{"id":71503,"date":"2014-04-20T20:30:04","date_gmt":"2014-04-20T18:30:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=71503"},"modified":"2016-11-26T05:09:18","modified_gmt":"2016-11-26T04:09:18","slug":"myung-whun-chung-dirige-mahler-a-aix-en-provence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/myung-whun-chung-dirige-mahler-a-aix-en-provence\/","title":{"rendered":"Myung-Whun Chung dirige Mahler \u00e0 Aix-en-Provence"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em>Festival de P\u00e2ques Aix-en-Provence 2014<\/em>,<em> Grand Th\u00e9\u00e2tre<\/em><br \/>\n<b>Orchestre Philharmonique de Radio France.<br \/>\n<\/b>Direction<b> Myung-Whun Chung <i><br \/>\n<\/i><\/b><i>Gustav Mahler :<\/i> Symphonie No 9 en r\u00e9 majeur.<br \/>\n<em>Aix-en-Provence, 18 avril 2014<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En cette soir\u00e9e du 18 avril, et toujours dans le cadre du Festival de P\u00e2ques d&#8217;Aix-en-Provence, un concert d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la seule symphonie No 9 de Gustav Mahler nous \u00e9tait propos\u00e9. Cette symphonie monumentale est assez longue pour justifier une telle programmation, et puis, qu&#8217;associer \u00e0 Gustave Mahler ?<br \/>\nL&#8217;Orchestre de Radio France dirig\u00e9 par son chef\u00a0<b>Myung-Whun Chung<\/b>, nous conviait \u00e0 cette f\u00eate, et sans nul doute ce f\u00fbt une f\u00eate ; la f\u00eate des sons, de la musique et des vibrations extraordinaires. Gustav Mahler n&#8217;a pas toujours \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 la mesure de son talent en tant que compositeur \u00e0 son \u00e9poque.&#8221; Mon temps viendra&#8221; disait-il ; en fait, il faudra attendre les ann\u00e9es 1960 pour que sa musique soit jou\u00e9e partout \u00e0 travers le monde avec succ\u00e8s. Cette musique, qui n&#8217;\u00e9tait pas dans le go\u00fbt fran\u00e7ais de l&#8217;\u00e9poque, a fait dire \u00e0 Claude Debussy, son exact contemporain, \u00e0 l&#8217;issue de l&#8217;\u00e9coute de sa symphonie No 2 : &#8221; ouvrons l&#8217;oeil et fermons l&#8217;oreille &#8220;. Obs\u00e9d\u00e9 par l&#8217;id\u00e9e de ne pas atteindre la puissance de la IX\u00e8me symphonie de Beethoven, le compositeur h\u00e9sitait \u00e0 mettre le chiffre 9 devant une de ses symphonies et d\u00e9clarait que chacune d&#8217;elles \u00e9tait une IX\u00e8me.<br \/>\nEntre le romantisme et le modernisme, Gustav Mahler introduit les accords avec de l\u00e9g\u00e8res dissonances et va vers des voies autres que celles du contrepoint ou de l&#8217;harmonie classiques, ouvrant ainsi les portes \u00e0 l&#8217;atonalit\u00e9.<br \/>\nLa symphonie No 9 que nous \u00e9coutons ce soir est sa derni\u00e8re oeuvre achev\u00e9e, compos\u00e9e avant sa mort. Moins sombre, moins pessimiste que ses autres oeuvres, avec tout de m\u00eame des allusions \u00e0 la mort, mais plut\u00f4t dans l&#8217;id\u00e9e sereine d&#8217;un d\u00e9part, elle n&#8217;en est pas moins grandiose et puissante. &#8221; Je suis devenu chef d&#8217;orchestre pour diriger Mahler &#8220;, disait Myung-Whun Chung, et ici, \u00e0 la t\u00eate de l&#8217;orchestre qu&#8217;il dirige depuis l&#8217;ann\u00e9e 2000, on est convaincu qu&#8217;il y a une r\u00e9elle fusion entre le compositeur, l&#8217;orchestre et le chef.\u00a0 Myung-Whun Chung est un chef d&#8217;orchestre solide au sourire lumineux. Deux qualificatifs qui pourraient ne pas cohabiter vraiment, mais qui donnent dans ce cas pr\u00e9cis, une interpr\u00e9tation \u00e0 la fois robuste sans rudesse et d\u00e9licate sans mi\u00e8vrerie. Ses pieds bien ancr\u00e9s su le podium ne bougeront plus pendant pr\u00e8s de 90 minutes, la puissance viendra de ses bras aux gestes d&#8217;une nettet\u00e9 rare et au tranchant qui laisse sonner les vibrations, des gestes impressionnants, directement mus par la force de sa musique int\u00e9rieure.<br \/>\nLe premier mouvement commenc\u00e9 d&#8217;une \u00e9criture h\u00e9sitante, nous fait entrer dans l&#8217;intimit\u00e9 d&#8217;un Gustav\u00a0 Mahler qui a des doutes et continue \u00e0 se poser des questions, mais avec plus de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, comme s&#8217;il avait pris un certain recul par rapport \u00e0 ses angoisses pass\u00e9es. Les violons jouent avec une belle rondeur de son une m\u00e9lodie plus optimiste. Evidemment, comme toujours chez Gustav Mahler, la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 ne dure pas longtemps et les atmosph\u00e8res diff\u00e9rentes se succ\u00e8dent. Dans ce mouvement aux nuances contrast\u00e9es et aux sonorit\u00e9s altern\u00e9es, Myung-Whun Chung, trouve une unit\u00e9 de son extraordinaire. Il arrive \u00e0 faire sonner les diff\u00e9rents instruments comme si le m\u00eame instrumentiste jouait simplement dans des tessitures diff\u00e9rentes : les trompettes, \u00e9tonnantes de finesse, prennent le son du hautbois, les timbales celui des contrebasses, les cors celui des violoncelles et la fl\u00fbte celui des violons dans l&#8217;aigu. Tout au long de cette symphonie, on ne sait plus qui joue, l&#8217;oreille se laisse tout simplement porter par des sonorit\u00e9s de toute beaut\u00e9.<br \/>\nMyung-Whun Chung a fait un travail remarquable sur le son et les atmosph\u00e8res, il connait bien son orchestre et celui-ci semble r\u00e9agir aux simples ondes transmises. Cet homme est un humaniste et cela se sent dans sa fa\u00e7on de diriger ; malgr\u00e9 des gestes d&#8217;une grande nettet\u00e9, avec une vitesse de bras et une efficacit\u00e9 redoutables, il semble ne rien imposer. Homme de partage, on le sent habit\u00e9 par Gustav Mahler et il donne une unit\u00e9 aux quatre mouvements de cette symphonie, gr\u00e2ce \u00e0 une rondeur de son unique. M\u00eame les cloches, qui pourraient accompagner un convoi fun\u00e8bre, se font l\u00e9g\u00e8res.<br \/>\nDans la danse rustique du deuxi\u00e8me mouvement, les\u00a0<i>alti<\/i>\u00a0donnent le rythme par un d\u00e9tach\u00e9 mordant au talon, et l\u00e0 aussi, le son se fond avec celui de l&#8217;orchestre. On a souvent parl\u00e9 de l&#8217;ironie grin\u00e7ante de Gustav Mahler, sans doute Myung-Whun Chung, n&#8217;a-t-il pas cette vision,\u00a0 les dissonances sont plut\u00f4t ici l&#8217;image du peuple qui danse avec des id\u00e9es plus ou moins joyeuses.<br \/>\nEt toujours une gestuelle puissante mais qui reste \u00e9l\u00e9gante. Les gestes appellent le son, et le son est ample, m\u00eame dans les<i>piani,\u00a0<\/i>o\u00f9 une certaine vitesse d&#8217;archet donne le c\u00f4t\u00e9 percutant \u00e9vitant la duret\u00e9.<br \/>\nLe troisi\u00e8me mouvement est d&#8217;une grande nettet\u00e9 d&#8217;interpr\u00e9tation, avec une belle implication des cordes ; on sent que le rythme habite chaque musicien, et l&#8217;on pourrait m\u00eame imaginer le chef d&#8217;orchestre diriger du regard, tant tout para\u00eet millim\u00e9tr\u00e9, mais sans affectation et avec beaucoup de ressenti. Chaque coup d&#8217;archet, chaque son semble venir de l&#8217;int\u00e9rieur du musicien et le quatuor joue dans un ensemble impressionnant. Toutes les interventions, fl\u00fbte, petite clarinette, trompette, s&#8217;imbriquent les unes dans les autres comme des pi\u00e8ces de joaillerie, pour finir dans un d\u00e9ferlement de sons.<br \/>\nComme dans la symphonie No 6 de Tcha\u00efkovski, le dernier mouvement est un mouvement lent, o\u00f9 r\u00e9sonne un son de cath\u00e9drale, produit par le quatuor au vibrato intense. Il n&#8217;y a qu&#8217;une seule technique, qu&#8217;un seul vibrato, qu&#8217;un seul instrumentiste. Avec une baguette au fond des temps, Myung-Whun Chung donne envie de jouer et cette implication de chacun est extraordinaire. Aucun rel\u00e2chement, que ce soit dans l&#8217;\u00e9clat de l&#8217;harmonie, ou dans la plainte de l&#8217;alto solo. Cette symphonie est magnifiquement dirig\u00e9e par un chef qui donne acc\u00e8s \u00e0 un Gustav Mahler intime, tout en faisant ressortir sa personnalit\u00e9. On l&#8217;aura compris, cette interpr\u00e9tation de la symphonie No 9 de Gustav Mahler a impressionn\u00e9 un public qui, jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9clairage de la salle a fait une ovation \u00e0 l&#8217;orchestre et \u00e0 son chef talentueux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Festival de P\u00e2ques Aix-en-Provence 2014, Grand Th\u00e9\u00e2tre Orchestre Philharmonique de Radio France. Direction Myung-Whun Chung Gustav Mahler : [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":71508,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[14678,10363,9354,746,5874,9637],"class_list":["post-71503","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-concerti","tag-festival-de-aix-en-provence","tag-foreign-readers","tag-gustav-mahler","tag-myung-whun-chung","tag-orchestre-philharmonique-de-radio-france-it"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71503","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71503"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71503\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/71508"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71503"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71503"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71503"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}