{"id":66931,"date":"2013-05-14T13:17:12","date_gmt":"2013-05-14T11:17:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=66931"},"modified":"2016-12-08T23:40:58","modified_gmt":"2016-12-08T22:40:58","slug":"opera-de-marseillela-clemence-de-titus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/opera-de-marseillela-clemence-de-titus\/","title":{"rendered":"Op\u00e9ra de Marseille:&#8221;La Clemence de Titus&#8221;"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Op\u00e9ra seria en deux actes.<br \/>\nMusique de <strong>Wolfgang Amadeus Mozart.<\/strong><br \/>\nVitellia Teresa Romano<br \/>\nSesto Kate Aldrich<br \/>\nServilia \u00a0Cl\u00e9mence Barrab\u00e9<br \/>\nAnnio \u00a0Christine Tocci<br \/>\nTito Paolo Fanale<br \/>\nPublio Joseph Wagner.<br \/>\nCoproduction d&#8217;Aix-en-Provence \/ Th\u00e9\u00e2tre du Capitole de Toulouse \/ Op\u00e9ra de Marseille<br \/>\nDirection musicale:\u00a0 <strong>Mark Shanahan<\/strong><br \/>\nMise en sc\u00e8ne: <strong>David Mc Vicar<\/strong><br \/>\nR\u00e9alisation mise en sc\u00e8ne: <strong>Marie Lambert<\/strong><br \/>\nD\u00e9cors:<strong>Bettina Neuhaus et David Mc Vicar<\/strong><br \/>\nCostumes: <strong>Jenny Tiramani<\/strong><br \/>\nLumi\u00e8res: <strong>Jennifer Tipton<\/strong><br \/>\nR\u00e9alisation Lumi\u00e8res:<strong> John Torres<\/strong><em><br \/>\n<\/em>Chor\u00e9graphie: <strong>David Greeves<\/strong><em><br \/>\nMarseille, 10 mai 2013<br \/>\nLa Clemence de Titus<\/em> a enthousiasm\u00e9 hier soir le public marseillais. Cet op\u00e9ra qui a connu une longue \u00e9clipse au XIXe si\u00e8cle, est repris depuis de nombreuses ann\u00e9es avec plus ou moins de succ\u00e8s. Mais ici, le succ\u00e8s \u00e9tait au rendez-vous.<br \/>\nCommand\u00e9 pour le couronnement de l&#8217;empereur L\u00e9opold II comme roi de Boh\u00eame, cet op\u00e9ra est cr\u00e9\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre National de Prague en 1791. Certains pensent que cet op\u00e9ra est compos\u00e9 dans l&#8217;urgence en trois semaines, mais \u00e0 bien y regarder, cela semble moins s\u00fbr et sans doute Mozart y pensait-il depuis un certain temps si l&#8217;on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&#8217;air de <i>Vitellia &#8221; Non piu di fiori &#8220;<\/i> qui aurait \u00e9t\u00e9 chant\u00e9 au cours d&#8217;un r\u00e9cital quelques mois avant que ne soit pass\u00e9e la commande officielle. Cet ultime op\u00e9ra <i>seria<\/i> n&#8217;a certes pas l&#8217;impact dramatique de &#8221; <i>Don Juan &#8220;<\/i> mais le sujet r\u00e9pond aux solennit\u00e9s du couronnement et correspond au caract\u00e8re de L\u00e9opold II qui voulait \u00eatre un empereur juste et bon.<br \/>\nPour W. A. Mozart qui est en train de composer &#8221; <i>La Fl\u00fbte enchant\u00e9e &#8220;<\/i> cet op\u00e9ra reste dans le parcours initiatique o\u00f9 cheminent l&#8217;amour et l&#8217;amiti\u00e9 surmontant les \u00e9cueils pour enfin parvenir au pardon.<br \/>\nAvec de tr\u00e8s nombreux <i>r\u00e9citatifs<\/i> et un sujet sans grande passion l&#8217;ouvrage pourrait \u00eatre ennuyeux, il ne l&#8217;est pas et le public ne s&#8217;est pas tromp\u00e9 en l&#8217;acclamant.<br \/>\n<strong>C&#8217;est la production donn\u00e9e en 2011 au Festival d&#8217;Aix-en-Provence,<\/strong> fort d\u00e9cri\u00e9e alors qui est reprise ici, l\u00e9g\u00e8rement remani\u00e9e.<br \/>\nLe d\u00e9cor unique mais avec des murs mobiles, assez imposant, reprend en fond de sc\u00e8ne la fa\u00e7ade du th\u00e9\u00e2tre de l&#8217;Archev\u00each\u00e9, ce qui semble autoriser des costumes fin XVIII\u00e8me si\u00e8cle. un peu surprenants au d\u00e9but on les oublie ensuite, regrettant tout de m\u00eame que tout le monde soit v\u00eatu de noir, les dames du choeur portant des perruques aux cheveux courts dignes des &#8221; <i>Dialogues des Carm\u00e9lites &#8220;. <\/i>Une exception est faite pour <i>Titus<\/i> et <i>Servilia<\/i> dont les costumes blancs \u00e9voquent sans doute la puret\u00e9 de leurs sentiments. Mais tout ceci passe au second plan et l&#8217;on ne recherche plus la v\u00e9racit\u00e9 d&#8217;une \u00e9poque, le reste \u00e9tant coh\u00e9rent\u00a0 et d&#8217;une sobri\u00e9t\u00e9 parfaite. les murs mobiles cr\u00e9ent l&#8217;espace et le mouvement et l&#8217;on peut ainsi passer des sc\u00e8nes plus intimes \u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e de la foule venue rendre gr\u00e2ce pour le salut de l&#8217;empereur.<i> <\/i>Un escalier monumental symbolise aussi bien la mont\u00e9e vers le pouvoir que les gradins de l&#8217;amphith\u00e9\u00e2tre. Les lumi\u00e8res privil\u00e9gient les contre-jours et les demi-teintes, laissant les sentiments et les comploteurs dans la p\u00e9nombre, le rougeoiement du Capitole en flammes est discret mais \u00e9vocateur et tout ceci cr\u00e9e un climat o\u00f9 chacun se retrouve seul avec ses propres doutes. Quelques clins-d&#8217;oeil\u00a0 au pouvoir dont on pourrait se passer, tel le long manteau de l&#8217;empereur Titus qui fait penser \u00e0 celui que portait Napol\u00e9on le jour de son sacre et que Titus finit par porter enroul\u00e9 dans ses bras comme un fardeau. Petits d\u00e9tails qui ne\u00a0 terniront pas l&#8217;ensemble d&#8217;une repr\u00e9sentation tr\u00e8s r\u00e9ussie. La chor\u00e9graphie mettant en sc\u00e8ne la garde pr\u00e9torienne n&#8217;apporte rien non plus \u00e0 la compr\u00e9hension du spectacle si ce n&#8217;est le fait d&#8217;animer la sc\u00e8ne et de participer \u00e0 la beaut\u00e9 de certains tableaux. Malgr\u00e9 le jeu des chanteurs d\u00e9pouill\u00e9 de tout artifice, les impressions restent fortes et l&#8217;on quitte la salle empreints d&#8217;une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. L&#8217;emploie de castrats \u00e9tait encore en vogue \u00e0 l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 Mozart composa son op\u00e9ra et les r\u00f4les de<i> Sesto<\/i> et d&#8217;<i>Annio<\/i> sont ici chant\u00e9s par deux mezzo-soprano.<br \/>\nC&#8217;est donc la mezzo-soprano am\u00e9ricaine <strong>Kate Aldrich<\/strong> qui chante le r\u00f4le de<i> Sesto<\/i>. Tr\u00e8s investie, elle prend d\u00e8s le d\u00e9but la mesure de son personnage qu&#8217;elle rend tout \u00e0 fait cr\u00e9dible. Elle joue avec sobri\u00e9t\u00e9 tout en faisant passer ses \u00e9motions bien qu&#8217;on la sente plus ind\u00e9cise que passionn\u00e9e. sa voix homog\u00e8ne garde sa couleur jusque dans les graves et l&#8217;on appr\u00e9cie sa souplesse dans le duo qu&#8217;elle forme avec la clarinette dans un pur style mozartien avec des vocalises en pleine libert\u00e9.<br \/>\nL&#8217;autre mezzo-soprano qui interpr\u00e8te un r\u00f4le d&#8217;homme est <strong>Christine Tocci<\/strong> qui chante ici <i>Annio<\/i>. Un joli style, une belle diction, un jeu sobre, elle chante avec d\u00e9licatesse et musicalit\u00e9 adaptant sa voix \u00e0 celle de <i>Sesto<\/i> pour un duo de charme et d&#8217;amiti\u00e9. Aussi bien dans ses <i>Airs<\/i> que dans les <i>r\u00e9citatifs,<\/i> elle anime la sc\u00e8ne par sa vitalit\u00e9. <i>Servilia<\/i> Chant\u00e9 par la soprano <strong>Cl\u00e9mence Barrab\u00e9<\/strong> am\u00e8ne un peu de fra\u00eecheur au milieu des intrigues. La voix est claire et percutante malgr\u00e9 un vibrato un peu serr\u00e9 pour cette \u00e9criture somme toute assez haute. Elle joue avec justesse et spontan\u00e9it\u00e9 marquant de sa personnalit\u00e9 ce r\u00f4le assez court.<br \/>\nFace \u00e0 <i>Sesto,<\/i> une <i>Vitellia<\/i> manipulatrice. Ce r\u00f4le requiert une voix au registre tr\u00e8s \u00e9tendu et souffre souvent d&#8217;un manque de graves. Ici, la soprano<strong> Teresa Romano<\/strong> poss\u00e8de cette couleur qui rend ses graves ronds et timbr\u00e9s. Sa voix est puissante mais certains aigus un peu tonitruants lui font perdre ce style \u00e9pur\u00e9 sp\u00e9cial \u00e0 toute musique de Mozart. Elle s&#8217;exprime mieux dans les moments de col\u00e8re o\u00f9 sa voix prend toute sa dimension. Son profil de m\u00e9daille et sa belle pr\u00e9sence donne a son personnage sa force et sa d\u00e9termination car c&#8217;est d&#8217;elle que part tout le drame. On la sent plus \u00e0 l&#8217;aise dans son <i>air &#8220;Non piu di fiori<\/i> &#8221; du deuxi\u00e8me acte o\u00f9 l&#8217;on peut appr\u00e9cier sa musicalit\u00e9 avec des graves d&#8217;une belle rondeur qui se fondent avec la sonorit\u00e9 du cor de basset.<br \/>\nUn t\u00e9nor et un baryton sont les seules voix d&#8217;hommes de l&#8217;ouvrage. C&#8217;est le t\u00e9nor italien <strong>Paolo Fanale<\/strong>\u00a0 qui chante le r\u00f4le de <i>Tito<\/i> pris entre ses doutes, ses d\u00e9sirs de cl\u00e9mence et son ind\u00e9cision. Il chante avec d\u00e9licatesse faisant ressortir ses sentiments dans chacun de ses <i>Airs<\/i>. Son personnage est jou\u00e9 avec justesse, chant\u00e9 dans un pur style mozartien. Sans \u00eatre une grande voix, il poss\u00e8de un timbre agr\u00e9able et homog\u00e8ne dans chaque registre. Ses vocalises sont souples et d\u00e9licates et ses nuances amen\u00e9es avec justesse. Loin du pouvoir s\u00e9v\u00e8re, c&#8217;est un empereur tr\u00e8s humain qui capte l&#8217;attention jusque dans les nombreux r\u00e9citatifs.<br \/>\nSeule voix vraiment virile de l&#8217;ouvrage, la voix large du baryton-basse <strong>Josef Wagner<\/strong> qui incarne Publio. Il poss\u00e8de un timbre chaleureux qui r\u00e9sonne sans duret\u00e9. Il ma\u00eetrise sa puissance et conserve sa couleur dans chaque registre et s&#8217;impose sans dominer.<br \/>\nLe choeur n&#8217;est pas mis en valeur par la mise en sc\u00e8ne , mais dans cet ouvrage encore il saura se faire remarquer par sa tr\u00e8s bonne tenue, des attaques franches et pr\u00e9cises avec un ensemble de voix tr\u00e8s homog\u00e8nes sachant se mettre au service du compositeur.<br \/>\nUne repr\u00e9sentation de grande qualit\u00e9 dirig\u00e9e par le chef d&#8217;orchestre <strong>Mark Shanahan<\/strong> manquant quelquefois de nettet\u00e9 et de mordant dans sa direction mais avec des tempi qui \u00e9vitent tout ennui.Une mention sp\u00e9ciale au pupitre de clarinette et cor de basset pour des soli tr\u00e8s mozartiens alliant l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et musicalit\u00e9, ainsi que pour l&#8217;accompagnement des r\u00e9citatifs jou\u00e9 par <strong>Brigitte Grosse<\/strong>.Un op\u00e9ra de Mozart qui m\u00e9rite d&#8217;\u00eatre sorti de l&#8217;oubli et qui a enthousiasm\u00e9 une salle comble par une qualit\u00e9 de grand niveau.<em> Photo Christian Dresse<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Op\u00e9ra seria en deux actes. 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