{"id":66896,"date":"2013-07-16T22:38:00","date_gmt":"2013-07-16T20:38:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=66896"},"modified":"2016-11-26T22:57:45","modified_gmt":"2016-11-26T21:57:45","slug":"les-choregies-dorangele-vaisseau-fantome","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/les-choregies-dorangele-vaisseau-fantome\/","title":{"rendered":"Les Chor\u00e9gies d&#8217;Orange 2013:&#8221;Le Vaisseau Fant\u00f4me&#8221;"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Orange, 12 Juillet 2013<br \/>\n<\/em>Le <i>Vaisseau Fant\u00f4me<\/i> est le quatri\u00e8me op\u00e9ra compos\u00e9 par Richard Wagner, le premier consid\u00e9r\u00e9 faisant partie de ses oeuvres majeures, les trois premiers (oeuvres de jeunesse) n&#8217;\u00e9tant, selon la volont\u00e9 du compositeur, jamais jou\u00e9s au Festspiele de Bayreuth. Richard Wagner se d\u00e9tache ici de l&#8217;influence de Meyerbeer et du style du <i>grand op\u00e9ra fran\u00e7ais<\/i> pour partir vers les l\u00e9gendes lyriques qui seront le th\u00e8me de ses op\u00e9ras \u00e0 venir. La musique ayant \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e par la direction de l&#8217;Op\u00e9ra de Paris, c&#8217;est \u00e0 Dresde en 1843 que cet op\u00e9ra sera cr\u00e9\u00e9.<br \/>\nRichard Wagner essuie une tr\u00e8s grosse temp\u00eate lors d&#8217;une travers\u00e9e, la l\u00e9gende du <i>Hollandais volant<\/i> revient alors \u00e0 sa m\u00e9moire et il se met \u00e0 \u00e9crire le livret et la musique de l&#8217;op\u00e9ra qui deviendra<i> Der Fliegende Holl\u00e4nder<\/i> alors qu&#8217;il est \u00e0 Paris.<br \/>\nIl restera attir\u00e9 par les l\u00e9gendes o\u00f9 son temp\u00e9rament enflamm\u00e9 pourra s&#8217;exprimer sans grand respect des r\u00e9alit\u00e9s. Dans cet op\u00e9ra, on commence \u00e0 entendre la musique de Richard Wagner dans tout ce qu&#8217;elle va avoir de caract\u00e9ristique. Les th\u00e8mes qui reviennent, l&#8217;emploi des cuivres, les sonorit\u00e9s des cordes, la force d&#8217;une musique qui s&#8217;impose et se reconna\u00eet aux premiers accords.<br \/>\nComment repr\u00e9senter les flots qui se d\u00e9cha\u00eenent sur cette sc\u00e8ne immense et profonde, devant ce mur des Chor\u00e9gies d&#8217;Orange qui pose souvent des probl\u00e8mes aux metteurs en sc\u00e8ne? En habitu\u00e9 des Chor\u00e9gies, <strong>Charles Roubaud<\/strong> d\u00e9tourne le probl\u00e8me et va \u00e0 l&#8217;essentiel.<br \/>\nLes interventions des choeurs qui apportent vie et animation mises \u00e0 part, la sc\u00e8ne n&#8217;est souvent occup\u00e9e que par deux ou trois personnages; comment faire alors pour qu&#8217;ils ne soient pas perdus ou \u00e9cras\u00e9s par ce d\u00e9cor naturel? Les solutions ne manquent pas \u00e0 ce metteur en sc\u00e8ne de talent qui nous livre toujours des ouvrages aboutis, pens\u00e9s dans les moindres d\u00e9tails mais d&#8217;une lisibilit\u00e9 reposante. Loin de chercher tout au long de la soir\u00e9e ce que le metteur en sc\u00e8ne veut nous dire, on comprend tout de suite ce que le compositeur a voulu nous faire percevoir. Toujours d&#8217;une beaut\u00e9 \u00e9l\u00e9gante, d\u00e9cors et projections nous emm\u00e8nent cette fois sur les c\u00f4tes norv\u00e9giennes, m\u00e9langeant mythe et r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nDes cordes d&#8217;amarrage tombant d&#8217;un haut mur et tir\u00e9es par des marins nous font comprendre que nous sommes dans un port et l&#8217;immense proue d&#8217;un bateau \u00e9chou\u00e9 l\u00e0 depuis longtemps changeant d&#8217;aspect gr\u00e2ce \u00e0 des projections nous fait entrer directement dans la l\u00e9gende, avec des ciels de temp\u00eates et des vagues l\u00e9chant les bords de mer.<br \/>\n<strong>I<\/strong>c<strong>i tout s&#8217;accorde, le visuel, l&#8217;histoire, la musique et les vagues d&#8217;un quatuor d\u00e9cha\u00een\u00e9 nous emportent vers de lointains rivages.<\/strong> Les couleurs vert sombre restent dans les teintes de soirs d&#8217;orages;\u00a0 la carcasse rouill\u00e9e du bateau omnipr\u00e9sente s&#8217;accorde avec la couleur des briques des murs des maisons, Une unit\u00e9 de couleurs qui permet d&#8217;encha\u00eener les actes sans faire d&#8217;entracte.<br \/>\nSeules notes de couleurs, les costumes des femmes cr\u00e9\u00e9s par <strong>Katia Duflot<\/strong>. Ces costumes aux teintes un peu pass\u00e9es sont \u00e9l\u00e9gants et de bon go\u00fbt ainsi que les robes de Senta et de Mary, seuls les marins sont v\u00eatus de cuir noir. Le Holl\u00e4nder lui, porte un costume clair couvert par un grand manteau sans \u00e9poque d\u00e9termin\u00e9e lui donnant une allure fantomatique. Toutes ces teintes maintiennent le spectateur dans une atmosph\u00e8re lourde, charg\u00e9e des tensions apport\u00e9es par la temp\u00eate. C&#8217;est sobre et cr\u00e9dible sans \u00eatre d\u00e9pouill\u00e9. On sent une direction des acteurs minutieuse qui ne les mets jamais dans une situation inconfortable. Les danses de la f\u00eate et les mouvements de foule sont bien r\u00e9gl\u00e9s et malgr\u00e9 le manque d&#8217;action de l&#8217;ouvrage, nous ne souffrons jamais d&#8217;aucun ennui tant la tension est soutenue. La mort de <i>Senta<\/i> apr\u00e8s le d\u00e9part du <i>Holl\u00e4nder<\/i> nous ram\u00e8ne \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nLa distribution est domin\u00e9e par la voix chaude et grave de <strong>Stephen Milling<\/strong> qui interpr\u00e8te <i>Daland<\/i> avec beaucoup d&#8217;autorit\u00e9 et de talent. Son allure imposante ainsi que sa voix donnent le caract\u00e8re \u00e0 son personnage. Une diction et une projection parfaites font que sa voix porte au loin tout en laissant r\u00e9sonner ses graves \u00e0 la rondeur chaleureuse. Sa ligne de chant apporte de la musicalit\u00e9 \u00e0 ce personnage cupide et peu sensible.<br \/>\n<strong>Steve Davislim<\/strong> nous donne aussi une belle interpr\u00e9tation du <i>pilote<\/i>. Sa voix est claire avec des aigus qui passent bien sans \u00eatre claironnants. Il chante avec sensibilit\u00e9 et d\u00e9licatesse, investi sc\u00e9niquement il fait montre d&#8217;une belle pr\u00e9sence bien qu&#8217;il soit souvent seul sur sc\u00e8ne.<br \/>\n<strong>Endrick Wttrich<\/strong> qui chante le r\u00f4le <i>d&#8217;Erick<\/i> est moins convaincant, v\u00eatu d&#8217;un costume marron il se distingue des marins. Sa voix manque de puissance mais ses aigus sont clairs et ses ornementations sont chant\u00e9es avec \u00e9l\u00e9gance. Sa voix est mieux, par moments, malgr\u00e9 des graves assez faibles. Il semble un peu perdu sur cette sc\u00e8ne et il serait peut \u00eatre int\u00e9ressant de l&#8217;entendre chanter dans un th\u00e9\u00e2tre.<br \/>\nLe baryton basse, <strong>Egils Silins<\/strong> est ici le <i>Holl\u00e4nder<\/i>. Il a l&#8217;allure du r\u00f4le mais sa voix manque de projection c&#8217;est dommage car le timbre peut-\u00eatre agr\u00e9able et profond et certaines notes sont tout \u00e0 fait belles mais sa mauvaise diction l&#8217;emp\u00eache de s&#8217;imposer derri\u00e8re un orchestre tr\u00e8s fourni. Une voix large, du souffle mais des graves un peu \u00e9touff\u00e9s sont ses caract\u00e9ristiques, toutefois de beaux moments dans le <i>duo<\/i> avec <i>Senta<\/i> o\u00f9 une mise en sc\u00e8ne tout en retenue nous fait ressentir le surnaturel de l&#8217;instant.<br \/>\n<strong>Ann Petersen<\/strong> est une <i>Senta<\/i> pleine de d\u00e9licatesse avec l&#8217;allure et le physique du r\u00f4le, sa bonne diction fait que sa voix passe bien nous faisant entendre de jolis <i>piani<\/i>. Le timbre est agr\u00e9able dans chaque registre et ses aigus ne sont jamais cri\u00e9s. Elle joue avec naturel et simplicit\u00e9 laissant exprimer ses sentiments d&#8217;une voix vibrante jusque dans le passage chant\u00e9 <i>a cappella<\/i>. Sans \u00eatre exceptionnelle elle est une tr\u00e8s belle <i>Senta<\/i> se mouvant avec gr\u00e2ce.<br \/>\n<strong>Marie-Ange Todorovitch\u00a0<\/strong> est une <i>Mary <\/i>convaincante, comme \u00e0 son habitude elle joue bien, son costume seyant lui permet d&#8217;\u00e9voluer avec aisance, elle donne de la pr\u00e9sence \u00e0 ce r\u00f4le mais on peut lui reprocher son manque de projection et sa mauvaise diction qui enl\u00e8vent de la vigueur \u00e0 sa voix, les graves sont sonores et les aigus un peu mieux projet\u00e9s. Une belle pr\u00e9sence toutefois.<br \/>\nLe choeur des op\u00e9ras de r\u00e9gion donnent ici une belle pestation; un bel ensemble alliant sonorit\u00e9 et puissance. Le choeur des marins du <i>Holl\u00e4nder<\/i> enregistr\u00e9, donne du myst\u00e8re mais enl\u00e8ve un peu d&#8217;animation.<br \/>\nL&#8217;orchestre de Radio France dirig\u00e9 par <strong>Mikko Franck<\/strong> nous livre une interpr\u00e9tation magistrale; des <i>tempi<\/i> un peu lents parfois mais soutenus, faisant ressortir les diff\u00e9rentes familles d&#8217;instruments respectant l&#8217;\u00e9criture de Richard Wagner. Un chef d&#8217;orchestre qui s&#8217;occupe des chanteurs ne pouvant toutefois pas \u00e9viter quelques d\u00e9calages avec le choeur. Mais la puissance mesur\u00e9e de l&#8217;orchestre et la belle sonorit\u00e9 des instrumentistes donnent grandeur et unit\u00e9 \u00e0 tout l&#8217;ouvrage. Un spectacle de qualit\u00e9 auquel on ne regrette pas d&#8217;avoir assist\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Orange, 12 Juillet 2013 Le Vaisseau Fant\u00f4me est le quatri\u00e8me op\u00e9ra compos\u00e9 par Richard Wagner, le premier consid\u00e9r\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":55640,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[5580,9354,9509,8060,6494,145,173],"class_list":["post-66896","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-charles-roubaud","tag-foreign-readers","tag-le-vaisseau-fantome","tag-les-choregies-dorange","tag-mikko-franck","tag-opera-lirica","tag-richard-wagner"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66896","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66896"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66896\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/55640"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66896"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66896"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66896"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}