{"id":66904,"date":"2013-07-14T23:21:16","date_gmt":"2013-07-14T21:21:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=66904"},"modified":"2016-12-09T00:37:22","modified_gmt":"2016-12-08T23:37:22","slug":"les-choregies-dorangelang-lang","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/les-choregies-dorangelang-lang\/","title":{"rendered":"Les Chor\u00e9gies d&#8217;Orange 2013:Lang Lang"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Oranges, 11 Ju<\/em><em>illet 2013<\/em><strong><em><br \/>\n<\/em>Mozart et Chopin \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 la soir\u00e9e d&#8217;ouverture des Chor\u00e9gies d&#8217;Orange<\/strong> avec en soliste le talentueux et charismatique pianiste<strong> Lang Lang.<\/strong> peut-\u00eatre le choix des oeuvres \u00e9tait-il une gageure pour un r\u00e9cital dans ce th\u00e9\u00e2tre antique surdimensionn\u00e9?<br \/>\nCertes, Lang Lang assagi nous donne une interpr\u00e9tation de salon o\u00f9 chaque note doit \u00eatre \u00e9cout\u00e9e et go\u00fbt\u00e9e dans le plus grand recueillement et l&#8217;on peur se demander ce que peuvent bien entendre les spectateurs plac\u00e9s vers le haut des gradins?<br \/>\nmais pour les privil\u00e9gi\u00e9s des premiers rangs, ces sonates de Mozart jou\u00e9es sous la vo\u00fbte c\u00e9leste par un Lang Lang plus qu&#8217;inspir\u00e9 resteront un moment enchanteur.<br \/>\nSuspendus au souffle de Mozart si bien transcrit par l&#8217;interpr\u00e9tation du pianiste nous tendons l&#8217;oreille, mais point n&#8217;est besoin d&#8217;oreille, les notes partent des touches du piano pour atteindre directement notre coeur.<br \/>\nOn a souvent reproch\u00e9 \u00e0 Lang Lang d&#8217;en faire trop, mais ici on sent un artiste qui veut apaiser les tensions et chaque note est jou\u00e9e avec gr\u00e2ce et avec une respiration qui respecte le texte. Il a gard\u00e9 l&#8217;\u00e9merveillement de l&#8217;enfant qui d\u00e9couvre la musique de Mozart et nous le fait partager.<br \/>\nIl joue les trois sonates dans des <i>tempi<\/i> relativement lents, mais avec une musicalit\u00e9 toute particuli\u00e8re. Son jeu perl\u00e9 donne l&#8217;illusion de facilit\u00e9, ses doigts effleurent les touches mais les notes sont percutantes avec cette sonorit\u00e9 qui lui est propre.<br \/>\nSous son jeu sobre on sent l&#8217;artiste imp\u00e9tueux dont la jeunesse et l&#8217;humour \u00e9mergent par petites touches. C&#8217;est le caract\u00e8re de Mozart que l&#8217;on per\u00e7oit sous les doigts agiles de Lang Lang. Daniel Barenboim ne disait-il pas de lui &#8220;il est un chat qui aurait 12 doigts&#8221;? en effet, ses mains ressemblent tout \u00e0 fait aux pattes souples d&#8217;un chat qui se posent avec d\u00e9licatesse sur les touches produisant ce son qui lui appartient, fruit d&#8217;une grande musicalit\u00e9 et d&#8217;ann\u00e9es de travail intelligent. Mais sans la musique que l&#8217;on a en soi, le travail n&#8217;est rien.<br \/>\nTop de lenteur, trop de sagesse?, non, un jeu int\u00e9rioris\u00e9 car Lang Lang joue pour lui et pour chacun d&#8217;entre nous en particulier. Il nous parle comme nous parlerait Mozart; Ce n&#8217;est pas une narration mais un dialogue avec le compositeur. Il en impose sa vision unique et apr\u00e8s une l\u00e9g\u00e8re surprise nous y adh\u00e9rons compl\u00e8tement tant les couleurs, les nuances contrast\u00e9es et surtout les respirations sont justes.<i> <\/i>Il monte et descend ses<i> crescendi<\/i> avec une force int\u00e9rieure qui ne d\u00e9borde jamais et \u00e0 la fin de la troisi\u00e8me sonate on pense avoir red\u00e9couvert Mozart.<br \/>\nC&#8217;est la musique de <strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin<\/strong> qui coule sous les doigts du pianiste en deuxi\u00e8me partie. Un Chopin que l&#8217;on sent tourment\u00e9 o\u00f9 chaque note est pens\u00e9e sans \u00eatre intellectualis\u00e9e, o\u00f9 le coeur laisse exprimer ses peines et ses espoirs, o\u00f9 la joie retrouv\u00e9e explose en virtuosit\u00e9. C&#8217;est une interpr\u00e9tation plus sentimentale que romantique, plus exacerb\u00e9e aussi dans les sentiments. Ce n&#8217;est plus l&#8217;\u00e9poque de Mozart, c&#8217;est une \u00e9poque o\u00f9 l&#8217;on crie ses peines aussi bien que ses amours avec quelques d\u00e9bordements parfois mais il le fait sans <i>esbroufe <\/i>sans rechercher particuli\u00e8rement l&#8217;effet. Le son est plus direct faisant ressortir des harmonies que l&#8217;on n&#8217;a pas l&#8217;habitude d&#8217;entendre presque <i>jazzy<\/i>, la v\u00e9locit\u00e9 n&#8217;exclue pas une certaine \u00e9l\u00e9gance.<i> <\/i>Ce n&#8217;est pas une interpr\u00e9tation reposante<i> <\/i>mais on peut facilement imaginer les doutes, les d\u00e9ceptions et les espoirs qui se bousculent dans la t\u00eate et le coeur du compositeur. On sent un pianiste plus habit\u00e9 que strictement attach\u00e9 \u00e0 la partition. S&#8217;il prend quelques libert\u00e9s, Lang Lang nous livre sa musique int\u00e9rieure, c&#8217;est un artiste qui se livre, qui ne se cache pas derri\u00e8re une partition, il pourrait \u00eatre un trap\u00e9ziste qui \u00e9voluerait sans filet, et ce danger nous fait ressentir ces moments d&#8217;extase o\u00f9 le coeur s&#8217;arr\u00eate un instant suspendu \u00e0 ses doigts. Il joue la sonate No 4 avec des envols qui le m\u00e8nent vers des sommets d&#8217;o\u00f9 il ne redescend pas; il est rest\u00e9 parmi les \u00e9toiles et son dernier <i>tempo vivace<\/i> l&#8217;emporte au loin.<br \/>\nQue demande-t-on \u00e0 un artiste? De nous donner son interpr\u00e9tation de l&#8217;oeuvre, sa propre vision et surtout de nous faire ressentir des \u00e9motions. Alors ce soir c&#8217;est un parcours sans faute, c&#8217;est un pari gagn\u00e9.<br \/>\nAcceptant avec beaucoup de gentillesse et de modestie\u00a0 les acclamations et l&#8217;ovation du public qui passerait bien la nuit \u00e0 l&#8217;\u00e9couter, il nous offre trois bis, Chopin tout d&#8217;abord, <i>la Valse du petit chien ou Valse minute<\/i>, avec brio mais tendresse aussi, puis un nocturne qui prolonge l&#8217;envo\u00fbtement de la nuit, o\u00f9 chaque note est une \u00e9toile. Un nocturne bien choisi pour cette nuit particuli\u00e8re. Mais il veut partir sur une note brillante et c&#8217;est la <i>Campanella<\/i> de Paganini transcrite pour piano par Frantz Liszt que nous avons le plaisir d&#8217;\u00e9couter. Brillantissime avec grand effet de main droite, il s&#8217;amuse et nous ravit. Sa joie de jouer du paino est \u00e9vidente et contagieusement nous transporte avec lui. C&#8217;est un r\u00e9cital magnifique qu&#8217;il nous a donn\u00e9 avant de s&#8217;envoler vers d&#8217;autres succ\u00e8s. Que l&#8217;on adh\u00e8re ou non, il n&#8217;y a qu&#8217;un Lang Lang.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Oranges, 11 Juillet 2013 Mozart et Chopin \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 la soir\u00e9e d&#8217;ouverture des Chor\u00e9gies d&#8217;Orange avec en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":87453,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[14678,9354,9511,1855,9510,253],"class_list":["post-66904","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-concerti","tag-foreign-readers","tag-frederyck-chopin","tag-lang-lang","tag-les-choregies-doranges","tag-wolfgang-amadeus-mozart"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66904","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66904"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66904\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/87453"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66904"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66904"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66904"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}