{"id":70173,"date":"2014-03-14T01:50:22","date_gmt":"2014-03-14T00:50:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=70173"},"modified":"2016-11-26T12:21:42","modified_gmt":"2016-11-26T11:21:42","slug":"colombagenese-dune-creation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/colombagenese-dune-creation\/","title":{"rendered":"&#8220;Colomba&#8221;: gen\u00e8se d&#8217;une cr\u00e9ation"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Op\u00e9ra de Marseille. Dans les coulisses de<b> <i>Colomba,<\/i><\/b> Messieurs<b> Maurice Xiberras, Benito Pelegrin, <\/b>Monsieur<b> Jean-Claure Petit, <\/b>Madame<b> Claire Gibault,\u00a0 <\/b>Monsieur<b> Charles Roubaud,<\/b> Madame<b> Marie-Ange Todorovitch, <\/b>et Monsieur<b> Jean-No\u00ebl Briend<\/b>, ont bien voulu nous parler de cette cr\u00e9ation.<b><br \/>\nMonsieur Maurice Xiberras, vous \u00eates le directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille. La naissance d&#8217;un op\u00e9ra est une chose assez exceptionnelle, pouvez-vous nous en parler?<br \/>\n<\/b>Tout d&#8217;abord, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille est un th\u00e9\u00e2tre en r\u00e9gie municipale, c&#8217;est \u00e0 dire qu&#8217;il est exclusivement \u00e0 la charge de la ville avec une infime participation de l&#8217;\u00e9tat. Evidemment c&#8217;est un budget tr\u00e8s lourd, mais ce mode de fonctionnement a aussi l&#8217;avantage de laisser une certaine libert\u00e9 pour de grandes d\u00e9cisions. A Marseille, nous sommes dans une politique de commandes et nous en sommes souvent r\u00e9compens\u00e9s. Notre cr\u00e9ation <i>Marius et Fanny<\/i> de Vladimir Cosma avec Roberto Alagna et Angela Gheorghiu dans les principaux r\u00f4les avait \u00e9t\u00e9 un tr\u00e8s grand succ\u00e8s. Plus r\u00e9cemment, Richard Galliano avait r\u00e9pondu pr\u00e9sent \u00e0 une commande de la ville de Marseille, en composant <i>Fables of tuba<\/i>, pour notre jeune tubiste Thomas leleu, laur\u00e9at des Victoires de la Musique 2012. Cette oeuvre vient d&#8217;ailleurs d&#8217;\u00eatre r\u00e9compens\u00e9e dans la cat\u00e9gorie &#8221; Victoire du compositeur de l&#8217;ann\u00e9e&#8221; et une autre commande sera jou\u00e9e en cr\u00e9ation en concert le 23 mars prochain par Nemanja Radulovic, un autre laur\u00e9at des derni\u00e8res Victoires de la Musique. Mais pour revenir au sujet qui nous int\u00e9resse aujourd&#8217;hui : <i>Colomba<\/i>, il faut revenir un peu en arri\u00e8re lorsque Marseille est nomm\u00e9e Capitale culturelle 2013 Provence-M\u00e9diterran\u00e9e. Quelques sujets pour une cr\u00e9ation me viennent \u00e0 l&#8217;esprit; <i>Manon des sources<\/i>, me semblait tout indiqu\u00e9e, malheureusement les droits d&#8217;auteurs venaient d&#8217;\u00eatre c\u00e9d\u00e9s, alors, pourquoi pas <i>Le Comte de Monte<\/i> <i>Cristo<\/i>? sujet m\u00e9diterran\u00e9en s&#8217;il en est. Des noms s&#8217;imposent, Michel Legrand, Natalie Dessay, Roberto Alagna, nous \u00e9tions dans les temps pour une cr\u00e9ation en 2013, mais l&#8217;accord n&#8217;arrive pas assez vite et le projet est stopp\u00e9. C&#8217;est alors que l&#8217;id\u00e9e de <i>Colomba<\/i> a germ\u00e9. Benito Pelegrin avait \u00e9crit un livret d&#8217;apr\u00e8s la nouvelle de Prosper Merim\u00e9e et nous avons commenc\u00e9 \u00e0 y travailler concr\u00e8tement : choix du compositeur, des chanteurs&#8230; mais tout n&#8217;est pas aussi simple que cela, les artistes avaient accept\u00e9 sur le choix d&#8217;une oeuvre non encore compos\u00e9e, sans date pr\u00e9cise et nous avons du changer notre fusil d&#8217;\u00e9paule plusieurs fois; pour une oeuvre telle que <i>Colomba<\/i>, le fusil me direz-vous\u00a0 \u00e9tait tout \u00e0 fait d&#8217;actualit\u00e9. Lorsque tout a \u00e9t\u00e9 mis en place, il \u00e9tait \u00e9vident que nous ne serions pas pr\u00eats pour 2013. C&#8217;est pourquoi l&#8217;op\u00e9ra <i>Colomba <\/i>ne sera jou\u00e9 qu&#8217;en mars 2014. Ayant accept\u00e9 notre proposition, Jean-Claude Petit se met au travail et en mars 2012, le score sera finalement termin\u00e9. C&#8217;est ainsi que\u00a0 <i>Colomba<\/i> allait rena\u00eetre d&#8217;une fa\u00e7on musicale, avec toujours quelques al\u00e9as, quelques frayeurs en cours de route qui semblent derri\u00e8re nous alors que nous sommes \u00e0 quelques jours de la premi\u00e8re repr\u00e9sentation. <i>Colomba<\/i> sera capt\u00e9e et diffus\u00e9e par France 3 Corse en direct, et en diff\u00e9r\u00e9 sur la cha\u00eene nationale.<br \/>\n<b>Monsieur Pelegrin, dans l&#8217;ordre chronologique vous \u00eates le premier \u00e0 avoir travaill\u00e9 sur cet op\u00e9ra, car avant la musique, avant d&#8217;avoir ne serait-ce que pens\u00e9 \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, c&#8217;est vous qui avez \u00e9crit le livret. Comment vous est venue l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une adaptation de la nouvelle de Prosper M\u00e9rim\u00e9e pour l&#8217;op\u00e9ra? <\/b>Je dois vous dire que j&#8217;aime beaucoup l&#8217;op\u00e9ra. J&#8217;avais pens\u00e9 \u00e0 plusieurs livrets, mais ils ne m&#8217;int\u00e9ressaient pas. <i>Colomba<\/i>, \u00e9tait un personnage fort, vraiment digne d&#8217;int\u00e9r\u00eat. C&#8217;\u00e9tait un souvenir de jeunesse et je pouvais imaginer cette femme au caract\u00e8re bien tremp\u00e9 sur une sc\u00e8ne, un peu comme <i>Carmen,<\/i> une femme jusqu&#8217;au-boutiste que rien n&#8217;arr\u00eate. En dehors du personnage principal, le sujet me paraissait toujours d&#8217;actualit\u00e9. La justice et la vengeance, un sujet pluriculturel aussi. Prenez <i>Orso,<\/i> il est d\u00e9chir\u00e9 entre deux cultures; il a fait ses \u00e9tudes sur le continent, de retour sur l&#8217;\u00eele, il se retrouve plong\u00e9 dans des conflits dont il avait oubli\u00e9 l&#8217;existence. Il est bonapartiste et toujours impr\u00e9gn\u00e9 des valeurs de l&#8217;empereur, mais il est revenu vaincu de Waterloo, et le maire, ha\u00ef par sa soeur, est royaliste. Tous ces doutes, toutes ces contradictions se ressentent dans le personnage, autant dans mon livret que dans l&#8217;oeuvre de M\u00e9rim\u00e9e. Par contre, le personnage de Lydia est plus \u00e9labor\u00e9 dans l&#8217;op\u00e9ra, plus passionn\u00e9. Je voulais aussi que le <i>Vocero,<\/i> ce chant noir corse, soit trait\u00e9 comme un personnage \u00e0 part enti\u00e8re. Pourquoi en vers me direz-vous? Mais parce que pour moi, <i>Colomba,<\/i> est une h\u00e9ro\u00efne de trag\u00e9die grecque, un peu comme Elektra, avec des impr\u00e9cations m\u00e9diterran\u00e9ennes. La musique poli tonale en est le support dramatique avec quelques passages rudes chant\u00e9s en langue corse.<br \/>\n<b>Monsieur Jean-Claude Petit, vous avez tellement oeuvr\u00e9 pour la musique et dans des domaines si diff\u00e9rents, que l&#8217;on aurait envie<\/b> <b>de penser que vous \u00eates l&#8217;essence m\u00eame du musicien et peut \u00eatre<\/b> <b>m\u00eame un touche \u00e0 tout de la musique. Vous \u00eates surtout connu du grand public pour vos compositions de musiques de films, parlez-nous un peu de tout ceci et bien s\u00fbr de <i>Colomba<\/i>, dont il est question aujourd&#8217;hui. <\/b>Comme tr\u00e8s souvent dans ma vie artistique, les opportunit\u00e9s ont dirig\u00e9 mes choix. De formation tr\u00e8s classique, je suis un musicien ouvert \u00e0 toutes les formes de musiques: la vari\u00e9t\u00e9, le jazz, les musiques de films, j&#8217;ai m\u00eame compos\u00e9 &#8220;<i> Sans Famille &#8221; <\/i>que je consid\u00e8re comme une com\u00e9die musicale,<i> <\/i>pour la ville de Nice, et la commande d&#8217;un op\u00e9ra tel que &#8220;<i> Colomba<\/i> &#8221; m&#8217;a d&#8217;embl\u00e9e enthousiasm\u00e9. Une cr\u00e9ation d&#8217;op\u00e9ra est chose rare \u00e0 notre \u00e9poque et je remercie la ville de Marseille ainsi que le directeur de son op\u00e9ra Maurice Xiberras, de m&#8217;avoir donn\u00e9 la possibilit\u00e9 de m&#8217;exprimer dans ce domaine. Benito Pelegrin venait d&#8217;\u00e9crire le livret, et c&#8217;est sur cette structure que j&#8217;ai compos\u00e9 la musique. Ce livret est \u00e9crit en vers, c&#8217;est une difficult\u00e9 suppl\u00e9mentaire car cela impose un certain rythme et une ligne de chant particuli\u00e8re. Dans cette nouvelle sombre de Prosper M\u00e9rim\u00e9e, b\u00e2tie autour de la vengeance, le personnage principale est le <i>&#8221; Vocero &#8220;<\/i> qui r\u00f4de partout et que l&#8217;on entend du d\u00e9but \u00e0 la fin de l&#8217;ouvrage. Ce chant Corse de &#8220;<i> mort et de vendetta<\/i> &#8221; joue son r\u00f4le d&#8217;oiseau noir en revenant comme un leitmotiv, et plus encore que <i>Colomba,<\/i> il va conditionner<i> Orso<\/i> \u00e0 aller l\u00e0 il ne veut justement pas aller. Je suis issu d&#8217;une \u00e9poque o\u00f9 l&#8217;enseignement, de la fugue, du contrepoint, tournait autour de Jean-S\u00e9bastien Bach, et tout en baignant dans la musique de Gabriel Faur\u00e9, de Claude Debussy ou de celle de Maurice Ravel, compositeurs beaucoup jou\u00e9s \u00e0 cette \u00e9poque, j&#8217;ai eu des professeurs tels qu&#8217;Olivier Messiaen ou Henri Challan, et \u00e9videmment, cette culture musicale se ressent dans mes compositions. Mais toutes ces musiques de formes si diff\u00e9rentes avaient ceci en commun, c&#8217;est qu&#8217;elles \u00e9taient structur\u00e9es, c&#8217;est par le jazz que je suis sorti de cette dogmatisation. J&#8217;ai voulu m&#8217;\u00e9vader de cette prison culturelle, mais en sort-on jamais tout \u00e0 fait? Je n&#8217;ai jamais voulu rester dans l&#8217;imitation et j&#8217;ai toujours \u00e9t\u00e9 \u00e0 la recherche d&#8217;un style personnel, en ce sens, le terme de &#8221; touche \u00e0 tout &#8221; me convient tr\u00e8s bien et je ne le trouve pas p\u00e9joratif. Je suis incapable de faire toujours la m\u00eame chose, se cantonner dans un seul genre est frustrant, je me consid\u00e8re plut\u00f4t comme un explorateur attir\u00e9 par les langages diff\u00e9rents, qui aime d\u00e9couvrir de nouvelles voies. Mes compositions pour des chanteurs de varit\u00e9 devaient \u00eatre dans l&#8217;air du temps, et les musiques de films \u00e9taient dirig\u00e9es par les \u00e9poques et les histoires que ces films racontaient. Pour un op\u00e9ra vous \u00eates totalement libre. C&#8217;est donc dans un langage personnel mais relevant aussi de mon intimit\u00e9, que je m&#8217;exprime au travers de la musique de <i>Colomba. <\/i>Ces deux heures de musique tendent vers des accents corses, avec une recherche de rythmes, d&#8217;ornementations propres \u00e0 ce lieu tr\u00e8s marqu\u00e9 culturellement. La structure m\u00eame du livret (actes, tableaux) me conditionne \u00e9galement, mais je reste totalement libre dans l&#8217;orchestration et dans l&#8217;harmonisation. La composition de <i>Colomba<\/i>, a \u00e9t\u00e9 un travail solitaire pendant trois ans, pas toujours en continu mais toujours pr\u00e9sent dans la pens\u00e9e, influenc\u00e9 par les humeurs du moment ou la condition physique, c&#8217;est en cela aussi que c&#8217;est une oeuvre qui touche \u00e0 l&#8217;intimit\u00e9. Trois ans de gestation c&#8217;est long. Certains chanteurs ont chang\u00e9 depuis le d\u00e9but du projet, les voix n&#8217;\u00e9taient plus les m\u00eames mais nous avions la chance de pouvoir adapter tout cela.<br \/>\n<b>Avez-vous \u00e9t\u00e9 surpris par le son de l&#8217;orchestre \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9coute?<br \/>\n<\/b>Lorsque l&#8217;on compose on a obligatoirement le son dans l&#8217;oreille, mais le son en direct est quelques fois surprenant, ceci est du \u00e0 la disposition des musiciens, \u00e0 la fosse d&#8217;orchestre, mais il n&#8217;y a pas de mauvaises surprises, simplement une adaptation est n\u00e9cessaire. La composition de cet op\u00e9ra a \u00e9t\u00e9 une exp\u00e9rience extraordinaire.<br \/>\n<b>Ma\u00eetre Gibault, vous \u00eates le chef d&#8217;orchestre de cette cr\u00e9ation que l&#8217;on doit jouer dans quelques jours, dites-nous comment vous avez appr\u00e9hend\u00e9 cette oeuvre nouvelle.<\/b><br \/>\n<i>Colomba,<\/i> n&#8217;est pas ma premi\u00e8re participation \u00e0 une cr\u00e9ation, J&#8217;ai pu collaborer avec des compositeurs tels que Georges Aperghis, \u00e0 Lyon, Fabio Vacchi, \u00e0 Lyon, Milan, Bologne, ou Wolfgang Rihm \u00e0 Berlin avec les musiciens de la Philharmonique de Berlin, entre autres, et cette ann\u00e9e avec la compositrice Garciane Finzi. J&#8217;aime beaucoup participer \u00e0 des cr\u00e9ations, c&#8217;est un travail tr\u00e8s excitant. J&#8217;ai un esprit curieux, et une cr\u00e9ation est une d\u00e9couverte qui oblige \u00e0 se renouveler, \u00e0 pousser un peu plus loin ses recherches. Tout en aimant beaucoup les oeuvres du r\u00e9pertoire, il y a un petit c\u00f4t\u00e9 pass\u00e9iste \u00e0 s&#8217;y cantonner.<br \/>\n<b>Est-ce plus facile d&#8217;aborder une oeuvre sans aucune r\u00e9f\u00e9rence, discographique ou autre, qui pourrait vous influencer?<\/b> C&#8217;est aborder une oeuvre avec un regard neuf, mais honn\u00eatement, je ne suis jamais influenc\u00e9e par ce que j&#8217;entends. j&#8217;\u00e9coute des enregistrements avec des interpr\u00e9tations diff\u00e9rentes, mais je les prends comme une s\u00e9rie de documents, comme un catalogue que l&#8217;on feuillette. Il est m\u00eame possible d&#8217;\u00eatre d\u00e9rang\u00e9 par une interpr\u00e9tation. Tout ceci fait parie de la culture dont nous nous nourrissons, mais n&#8217;influence pas.<br \/>\n<b>Comment s&#8217;est pass\u00e9e votre collaboration avec le compositeur?<br \/>\n<\/b>Mais tr\u00e8s bien, je pense que le chef d&#8217;orchestre doit \u00eatre au service du compositeur et dans ce cas pr\u00e9cis, notre collaboration a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8te, c&#8217;est d&#8217;un commun accord que nous avons \u00e9labor\u00e9 certaines coupures. Jean-Claude Petit est un grand professionnel dont les id\u00e9es sont toujours tr\u00e8s int\u00e9ressantes, et c&#8217;est avec honn\u00eatet\u00e9 et une grande fiert\u00e9, qu&#8217;\u00e0 la t\u00eate de l&#8217;orchestre, je me mets au service de son oeuvre.<br \/>\n<b>Quels ont \u00e9t\u00e9 vos rapports avec les chanteurs et les musiciens? <\/b>Nous avons form\u00e9 une \u00e9quipe tr\u00e8s soud\u00e9e. Il faut soutenir les chanteurs, les laisser s&#8217;exprimer avec un peu de souplesse, mais en m\u00eame temps maintenir la structure dont ils ont besoin. Un chef d&#8217;orchestre ne doit pas \u00eatre trop rigide, mais solide. Dans cet ouvrage, les rythmes sont difficiles \u00e0 m\u00e9moriser et il faut absolument faire preuve de fermet\u00e9 dans la direction pour n&#8217;avoir aucun d\u00e9calage entre le plateau et l&#8217;orchestre et pallier l&#8217;inconfort d&#8217;une cr\u00e9ation. Les musiciens ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s attentifs et ont fait preuve d&#8217;une grande souplesse. C&#8217;est une collaboration qui m&#8217;a donn\u00e9 beaucoup de plaisir.<br \/>\n<b>Avez-vous des projets dont vous pouvez parler?<br \/>\n<\/b>J&#8217;ai form\u00e9 il y a trois ans, un orchestre compos\u00e9 de quarante jeunes musiciens tr\u00e8s engag\u00e9s. <i>Le Paris Mozart Orchestra.<\/i> Nous donnons \u00e0 peu pr\u00e8s 30 concerts par an, et le prochain se tiendra au Th\u00e9\u00e2tre des Champs-Elys\u00e9es, le 26 mai prochain. C&#8217;est un \u00e9change musical et humain tr\u00e8s fort.<br \/>\n<b>Charles Roubaud, vous avez souvent fait des mises en sc\u00e8ne \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille o\u00f9 le public est toujours sensible \u00e0 votre travail, mais aujourd&#8217;hui, vous collaborez \u00e0 une cr\u00e9ation mondiale, est-ce votre premi\u00e8re cr\u00e9ation et en quoi cela diff\u00e8re-t-il<\/b> <b>d&#8217;une nouvelle production? <\/b>Mais oui, c&#8217;est ma premi\u00e8re participation \u00e0 une cr\u00e9ation ( paroles et musique pourrions nous dire? ) C&#8217;est quelque chose de nouveau et de tr\u00e8s int\u00e9ressant, il y a ici un \u00e9change rare, mais c&#8217;est aussi un challenge, car si travailler sur une id\u00e9e o\u00f9 rien n&#8217;a encore \u00e9t\u00e9 fait visuellement n&#8217;est pas un probl\u00e8me, imaginer une mise en sc\u00e8ne et une mise en place des chanteurs sur une simple partition jou\u00e9e au piano demande beaucoup d&#8217;imagination. L&#8217;ambiance orchestrale n&#8217;y est pas, pas plus que le climat ou la ligne musicale. Cet exercice de style demande plus d&#8217;efforts. imaginer l&#8217;orchestre sur un livret, avec un texte en vers, c&#8217;est une gageure. Alors, dans un premier temps, on met l&#8217;accent sur les personnages, il y a ici trois sujets, qui peuvent \u00eatre trait\u00e9s s\u00e9par\u00e9ment, dans un th\u00e9\u00e2tre moderne on pourrait dire que les personnages sont chacun dans un enfermement. <i>Colomba<\/i> est dans sa Vendetta, <i>Orso <\/i>dans son conflit entre la loi et les origines du conflit et <i>Lydia <\/i>est dans son histoire d&#8217;amour. La collaboration ne s&#8217;est pas faite \u00e0 l&#8217;origine, il a fallu s&#8217;adapter au livret, \u00e0 sa construction dramatique et aux besoins des changements de d\u00e9cors avec une succession de tableaux, mais ce que vous voyez ici, est ma vision de cet ouvrage, avec une volont\u00e9 de respecter l&#8217;\u00e9poque. Il faut aussi faire preuve d&#8217;adaptation, et ne pas demander aux chanteurs une interpr\u00e9tation trop \u00e9loign\u00e9e de leur temp\u00e9rament, ils ne joueraient pas juste. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, tout se passe bien et les conflits ne sont que dans l&#8217;histoire racont\u00e9e. Cette cr\u00e9ation a \u00e9t\u00e9 pour moi une exp\u00e9rience tr\u00e8s int\u00e9ressante.<br \/>\n<b>Invit\u00e9s dans la loge de Marie-Ange Todorovitch<\/b>, quelques instants avant une r\u00e9p\u00e9tition, nous voyons na\u00eetre <i>Colomba <\/i>sous le pinceau de la maquilleuse<i>.<\/i><b><i><br \/>\n<\/i>Marie-Ange, les d\u00e9fis semblent vous convenir et surtout vous galvaniser. Apr\u00e8s une<i> Clytemnestre<\/i> \u00e0 Marseille, qui a marqu\u00e9 les esprits, vous voici en &#8221; Passionaria &#8221; corse. Parlez-nous de votre engagement, des difficult\u00e9s d&#8217;une cr\u00e9ation, de ce personnage qui semble vous coller \u00e0 la peau. <\/b>Les d\u00e9fis, oui, mais aussi la curiosit\u00e9 musicale et les cr\u00e9ations me galvanisent, et me poussent \u00e0 accepter des choses nouvelles. Je dois chanter \u00e0 Strasbourg dans l&#8217;op\u00e9ra <i>Quai Ouest<\/i>, compos\u00e9 par R\u00e9gis Campo, et dans un autre op\u00e9ra assez noir puisqu&#8217;il s&#8217;agit de <i>Fin de Partie<\/i> de Samuel Beckett qui sera donn\u00e9 \u00e0 Milan et Salzbourg, avec une musique compos\u00e9e par Kurt\u00e0g Gy\u00f6rgy. Le r\u00f4le de <i>Colomba<\/i> avait \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en pensant \u00e0 B\u00e9atrice Uria-Monzon, et lorsque l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille me propose de la remplacer apr\u00e8s que B\u00e9atrice ait d\u00e9clin\u00e9 l&#8217;offre, je dis tout de suite oui, sachant que le compositeur pourrait adapter \u00e0 ma voix certains passages. C&#8217;est ce que l&#8217;on pourrait appeler un op\u00e9ra &#8221; cousu main &#8221; ou &#8221; sur mesure &#8220;. Chose que l&#8217;on ne peut pas faire ( sourire ), avec Giuseppe Verdi ou Richard Strauss. Les cr\u00e9ations sont des ouvertures vers des modes nouveaux, des possibilit\u00e9 de rencontres, c&#8217;est aussi une responsabilit\u00e9 envers le compositeur. Mais c&#8217;est aussi l&#8217;opportunit\u00e9 de cr\u00e9er un personnage, de le marquer de son empreinte, car maintenant &#8211; dit-elle avec ce rire qui la caract\u00e9rise &#8211; <i>Colomba,<\/i> c&#8217;est moi! Mais l&#8217;on peut dire sans se prendre au s\u00e9rieux, que la sensation est particuli\u00e8re. Je connaissais Benito Pelegrin et le personnage de <i>Colomba,<\/i> li\u00e9 \u00e0 la musique de Jean-Claude Petit me convenait parfaitement. Bien que la partition me soit arriv\u00e9e tardivement, apprendre ce r\u00f4le \u00e9crit en vers n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 trop difficile, il fallait comprendre cette \u00e9criture musicale o\u00f9 les sauts d&#8217;intervalles sont assez fr\u00e9quents, comprendre aussi les autres personnages et s&#8217;impr\u00e9gner de cette atmosph\u00e8re particuli\u00e8re. Sur le plateau, la complicit\u00e9 avec les autres chanteurs a \u00e9t\u00e9 un atout majeur, et faire partie de cette production me procure un plaisir personnel et musical. J&#8217;esp\u00e8re que ce spectacle obtiendra un grand succ\u00e8s aupr\u00e8s du public car en plus de la musique et de la force des personnages, il y a un c\u00f4t\u00e9 visuel tout \u00e0 fait remarquable.<br \/>\nPassant dans la loge de<b> Jean-No\u00ebl Briend, <\/b>c&#8217;est maintenant le personnage d&#8217;Orso que nous voyons na\u00eetre.<b> Jean-No\u00ebl, parlez-nous de ce r\u00f4le, de cette partition tout \u00e0 fait nouvelle pour vous et du travail accompli. <\/b>Je travaille beaucoup en Allemagne, mais pas seulement bien \u00e9videmment, et malgr\u00e9 un planning un peu charg\u00e9, lorsque l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille m&#8217;a contact\u00e9 pour chanter le r\u00f4le d&#8217;<i>Orso<\/i> dans <i>Colomba,<\/i> j&#8217;ai accept\u00e9 imm\u00e9diatement, et c&#8217;est avec enthousiasme que je me suis lanc\u00e9 dans cette aventure. Je n&#8217;ai re\u00e7u la partition par internet qu&#8217;au d\u00e9but du mois de novembre et apprendre une oeuvre contemporaine que l&#8217;on n&#8217;a jamais entendue demande un peu plus de temps. Entre un <i>Tannh\u00e4user<\/i>\u00a0 chant\u00e9 \u00e0 Clermont-Ferrand en version concertante avec piano et <i>Les Contes d&#8217;Hoffmann<\/i> que je dois chanter au Th\u00e9\u00e2tre Real de Madrid, le temps, c&#8217;est ce qui faisait le plus d\u00e9faut. D\u00e8s la premi\u00e8re lecture, j&#8217;ai trouv\u00e9 la partition int\u00e9ressante, \u00e9crite dans un mode tonal; peut-\u00eatre les rythmes sont-ils plus difficiles \u00e0 m\u00e9moriser, parfois jazzy, avec des ornementations qui doivent para\u00eetre improvis\u00e9es, dans toute l&#8217;\u00e9criture, on sent poindre le jazzman qu&#8217;est Jean-Claude Petit. Une des difficult\u00e9s premi\u00e8res est sans doute le peu de temps que nous avons eu pour nous adapter aux sonorit\u00e9s de l&#8217;orchestre que nous n&#8217;avions jamais entendu, mais le pouvoir d&#8217;adaptation est une qualit\u00e9 n\u00e9cessaire pour un chanteur d&#8217;op\u00e9ra. Pour parler du personnage, Je dois avouer que je me sens assez en osmose avec <i>Orso<\/i>, sur certaines de ses valeurs, il y a en lui une dualit\u00e9 que je retrouve aussi en moi, et je suis \u00e0 l&#8217;aise dans ce r\u00f4le. Enfin, pour \u00eatre tout \u00e0 fait honn\u00eate, je ne suis pas m\u00e9content de cr\u00e9er un personnage, de le jouer avec mon propre temp\u00e9rament, et laisser ainsi mon empreinte personnelle; car bien que dirig\u00e9 par le metteur en sc\u00e8ne, un peu de l&#8217;intimit\u00e9 du chanteur ressort obligatoirement. <b> <\/b> <b> <\/b><\/p>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Op\u00e9ra de Marseille. 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