{"id":66875,"date":"2013-10-28T17:16:38","date_gmt":"2013-10-28T15:16:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=66875"},"modified":"2014-01-11T17:19:31","modified_gmt":"2014-01-11T15:19:31","slug":"opera-de-toulonnorma","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/opera-de-toulonnorma\/","title":{"rendered":"Op\u00e9ra de Toulon:&#8221;Norma&#8221;"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Toulon, 22 octobre 2013<br \/>\n<\/em>Consid\u00e9r\u00e9 comme un grand m\u00e9lodiste, Bellini nous livre ici un ouvrage o\u00f9 se c\u00f4toient des airs qui mettent en valeur chaque interpr\u00e8te et une partition orchestrale qui n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crite uniquement pour servir les voix. Bien que souvent utilis\u00e9 pour soutenir les chanteurs dans les r\u00e9citatifs, l&#8217;orchestre prend toute sa place d\u00e8s l&#8217;ouverture jou\u00e9e avec maestria.<br \/>\n<strong>Massimo Gasparon<\/strong> signe ici la mise en sc\u00e8ne mais aussi les d\u00e9cors, les costumes et les lumi\u00e8res.<br \/>\nLe metteur en sc\u00e8ne fait-il une relecture? Pas vraiment. Respectant le livret, Il nous donne son point de vue en d\u00e9but de programme et nous explique\u00a0 pourquoi il a voulu mettre en parall\u00e8le les druides et le bouddhisme tib\u00e9tain m\u00e9langeant philosophie, religions et chamanisme car dit-il, ils ont des bases communes. Visuellement il affiche les symboles, le ch\u00eane, le signe du Yin et du Yang, la repr\u00e9sentation de Kali la d\u00e9esse Hindoue tout en gardant l&#8217;Aigle romaine, repr\u00e9sentant le pouvoir en place, mais aussi la force guerri\u00e8re.<br \/>\nL&#8217;originalit\u00e9 vient des costumes, les druides \u00e9tant transform\u00e9s en moines tib\u00e9tains qui d\u00e9filent v\u00eatus de leurs tuniques rouges portant les coiffes jaunes ou rouges selon l&#8217;ordre auquel ils appartiennent. Mais son propos n&#8217;est en aucune fa\u00e7on d\u00e9rangeant.<br \/>\nLes mouvements des chanteurs sont bien r\u00e9gl\u00e9s et les lumi\u00e8res sont du plus bel effet. Sans doute la couleur mauve choisie pour les costumes des guerriers romains est-elle assez \u00e9trange mais la premi\u00e8re surprise pass\u00e9e, on n&#8217;y pense plus.<br \/>\nUn contre-jour bleut\u00e9 nous fait d\u00e9couvrir un p\u00e9ristyle de colonnes blanches entourant le grand arbre sacr\u00e9 stylis\u00e9. Le d\u00e9cor est \u00e9pur\u00e9 et le restera. On sent poindre sous le d\u00e9corateur le dipl\u00f4m\u00e9 en architecture. Une certaine structure soutient cet ouvrage aussi bien sur la sc\u00e8ne que dans la fosse d&#8217;orchestre et les jolis tableaux se succ\u00e8dent pour arriver \u00e0 l&#8217;embrasement\u00a0 qui enflamme aussi la statue de la d\u00e9esse destructrice Hindoue lorsque la guerre est d\u00e9clar\u00e9e.<br \/>\nLes lumi\u00e8res sont vivifiantes et en rapport avec la lecture de l&#8217;ouvrage qui reste intimiste, les interventions du choeur \u00e9tant peu nombreuses.<br \/>\nPeut-\u00eatre aimerait-on des chanteurs plus investis dans leur jeu, ce qui donnerait un peu plus de poids \u00e0 leur personnage et plus d&#8217;expression \u00e0 la voix. Ceci dit, le plateau est assez homog\u00e8ne et nous assistons \u00e0 une repr\u00e9sentation de qualit\u00e9. <strong>Hiromi Omura<\/strong>, sans \u00eatre une immense <i>Norma,<\/i> nous fait vivre de beaux moments musicaux.<br \/>\nMalgr\u00e9 quelques in\u00e9galit\u00e9s elle aborde ce r\u00f4le, l&#8217;un des plus difficiles du r\u00e9pertoire, avec force et musicalit\u00e9. C&#8217;est une apparition toute de blanc v\u00eatue qui chante d&#8217;une voix assur\u00e9e ce &#8220;<i>Casta Diva&#8221;<\/i> toujours tr\u00e8s attendu faisant ressortir sa musicalit\u00e9 dans le duo avec la fl\u00fbte. Mais si cet air est le plus connu, il n&#8217;est pas le seul et nous pouvons appr\u00e9cier la qualit\u00e9 de sa voix tout au long de l&#8217;ouvrage, m\u00e9dium au timbre agr\u00e9able, vocalises faciles et aigus assur\u00e9s, certains plus beaux que d&#8217;autres.<br \/>\nSon sens du dramatique lui permet aussi de s&#8217;affirmer dans les <i>duos<\/i> et <i>trios<\/i> avec <i>Pollione <\/i>et <i>Adalgisa<\/i> qui nous procurent de belles \u00e9motions.<br \/>\n<strong>Stella Grigorian<\/strong> est une belle Adalgisa \u00e0 la voix chaude de mezzo-soprano. Elle assure chaque note avec une grande homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans chaque registre et ses vocalises traversent les octaves avec agilit\u00e9 faisant preuve d&#8217;une belle technique.<br \/>\nOn appr\u00e9cie sa bonne diction et son investissement qui donnent \u00e0 son personnage une certaine dimension. De beaux duos avec <i>Pollione<\/i> ou <i>Norma<\/i> font ressortir sa musicalit\u00e9 et la souplesse de sa voix.<br \/>\n<strong>Marie Karall<\/strong> mezzo-soprano chante Clotilde avec beaucoup d&#8217;assurance et de beaux graves. Toujours en place et bien jou\u00e9es, ses interventions sont remarqu\u00e9es et appr\u00e9ci\u00e9es.<br \/>\n<strong>Giuseppe Gipali<\/strong> malgr\u00e9 un refroidissement a tenu \u00e0 assurer la repr\u00e9sentation. Sa voix, toujours juste et bien plac\u00e9e manquait toutefois de force et d&#8217;ampleur, mais sa grande musicalit\u00e9 et sa belle technique ont permis de nous faire entendre tout au long de l&#8217;ouvrage, les beaux airs de ce r\u00f4le. <strong>Taras Shtonda<\/strong> est un <i>Oroveso<\/i> puissant \u00e0 la belle prestance mais au jeu un peu trop statique avec une bonne projection et un souffle qui lui permet de belles tenues. Sa voix reste toutefois un peu \u00e9touff\u00e9e dans les aigus, mais ses graves r\u00e9sonnent et le font appr\u00e9cier. <strong>Guillaume Fran\u00e7ois<\/strong> chante <i>Flavio<\/i> avec une voix sans grande ampleur mais agr\u00e9able et d&#8217;une grande justesse.<br \/>\nSous la baguette de son chef d&#8217;orchestre <strong>Giuliano Carella<\/strong>, l&#8217;orchestre de l&#8217;Op\u00e9ra de Toulon fait ici une prestation de grande qualit\u00e9 faisant montre de beaucoup de souplesse et de musicalit\u00e9. Le Maestro dirige avec \u00e9nergie et autorit\u00e9 tenant son orchestre dans des tempi enlev\u00e9s tout en faisant ressortir les moments sensibles ou dramatiques. On remarque les sonorit\u00e9s et l&#8217;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des cordes qui savent se faire entendre sans jamais couvrir les chanteurs. Le choeur est aussi tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 rendant chaque intervention vivante, musicale avec des voix qui s&#8217;harmonisent donnant un bel impact sonore. Une repr\u00e9sentation tr\u00e8s applaudie dont on se souviendra autant pour son interpr\u00e9tation que pour la mise en sc\u00e8ne color\u00e9e et d&#8217;une grande lisibilit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toulon, 22 octobre 2013 Consid\u00e9r\u00e9 comme un grand m\u00e9lodiste, Bellini nous livre ici un ouvrage o\u00f9 se c\u00f4toient [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":60296,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[9354,2136,2378,8792,550,223,4468,145,3973,224],"class_list":["post-66875","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-foreign-readers","tag-giuliano-carella","tag-giuseppe-gipali","tag-hiromi-omura","tag-massimo-gasparon","tag-norma","tag-opera-de-toulon","tag-opera-lirica","tag-stella-grigorian","tag-vincenzo-bellini"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66875","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66875"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66875\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/60296"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66875"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}