{"id":67419,"date":"2014-01-17T01:21:21","date_gmt":"2014-01-16T23:21:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=67419"},"modified":"2014-01-22T21:03:09","modified_gmt":"2014-01-22T19:03:09","slug":"opera-de-marseille-adrian-prabava","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/opera-de-marseille-adrian-prabava\/","title":{"rendered":"Op\u00e9ra de Marseille: Adrian Prabava"},"content":{"rendered":"<p><em>Marseille, Op\u00e9ra Municipal, Saison de concerts 2013\/2014<strong><br \/>\n<\/strong><\/em><strong>Orchestre<\/strong><strong><strong> philharmonique de Marseille<\/strong><\/strong><strong><strong><br \/>\n<\/strong><\/strong>Direction musicale<strong>\u00a0 <strong>Adrian Prabava<br \/>\n<\/strong><\/strong><em>Wolfgang Amadeus Mozart:<\/em> Symphonie n\u00b0 35 en r\u00e9 majeur \u00ab Haffner \u00bb<br \/>\n<em>Gustav Mahler:<\/em> Symphonie n\u00b05 en ut di\u00e8se mineur<br \/>\n<em>Marseille, 12 Janvier 2013<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ce d\u00e9but d&#8217;ann\u00e9e, l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille avait invit\u00e9 le chef d&#8217;orchestre indon\u00e9sien <strong>Adrian Prabava<\/strong> pour diriger l&#8217;un des premiers concerts symphoniques de l&#8217;ann\u00e9e 2014. Deux symphonies \u00e9taient au programme, la 35\u00e8me symphonie de Wolfgang Amadeus Mozart dite &#8220;<i> Haffner &#8220;<\/i> et la monumentale symphonie No 5 de Gustav Mahler.<br \/>\nCes deux compositeurs si diff\u00e9rents allaient permettre au Maestro de donner toute la mesure de son talent. N\u00e9 \u00e0 Jakarta en 1972, Adrian Prabava peut encore \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un jeune chef d&#8217;orchestre. Ses origines asiatiques ne l&#8217;emp\u00eachent pas de se tourner tr\u00e8s t\u00f4t vers la musique classique occidentale en commen\u00e7ant l&#8217;\u00e9tude du violon en Allemagne, au conservatoire de Detmold.\u00a0 Attir\u00e9 par l&#8217;orchestre, il prend \u00e0 Hanovre des cours de direction d&#8217;orchestre qui le conduiront \u00e0 se pr\u00e9senter au concours International des jeunes chefs d&#8217;orchestre de Besan\u00e7on.<br \/>\nRemarqu\u00e9 par de grands chefs, il devient successivement assistant de Kurt Masur, \u00e0 l&#8217;Orchestre National de France \u00e0 Paris, puis de Bernard Haitink, au Koninklijk Concertgebouworkest d&#8217;Amsterdam. Apr\u00e8s l&#8217;Op\u00e9ra Philharmonique de Thuringe o\u00f9 lui est confi\u00e9e la direction du lyrique, du symphonique et des ballets, il est appel\u00e9 \u00e0 diriger les grands orchestres europ\u00e9ens.<br \/>\nLes musiciens de l&#8217;Orchestre Philharmonique de Marseille qui l&#8217;avaient d\u00e9j\u00e0 appr\u00e9ci\u00e9 lors d&#8217;un concert donn\u00e9 en 2011 au Grand Th\u00e9\u00e2tre de Provence, reprenaient avec un r\u00e9el plaisir leur collaboration.<br \/>\nCompos\u00e9e un peu \u00e0 contrecoeur par un Mozart qui n&#8217;avait que peu d&#8217;envie d&#8217;honorer la commande de Sigmund Haffner, cette 35\u00e8me symphonie n&#8217;atteint pas les sommets de sa symphonie No 40. <strong>Avec des gestes \u00e9l\u00e9gants, Adrian Prabava, nous fait entendre une version muscl\u00e9e et dynamique de cette oeuvre in\u00e9gale.<\/strong><br \/>\nLes diff\u00e9rents mouvements, tout en gardant leur caract\u00e8re propre, sont jou\u00e9s avec une ligne musicale qui donne une unit\u00e9 \u00e0 toute la symphonie. Sous la baguette de ce jeune chef, l&#8217;orchestre sonne tout en gardant une belle rondeur de son, les attaques sont nettes et les archets pr\u00e9cis dans un <i>staccato<\/i> jou\u00e9 avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Les timbales r\u00e9sonnent et l&#8217;harmonie se fond dans les sonorit\u00e9s du quatuor. Le final &#8221; brillantissime &#8220;, est jou\u00e9 sans \u00e9conomie, dans un <i>tempo<\/i> rapide et soutenu avec des oppositions de nuances tr\u00e8s prononc\u00e9es. Un Maestro efficace aux gestes amples, suivi par un orchestre en grande forme qui fait montre de souplesse et d&#8217;une grande musicalit\u00e9.\u00a0 Dans cette salle du Silo r\u00e9habilit\u00e9, o\u00f9 tout n&#8217;est que b\u00e9ton et armatures m\u00e9talliques, Adrian Prabava a su cr\u00e9er une atmosph\u00e8re mozartienne dans un lieu qui ne s&#8217;y pr\u00eate gu\u00e8re.<br \/>\n<strong>La deuxi\u00e8me partie de ce concert \u00e9tait consacr\u00e9e \u00e0 la 5\u00e8me symphonie de Gustav Mahler<\/strong>. Ces deux symphonies, tout \u00e0 fait diff\u00e9rentes ont comme point commun d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 compos\u00e9es juste apr\u00e8s le mariage des deux compositeurs.<br \/>\nJou\u00e9e pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Cologne par l&#8217;Orchestre Philharmonique de Cologne et dirig\u00e9e par le compositeur, cette symphonie n&#8217;obtient qu&#8217;un succ\u00e8s mitig\u00e9. Elle sera rendue c\u00e9l\u00e8bre gr\u00e2ce \u00e0 Luchino Visconti, qui utilisera l&#8217;<i>Adagietto<\/i> pour la musique de son film <i>Mort \u00e0 Venise, <\/i>sorti en 1971. Mais\u00a0 l&#8217;<i>Adagietto,<\/i> n&#8217;est pas le seul int\u00e9r\u00eat de cette longue symphonie, elle met \u00e0 l&#8217;honneur tous les pupitres de l&#8217;harmonie et leurs solistes, les faisant dialoguer dans des harmonies qui &#8221; se frottent &#8221; tout en gardant un lien entre les mouvements. Tourment\u00e9 par la mort qu&#8217;il vient de fr\u00f4ler, Gustav Mahler commence sa symphonie, de mani\u00e8re \u00e9trange, une marche fun\u00e8bre \u00e0 l&#8217;atmosph\u00e8re lourde, introduite par l&#8217;\u00e9clat des trompettes. Les sonorit\u00e9s sont bien dos\u00e9es et tout de suite, des r\u00e9miniscences nostalgiques puis les &#8221; flonflons &#8221; de la f\u00eate permettent \u00e0 la petite harmonie de se d\u00e9cha\u00eener sur des notes aigu\u00ebs, clarinettes et hautbois jouant pavillons relev\u00e9s, on sent une envie de sortir du carcan des traditions.<br \/>\nAdrian Prabava est un chef d&#8217;orchestre original qui se sert de l&#8217;\u00e9criture du compositeur pour faire entendre chaque instrument et mettre en valeur chaque instrumentiste, il joue les couleurs et les oppositions de nuances en les affirmant, les confirmant m\u00eame \u00e0 plusieurs reprises, mais comme dans la symphonie de Mozart, il privil\u00e9gie le son dans chaque registre. Plus qu&#8217;une direction c&#8217;est une interpr\u00e9tation, jamais superficielle, mais venue du plus profond de l&#8217;\u00eatre donnant aux sonorit\u00e9s un \u00e9clat et un rayonnement spectaculaires.<br \/>\nC\u00e9dant \u00e0 la tradition, le cor solo joue debout pendant le 3\u00e8me mouvement, l&#8217;on peut appr\u00e9cier le son remarquablement velout\u00e9 venu directement, et le dialogue s&#8217;installe avec chaque instrument de la petite harmonie. Quelques dissonances, des temps suspendus pour ces valses lentes, ne sommes-nous pas \u00e0 Vienne? Comme toujours avec Gustav Mahler, les oppositions arrivent subitement, mais Adrian Pravaba sait changer les atmosph\u00e8res avec d\u00e9licatesse, sans brutalit\u00e9 et c&#8217;est avec une grande douceur qu&#8217;il dirige cet <i>Adagietto<\/i> dans un <i>tempo<\/i> large mais sans lenteur, jouant les notes au fond des temps pour faire sonner les harmonies des cordes et de la harpe; c&#8217;est un grand moment d&#8217;\u00e9motion qui fait place \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 la gait\u00e9 du 5\u00e8me mouvement pour finir dans un feu d&#8217;artifice o\u00f9 couleurs et rythmes se disputent le vedette sur un ciel incandescent, \u00e9clats et nostalgie. Un tonnerre d&#8217;applaudissements saluent ce chef d&#8217;orchestre qui nous a donn\u00e9 une interpr\u00e9tation exceptionnelle de cette symphonie, suivi par un orchestre galvanis\u00e9. Un immense bravo. \u00a0\u00a0\u00a0<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marseille, Op\u00e9ra Municipal, Saison de concerts 2013\/2014 Orchestre philharmonique de Marseille Direction musicale\u00a0 Adrian Prabava Wolfgang Amadeus Mozart: [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":67421,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[9559,9354,746,4178,253],"class_list":["post-67419","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-adrian-prabava","tag-foreign-readers","tag-gustav-mahler","tag-orchestre-philharmonique-de-marseille","tag-wolfgang-amadeus-mozart"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67419","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=67419"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/67419\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/67421"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=67419"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=67419"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=67419"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}