{"id":78856,"date":"2015-01-12T22:33:11","date_gmt":"2015-01-12T21:33:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=78856"},"modified":"2016-11-25T22:58:16","modified_gmt":"2016-11-25T21:58:16","slug":"opera-de-marseille-concert-du-50e-anniversaire-de-lorchestre-philharmonique-de-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/opera-de-marseille-concert-du-50e-anniversaire-de-lorchestre-philharmonique-de-marseille\/","title":{"rendered":"Op\u00e9ra de Marseille: Concert du 50e anniversaire de l&#8217;Orchestre Philharmonique de Marseille"},"content":{"rendered":"<div id=\"yui_3_16_0_1_1421092547919_21293\" dir=\"ltr\" style=\"text-align: justify;\">\u00a0<i id=\"yui_3_16_0_1_1421092547919_21311\">Op\u00e9ra de Marseille, saison 2014 \/ 2015<br \/>\n<\/i><b id=\"yui_3_16_0_1_1421092547919_21312\">Orchestre Philharmonique de Marseille<br \/>\n<\/b>Direction musicale <b id=\"yui_3_16_0_1_1421092547919_21316\">Serge Baudo, Lawrence Foster, Michael Schonwandt, Pinchas Steinberg<br \/>\n<\/b>Alto\u00a0\u00a0 <b>Magali Demesse<\/b><br \/>\n<i>Hector Berlioz: <\/i>Carnaval Romain, Ouverture<br \/>\n<i>Henri Tomasi: <\/i>Concerto pour alto et orchestre<br \/>\n<i>Georges Bizet:\u00a0 <\/i>Suites de l&#8217;Arl\u00e9sienne ( extraits )<br \/>\n<i>Claude Debussy: <\/i>La Mer<br \/>\n<i>Georges Enesco:\u00a0 <\/i>Rhapsodie roumaine No1 en la majeur<br \/>\n<i>Marseille, le 10 janvier 2015<\/i><br \/>\nC&#8217;est dans une salle comble, et avec un grand recueillement, apr\u00e8s les attentats qui venaient d&#8217;avoir lieu \u00e0 Paris, que le public marseillais s&#8217;\u00e9tait r\u00e9uni hier soir, \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille, pour ce concert \u00e9v\u00e8nement. Quatre Chefs prestigieux s&#8217;\u00e9taient donn\u00e9 rendez-vous pour f\u00eater, et honorer aussi, cet orchestre qu&#8217;ils connaissent bien et ont plaisir \u00e0 diriger. Car, si l&#8217;Orchestre de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille fait partie de cette grande maison lyrique depuis une \u00e9poque lointaine d\u00e9j\u00e0, il est vrai que l&#8217;Orchestre Philharmonique, cette phalange qui nous a donn\u00e9 \u00e0 entendre tant de beaux concerts, n&#8217;a que&#8230;50 ans ; un jeune homme encore, n\u00e9 de la fusion entre les musiciens de la Radio et de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille, en pleine maturit\u00e9, en pleine \u00e9volution, dont la renomm\u00e9e r\u00e9sonne jusqu&#8217;en Chine. Quatre chefs \u00e0 la carri\u00e8re internationale ont voulu \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 cet \u00e9v\u00e8nement musical. Un \u00e9v\u00e8nement d&#8217;autant plus marquant, que Serge Baudo directeur avec Sir John Pritchard de cet orchestre symphonique d\u00e8s ses premiers balbutiements, allait \u00eatre pr\u00e9sent et dirigerait avec une grande \u00e9motion cette formation qui lui tient tant \u00e0 coeur. Et si les v\u00e9t\u00e9rans ne sont plus sur la sc\u00e8ne &#8211; certains seront dans la salle, venus t\u00e9moigner de l&#8217;appartenance \u00e0 une maison que l&#8217;on ne quitte jamais &#8211; de jeunes musiciens ont repris le flambeau avec une fougue et un amour de la musique qui portera tr\u00e8s loin le nom musical de Marseille. De la musique fran\u00e7aise au programme, avec un petit d\u00e9tour par la Roumanie, pour saluer Georges Enesco, qui aimait tant la France o\u00f9 il mourra en 1955, et faire r\u00e9f\u00e9rence aux origines roumaines de Lawrence Foster, le Directeur musical de l&#8217;Orchestre Philharmonique. Hector Berlioz et son <i>Carnaval Romain, <\/i>ouvrait le concert, avec \u00e0 la baguette <b>Serge Baudo<\/b>, sp\u00e9cialiste de la musique fran\u00e7aise et instigateur, d\u00e8s 1974, du Festival Hector Berlioz. Ce jeune homme de 87 ans n&#8217;a rien perdu de son investissement et de son \u00e9l\u00e9gance, et c&#8217;est avec une grande pr\u00e9cision qu&#8217;il aborde ce Carnaval Romain. Cette pi\u00e8ce si brillamment orchestr\u00e9e par Hector Berlioz sur des th\u00e8mes de son op\u00e9ra Benvenuto Cellini, \u00e9voque tour \u00e0 tour des ambiances nostalgiques, jou\u00e9es avec une belle compr\u00e9hension de la ligne musicale par le cor anglais, et des atmosph\u00e8res plus festives de danses de carnaval. Serge Baudo a su faire ressortir les harmonies si particuli\u00e8res de la la musique d&#8217;Hector Berlioz avec souplesse et \u00e9nergie, faisant dialoguer les instruments dans un enchev\u00eatrement de phrases musicales. Un Carnaval Romain \u00e9clatant, mais aussi tendre et nostalgique, dirig\u00e9 par un chef d&#8217;orchestre qui sait faire respirer la musique fran\u00e7aise tout en gardant une grande ma\u00eetrise de l&#8217;orchestre, le laissant sonner jusqu&#8217;\u00e0 un fortissimo final.<i> Le concerto pour alto et orchestre<\/i> continuait ce concert plac\u00e9 sous le signe de l&#8217;originalit\u00e9. Henri Tomasi est un compositeur fran\u00e7ais et marseillais familier dans cette salle, o\u00f9 nombre de ses oeuvres ont souvent \u00e9t\u00e9 jou\u00e9es. Pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un compositeur engag\u00e9, Henri Tomasi, dont certains marseillais se souviennent encore de la silhouette \u00e0 la crini\u00e8re blanche, \u00e9crit ce concerto pour alto peu apr\u00e8s la guerre, il conserve d&#8217;ailleurs les stigmates laiss\u00e9s par ce conflit chez ce compositeur pacifiste. Pour d\u00e9fendre cette oeuvre plus jamais jou\u00e9e depuis sa cr\u00e9ation en 1961, une artiste marqu\u00e9e par la Provence, qui \u00e9tudie l&#8217;alto au conservatoire d&#8217;Aix-en-Provence avant de poursuivre ses \u00e9tudes au Conservatoire National Sup\u00e9rieur de Musique de Paris. Alto solo au sein de l&#8217;Orchestre Philharmonique de Marseille depuis 1994, elle n&#8217;en continue pas moins de faire entendre les sonorit\u00e9s chaleureuses de cet instrument un peu m\u00e9connu aux quatre coins de l&#8217;hexagone ainsi qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Aimant relever les d\u00e9fis, elle se lance dans cette aventure avec une fougue et un engagement jamais d\u00e9mentis. S&#8217;immergeant dans cette oeuvre, elle nous en donne une version personnelle ( puisque sans enregistrement de r\u00e9f\u00e9rence ) mais tout \u00e0 fait coh\u00e9rente avec l&#8217;\u00e9criture et ce que nous savons de la personnalit\u00e9 du compositeur. Il est toujours difficile de faire aimer une oeuvre \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9coute, mais c&#8217;est ici un pari r\u00e9ussi. Bien que consid\u00e9r\u00e9 comme un compositeur n\u00e9oclassique par ses pairs, Henri Tomasi, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1971, reste un compositeur pratiquement contemporain, avec une \u00e9criture moderne.<b> Magali Demesse<\/b> nous tient sous le charme de ses sonorit\u00e9s, de ses \u00e9motions et de ses envol\u00e9es musicales. Dialoguant souvent avec l&#8217;orchestre, elle prend la parole, seule avec son instrument, pour une cadence o\u00f9 les pens\u00e9es se bousculent, s&#8217;interrogent, pour trouver une r\u00e9ponse dans un leitmotiv de cinq notes. C&#8217;est un concerto qui ne laisse personne indiff\u00e9rent, \u00e9crit pour un instrument que l&#8217;on voudrait entendre plus souvent. En plus d&#8217;une technique qui lui permet toutes les audaces, elle s&#8217;autorise des nuances infimes, sur un crin de l&#8217;archet, pouvant, par la seule intensit\u00e9 de son vibrato, aller vers des crescendi g\u00e9n\u00e9reux. Longueur ou vitesse d&#8217;archet, staccato spirituel, rien n&#8217;est laiss\u00e9 au hasard, des pas de danse avec l&#8217;orchestre aux phrases romantiques ; nous avons assist\u00e9 \u00e0 une recr\u00e9ation qui marquera s\u00fbrement de son empreinte le monde de l&#8217;alto.<b> Lawrence Foster<\/b>, toujours \u00e0 l&#8217;\u00e9coute des solistes, fait ici un travail remarquable en dirigeant d&#8217;une main de ma\u00eetre cette partition difficile par son orchestration et ses changements de tempi. Un grand merci \u00e0 Monsieur Maurice Xiberras, Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille, qui donne la possibilit\u00e9 aux solistes de l&#8217;orchestre, de faire r\u00e9sonner les sonorit\u00e9s diff\u00e9rentes de leur instrument ( tuba, violon, basson clarinette&#8230;et maintenant alto ). <i>Les suites de l&#8217;Arl\u00e9sienne,<\/i> compos\u00e9es pour un m\u00e9lodrame d&#8217;Alphonse Daudet, \u00e9taient confi\u00e9es \u00e0 la direction du chef d&#8217;orchestre <b>Michael Schonwandt<\/b>, et il est int\u00e9ressant d&#8217;entendre comment un chef danois peut aborder cette pi\u00e8ce \u00e9minemment proven\u00e7ale, compos\u00e9e par Georges Bizet. Mais quelle belle recherche ! Si les premi\u00e8res mesures du d\u00e9but confi\u00e9es au quatuor sont un peu raides, les couleurs sont l\u00e0 ; la lumi\u00e8re de la Camargue se fait sentir, joie de la farandole rythm\u00e9e par les accents des &#8221; tambourina\u00efres &#8221; jouant en avant sc\u00e8ne et tristesse du saxophone, chaque atmosph\u00e8re est pr\u00e9sente, les tempi sont justes et le souffle de la fl\u00fbte traverse la plaine de la Crau. C&#8217;est tr\u00e8s bien interpr\u00e9t\u00e9, et cette musique qui pourrait para\u00eetre facile nous fait d\u00e9couvrir, gr\u00e2ce \u00e0 une direction minutieuse et inspir\u00e9e, une \u00e9criture qui, loin de rester aux abords d&#8217;une farandole folklorique, touche les coeurs et fait remonter les \u00e9motions. Musique fran\u00e7aise encore avec <i>La Mer<\/i>, mais d&#8217;une \u00e9criture diff\u00e9rente, plus moderne, pour cette oeuvre de Claude Debussy compos\u00e9e une trentaine d&#8217;ann\u00e9es plus tard ; et pour voguer sur cette mer, <b>Pinchas Steinberg<\/b> allait conduire ce grand vaisseau qu&#8217;est l&#8217;Orchestre Philharmonique. Ni mer du Nord ni mer M\u00e9diterran\u00e9e, mais une mer int\u00e9rieure, imaginaire, avec le flux et le reflux des impressions et des \u00e9motions. Pinchas Steinberg est ici dans une recherche de couleurs, et surtout de lumi\u00e8res, celles qui jouent et se refl\u00e8tent sur cette surface toujours en mouvement, fr\u00e9missements, vaguelettes ou vagues de fond, \u00e9clair\u00e9e par un soleil \u00e9clatant ou par quelques rais de lumi\u00e8re. L&#8217;aube naissante qui perce l&#8217;obscurit\u00e9 au d\u00e9but est admirablement transcrite. Gestes pr\u00e9cis qui commandent aux lumi\u00e8res, direction \u00e9l\u00e9gante qui bouge avec les mouvements de l&#8217;eau, mer ma\u00eetris\u00e9e, temp\u00eate apais\u00e9e o\u00f9 Eole m\u00eame se soumet malgr\u00e9 quelques coups de vents intempestifs. Pinchas Steinberg se sert admirablement de l&#8217;\u00e9criture fouill\u00e9e pour faire ressortir chaque famille d&#8217;instruments dans un savant dosage de sonorit\u00e9s : \u00e9clat ma\u00eetris\u00e9 des trompettes, pur solo de fl\u00fbte tel un rayon de soleil moins ardent, agitation int\u00e9rieure du quatuor, brillance des cymbales. Dans un grand respect de la partition, le Maestro mod\u00e8le l&#8217;orchestre pour une interpr\u00e9tation personnelle et brillantissime d&#8217;une Mer soumise \u00e0 sa baguette. Pour finir ce concert festif, <b>Lawrence Foster<\/b> retrouvait son orchestre pour une musique qu&#8217;il conna\u00eet bien et qui lui va bien. Et quoi de mieux pour terminer cette soir\u00e9e sp\u00e9ciale, que l&#8217;interpr\u00e9tation joyeuse de cette\u00a0 <i id=\"yui_3_16_0_1_1421092547919_24149\">Rhapsodie roumaine No1 <\/i>de Georges Enesco. Avec moins de rigueur mais avec autant de ma\u00eetrise, l&#8217;orchestre se laisse emporter par les accents et les rythmes de cette musique entra\u00eenante inspir\u00e9e du folklore roumain. Clarinette nostalgique, violons endiabl\u00e9s, Lawrence Foster sait comment galvaniser ses musiciens et les emmener tr\u00e8s loin dans ce jeu de s\u00e9duction et de danse, avec des changements de tempi et d&#8217;atmosph\u00e8res. Un orchestre au mieux de sa forme qui peut changer de style tout au long d&#8217;un programme vari\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 sa souplesse et sa puissance d&#8217;adaptation. Une soir\u00e9e plus qu&#8217;agr\u00e9able d&#8217;o\u00f9 l&#8217;on sort apais\u00e9 dans ces p\u00e9riodes dramatiques o\u00f9 la moindre lumi\u00e8re met du baume au coeur. Nous souhaitons une longue et brillante carri\u00e8re \u00e0 cet orchestre qui porte la musique \u00e0 un tr\u00e8s haut niveau. Le concert sera retransmis sur France Musique le lundi 19 janvier \u00e0 14h00.<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Op\u00e9ra de Marseille, saison 2014 \/ 2015 Orchestre Philharmonique de Marseille Direction musicale Serge Baudo, Lawrence Foster, Michael [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":78857,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[3064,9354,247,13173,4011,13172,4873,13171,3863,4177,4178,922,7115],"class_list":["post-78856","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-claude-debussy","tag-foreign-readers","tag-georges-bizet","tag-georges-enesco","tag-hector-berlioz","tag-henri-tomasi","tag-lawrence-foster","tag-magali-demesse","tag-michael-schonwandt","tag-opera-de-marseille","tag-orchestre-philharmonique-de-marseille","tag-pinchas-steinberg","tag-serge-baudo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78856","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78856"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78856\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":78860,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78856\/revisions\/78860"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/78857"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78856"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78856"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78856"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}