00e9coute sous le r\u00e9gime nazi, musiques \u00e9crites par des compositeurs juifs. Si la musique de Gustav Mahler a \u00e9t\u00e9 interdite un temps dans l&#8217;Europe occup\u00e9e, il y a bien longtemps qu&#8217;elle a retrouv\u00e9 le chemin des salles de concert avec le succ\u00e8s que l&#8217;on sait. &#8220;Chants d&#8217;un Compagnon Errant&#8221; est un cycle de 4 chants sur des po\u00e8mes dont trois sont \u00e9crits par le compositeur, le premier \u00e9tant tir\u00e9 du recueil &#8220;Des Knaben Wurderhorn&#8221;, recueil de po\u00e9sie populaire. Nous sommes ici dans le post-romantisme allemand o\u00f9 ces po\u00e8mes prennent des airs autobiographiques, comme dans toute la musique de Gustav Mahler. Nous retrouvons la nostalgie d&#8217;un paradis perdu, la douleur, l&#8217;ironie m\u00eame dans ce voyage sans but o\u00f9 la nature est omnipr\u00e9sente mais aussi une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, un certain apaisement. Si ces chants \u00e9taient \u00e0 l&#8217;origine \u00e9crits pour une voix d&#8217;homme, c&#8217;est ici la voix chaleureuse et profonde de la mezzo-soprano\u00a0<\/span><b style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">Aude Extr\u00e8mo<\/b><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0qui nous entra\u00eenera par les chemins et vers un sommeil apais\u00e9 sous un grand tilleul. Une sorte de mise en espace intercale chants et po\u00e8mes, d\u00e9clam\u00e9s par la voix chaude et l&#8217;interpr\u00e9tation int\u00e9rioris\u00e9e de la r\u00e9citante\u00a0<\/span><b style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">Violeta Sanchez<\/b><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">. Deux voix sensibles qui s&#8217;accordent et maintiennent l&#8217;auditeur dans des atmosph\u00e8res un peu irr\u00e9elles malgr\u00e9 une musique tr\u00e8s pr\u00e9sente mais mesur\u00e9e. Avec beaucoup de nuances et dans un timbre grave, la mezzo-soprano alterne rythmes, force, puissance et lamentations avec sobri\u00e9t\u00e9 dans un phras\u00e9 toujours musical. Sa grande technique lui permet les inflexions de voix qui suivent le po\u00e8me dans ce cheminement physique et int\u00e9rieur. Une voix qui transporte. C&#8217;est avec une grande musicalit\u00e9 aussi que l&#8217;Orchestre Philharmonique de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille, dirig\u00e9 par\u00a0<\/span><b style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">Fr\u00e9d\u00e9ric Chaslin<\/b><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">, accompagne cette voix tout en faisant ressortir les intentions du compositeur dans cette narration po\u00e9tique mettant en \u00e9vidence les couleurs des instruments dans des\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">tempi<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0choisis aux ralentis bien amen\u00e9s. La m\u00e9lancolie du violon solo laisse place aux violons plus joyeux ou \u00e0 un orchestre puissant sans duret\u00e9 ; tension, bruissement des violons vers une marche fun\u00e8bre lente et musicale o\u00f9 harpe et timbales am\u00e8nent la tristesse qui s&#8217;\u00e9loigne peu \u00e0 peu sur des sons de fl\u00fbtes qui s&#8217;\u00e9teignent. Une grande homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des couleurs dans un calme int\u00e9rieur sous une baguette claire et souple qui sait conserver toute la nostalgie contenue dans ces po\u00e8mes. <\/span><strong style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">La 1\u00e8re symphonie &#8220;Titan&#8221; <\/strong><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">est encha\u00een\u00e9e pour ne pas rompre la magie de la musique. L&#8217;on retrouve ici tout ce qui caract\u00e9rise la musique de Gustav Mahler, le c\u00f4t\u00e9 bucolique, parfois folklorique mais aussi les doutes et les changements d&#8217;humeur de cette \u00e2me tortur\u00e9e. Cette symphonie para\u00eet \u00eatre \u00e9crite au gr\u00e9 des impulsions du compositeur ; changements de\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">tempi<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">, d&#8217;atmosph\u00e8res, comme des s\u00e9quences qui surgiraient et s&#8217;imposeraient. Les quatre mouvements de cette symphonie monumentale &#8211; pour ne pas dire avec un peu de facilit\u00e9 &#8211;\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">titanesque<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">, commencent sur les notes tenues et myst\u00e9rieuses des violons mais les trompettes de coulisses et le &#8220;coucou&#8221; de la clarinette nous emm\u00e8nent rapidement dans un village aux chants joyeux. Chaque instrument concourt aux descriptions dans une interpr\u00e9tation intense et magistrale,\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">agitato<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0des violons mais souplesse du phras\u00e9, chant des oiseaux de la fl\u00fbte et du piccolo qui laisse place au tuba inqui\u00e9tant et \u00e0 l&#8217;\u00e9clat des cuivres. Dans un\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">tempo<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0allant une danse paysanne s&#8217;appuie sur les solides contrebasses. Ce que l&#8217;on retient c&#8217;est la souplesse de l&#8217;orchestre dans ces nombreux changements et les sonorit\u00e9s des instruments qui ressortent, tel cet appel du cor. Les couleurs se fondent dans les atmosph\u00e8res, la timbale\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">piano<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0d\u00e9roule un tapis au solo de la contrebasse en sourdine pour une comptine (Fr\u00e8re Jacques) comme un souvenir d&#8217;enfance, toujours autobiographique, reprise par le basson et qui passe d&#8217;instrument en instrument dans un\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">tempo<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0lourd. La m\u00e9lancolie est chass\u00e9e pas un \u00e9clair de lumi\u00e8re et Mahler semble h\u00e9siter entre joie et tristesse dans ses couleurs particuli\u00e8res. Mais si le dernier mouvement laisse entrevoir un certain myst\u00e8re et des phrases langoureuses jou\u00e9es par les violons comme un espoir qui rena\u00eet, ce dernier mouvement est comme une d\u00e9mesure avec l&#8217;\u00e9clat des trombones et des timbales terrifiantes, bases sur lesquelles, avec l&#8217;appui marqu\u00e9 des contrebasses, toute l&#8217;architecture musicale est pos\u00e9e. Les sentiments de cette \u00e2me tourment\u00e9e s&#8217;entrecroisent sans sembler vraiment suivre une direction, cri avec ce pupitre d&#8217;altos sonore et incisif, souffrance, joie ? Eclat des cymbales, des trompettes triomphales dans une marche enfin apais\u00e9e. Cors bouch\u00e9s pavillons relev\u00e9s, quatuor aux archets rythm\u00e9s et ac\u00e9r\u00e9s o\u00f9 certains th\u00e8mes reviennent comme des souvenirs qui ne veulent pas partir, mais \u00e9clat de joie qui s&#8217;impose avec force dans un mode majeur. Cors, trompette et trombone debout dans un jaillissement des sonorit\u00e9s sans saturer les sons. Puissance extraordinaire dans cette symphonie qui demande 7 cors, 5 trompettes, 4 trombones et tuba pour des cuivres qui ont uni leurs sonorit\u00e9s sans \u00e9craser le reste de l&#8217;orchestre. Des\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">Bravi\u00a0<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00e0 n&#8217;en plus finir&#8230; Mais moment de calme pour terminer sur une note apais\u00e9e avec le retour du dernier\u00a0<\/span><i style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">lied<\/i><span style=\"font-family: verdana, geneva, sans-serif; text-align: justify;\">\u00a0et son sommeil sous le tilleul. Un concert \u00e0 ne pas manquer, digne des plus grandes salles, avec un orchestre qui s&#8217;est surpass\u00e9 port\u00e9 par la musique monumentale de Gustav Mahler, un orchestre aussi beau \u00e0 voir jouer que magnifique \u00e0 \u00e9couter. Qu&#8217;il nous soit permis de revenir sur notre d\u00e9ception lors de l&#8217;ouverture du Festival d&#8217;Aix -en-Provence cet \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9coute de la 2\u00e8me symphonie du m\u00eame Mahler &#8220;R\u00e9surrection&#8221; o\u00f9 l&#8217;orchestre, rel\u00e9gu\u00e9 dans la fosse ne laissait voir que la moiti\u00e9 des musiciens et rien du chef d&#8217;orchestre la sc\u00e8ne \u00e9tant un terrain vague o\u00f9 l&#8217;on d\u00e9terrait des cadavres. Un grand bravo \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Chaslin qui a su, sans effets de baguette inutile, conduire l&#8217;orchestre \u00e0 travers les sentiments du compositeur avec une grande compr\u00e9hension de sa musique et des instruments, les laissant sonner ou murmurer dans des couleurs m\u00e9lancoliques. Superbe soir\u00e9e !<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Op\u00e9ra de Marseille, saison 2022\/2023 Orchestre Philharmonique de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille Direction musicale\u00a0Fr\u00e9d\u00e9ric Chaslin Mezzo-soprano\u00a0Aude Extr\u00e8mo R\u00e9citante\u00a0Violeta Sanchez [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":103952,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[23525,9354,14242,746,25687,12383,9248,30966],"class_list":["post-107627","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-aude-extremo","tag-foreign-readers","tag-frederic-chaslin","tag-gustav-mahler","tag-lieder-eines-fahrenden-gesellen","tag-opera-del-marseille","tag-orchestre-philharmonique-de-lopera-de-marseille","tag-violeta-sanchez"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107627","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=107627"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107627\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":107630,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107627\/revisions\/107630"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/103952"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=107627"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=107627"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=107627"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}