{"id":78971,"date":"2015-01-19T11:05:19","date_gmt":"2015-01-19T10:05:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=78971"},"modified":"2015-01-21T11:19:59","modified_gmt":"2015-01-21T10:19:59","slug":"marseille-pinchas-steinberg-andrei-korobeinikov","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/marseille-pinchas-steinberg-andrei-korobeinikov\/","title":{"rendered":"Marseille: Pinchas Steinberg &#038;  Andre\u00ef Korobeinikov"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_12997\">Op\u00e9ra Municipal, Marseille, saison 2014 \/2015<br \/>\n<\/i><b id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_12996\">Orchestre philharmonique de Marseille<br \/>\n<\/b>Direction musicale <b>Pinchas Steinberg<br \/>\n<\/b>Piano\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_13004\">Andre\u00ef Korobeinikov<br \/>\n<\/b><i id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_12995\">Alexandre Borodine:<\/i>Les Danses Polovtsiennes<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_12994\">Serguei Rachmaninov: <\/i>Concerto pour piano No 2 en do mineur<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_12993\">B\u00e9la Bartok:<\/i> Concerto pour orchestre<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_12992\">Marseille, le 15 janvier 2015<\/i><br \/>\nApr\u00e8s la magnifique soir\u00e9e du 10 janvier, qui r\u00e9unissait quatre chefs d&#8217;exception &#8211; clin d&#8217;oeil certain au concert des trois t\u00e9nors &#8211; pour f\u00eater les 50 ans de l&#8217;Orchestre Philharmonique de Marseille, <b>Pinchas Steinberg<\/b> reprenait la baguette en solo cette fois, pour diriger un concert dont le souffle musical venait de l&#8217;Est. En effet, Alexandre Borodine, Sergue\u00ef Rachmaninov, et B\u00e9la Bartok \u00e9taient au programme, avec en soliste le jeune pianiste russe <b id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_12991\">Andre\u00ef Korobeinikov<\/b>, dont on parle beaucoup en ce moment. On ne pr\u00e9sente plus Pinchas Steinberg \u00e0 Marseille, tant chacune de ses prestations soul\u00e8ve l&#8217;enthousiasme, aussi bien \u00e0 la baguette pour un concert, que pour diriger un op\u00e9ra. Et, c&#8217;est avec son engagement et sa d\u00e9termination habituelle, qu&#8217;il prenait l&#8217;orchestre \u00e0 bras le corps d\u00e8s les premi\u00e8res mesures des Danses Polovtsiennes. Cette oeuvre brillante et color\u00e9e nous fait survoler des contr\u00e9es d\u00e9sertiques o\u00f9 souffle un vent glac\u00e9, ou participer \u00e0 de grandes chevauch\u00e9es avec quelques intrusions dans des villages pour des danses folkloriques endiabl\u00e9es. Les th\u00e8mes \u00e9minemment slaves, mettent en valeur les instruments solistes de la petite harmonie, faisant ressortir la v\u00e9locit\u00e9 de la clarinette. Pinchas Steinberg dirige avec pr\u00e9cision et coh\u00e9rence ces th\u00e8mes vari\u00e9s o\u00f9, comme dans toute musique russe, la nostalgie flirte avec la joie. Il donne le souffle au hautbois ou au cor anglais et le rythme marqu\u00e9 aux violons, et c&#8217;est avec une grande ma\u00eetrise qu&#8217;il fait r\u00e9sonner timbales, cymbales et cuivres. Une interpr\u00e9tation magistrale de ces &#8221; Danses &#8221; qui mettent le public dans une ambiance festive aux rythmes enlev\u00e9s pour finir dans un immense \u00e9clat sonore. Russe encore, cette interpr\u00e9tation du concerto pour piano et orchestre No 2 qu&#8217;Andre\u00ef Korobeinikov allait nous donner \u00e0 entendre. Sergue\u00ef Rachmaninov \u00e9crit ce concerto, peut-\u00eatre le plus connu du r\u00e9pertoire pour piano, apr\u00e8s une longue p\u00e9riode de d\u00e9pression, il d\u00e9diera d&#8217;ailleurs cette oeuvre au docteur Dahi qui l&#8217;avait soign\u00e9, en signe de remerciement. Ses douleurs, ses doutes et sa renaissance sont inscrits dans cette partition o\u00f9 le romantisme perce sous chaque note, bien que le compositeur soit plut\u00f4t consid\u00e9r\u00e9 comme un post romantique. Apr\u00e8s quelques accords crescendo au piano, l&#8217;orchestre prend la parole pour une exposition de th\u00e8me en envol\u00e9e lyrique, pr\u00e9lude \u00e0 un dialogue musical entre le soliste et l&#8217;orchestre. Ce concerto puissant aux sonorit\u00e9s chaudes, laisse ressortir une tendresse toujours \u00e0 fleur de peau. Toutes ces ambiances sont tr\u00e8s bien traduites par de belles phrases musicales ou des \u00e9changes entre le pianiste et les instruments solistes de la petite harmonie. Andre\u00ef Korobeinikov, dont les interpr\u00e9tations ne font pas l&#8217;unanimit\u00e9 de la critique, semble \u00eatre pass\u00e9 ici \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;essence m\u00eame de l&#8217;oeuvre, et cela malgr\u00e9 une technique irr\u00e9prochable. Il fait une lecture brillante du concerto, mais jouant souvent en force, son toucher perd en onctuosit\u00e9 et devient sec ; il retrouve toutefois un certain velout\u00e9 dans les<i id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_13005\"> piani<\/i> et le mouvement lent o\u00f9 il s&#8217;autorise quelques respirations bien venues, d\u00e9tendant alors son jeu pour laisser place \u00e0 l&#8217;expression. Ce mouvement reste un beau moment de musique\u00a0 o\u00f9 soliste et orchestre s&#8217;unissent dans un m\u00eame langage. Brillance du troisi\u00e8me mouvement avec un pianiste aux doigts s\u00fbrs mais dont le son devient dur dans les <i>forte<\/i> qui manquent de <i>legato<\/i>. Une interpr\u00e9tation brillante, qui laisse pourtant transpara\u00eetre la f\u00e9brilit\u00e9 contenue dans certains passages. Andre\u00ee Korobeinikov\u00a0 gagnerait sans doute en sensibilit\u00e9 en d\u00e9tendant son jeu. Soutenu par un orchestre r\u00e9actif toujours \u00e0 l&#8217;\u00e9coute du soliste et dirig\u00e9 par un chef qui sait m\u00e9nager les sonorit\u00e9s, ce jeune pianiste nous a donn\u00e9 une version fougueuse de ce concerto. La r\u00e9action du public est imm\u00e9diate,\u00a0 c&#8217;est un succ\u00e8s, et pour le remercier, deux bis seront jou\u00e9s, le tr\u00e8s brillant pr\u00e9lude en sol mineur de Rachmaninov, o\u00f9 Andre\u00ef Korobeinikov fait montre d&#8217;une technique \u00e9blouissante et une m\u00e9lodie de Tchaikovsky interpr\u00e9t\u00e9e avec beaucoup de sensibilit\u00e9 et de musicalit\u00e9. B\u00e9la Bartok et son concerto pour orchestre, terminait ce concert. Ecrite \u00e0 la demande de Serge Koussevitsky, cette oeuvre sera cr\u00e9\u00e9e par l&#8217;orchestre de Boston en 1944. Cinq mouvements seront n\u00e9cessaires au compositeur pour mettre en valeur les instruments de l&#8217;orchestre, les faisant dialoguer souvent par deux instruments d&#8217;une m\u00eame famille jouant \u00e0 des intervalles diff\u00e9rents, donnant ainsi l&#8217;impression de tonalit\u00e9s diff\u00e9rentes. Commenc\u00e9 d&#8217;une fa\u00e7on un peu aust\u00e8re, ce concerto \u00e9volue en crescendo au fil des mouvements pour faire l&#8217;apologie de la vie au finale. Et en ces temps tr\u00e8s controvers\u00e9s des caricatures, il est int\u00e9ressant de noter que B\u00e9la Bartok, qui d\u00e9testait la symphonie No 7 de Chostakovitch qu&#8217;il trouvait vulgaire, s&#8217;\u00e9tait plu \u00e0 la caricaturer dans son <i>intermezzo<\/i>, avec quelques accents de clarinette et <i id=\"yui_3_16_0_1_1421828276363_15860\">glissando <\/i>de trombone. Une introduction classique et myst\u00e9rieuse o\u00f9 les sons cr\u00e9ent les atmosph\u00e8res, \u00e9tranget\u00e9 des trompettes, violons\u00a0 aux sons incisifs, lumi\u00e8res du hautbois aux rythmes l\u00e9g\u00e8rement balanc\u00e9s, nostalgie de la clarinette. L&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 fait place \u00e0 l&#8217;humour gr\u00e2ce aux intervalles souvent invers\u00e9s. Sraccato, pizzicato, trompettes bouch\u00e9es, caisse claire avec en alternance un court choral de cuivres, tout est r\u00e9uni ici pour cr\u00e9er un climat de joie et de f\u00eate dans un savant dosage d&#8217;instruments jouant en duo pour revenir \u00e0 un calme inqui\u00e9tant. C&#8217;est une oeuvre \u00e9crite avec une grande recherche, mais aussi avec une grande connaissance de chaque instrument permettant de faire ressortir chaque sonorit\u00e9 et chaque intention avec coh\u00e9rence et int\u00e9r\u00eat. B\u00e9la Bartok fait entendre de fa\u00e7on moderne les accents de la musique hongroise en ne gardant que l&#8217;essentiel. Cette intelligence du th\u00e8me qui revient avec le balancement des mesures 5\/4, 5\/8, joue avec souplesse ; introduction au ricanement de la clarinette et au glissando sarcastique des trombones, qui annonce la f\u00eate finale o\u00f9 le folklore finira dans un \u00e9clat de sonorit\u00e9s et de rythmes pour une course endiabl\u00e9e. C&#8217;est un chef d&#8217;oeuvre d&#8217;\u00e9criture o\u00f9 tout est pens\u00e9 avec justesse et avec une connaissance du r\u00e9sultat sans recherche d&#8217;effet spectaculaire mais avec un r\u00e9sultat spectaculaire dans chaque expression, dirig\u00e9 par un chef d&#8217;orchestre dont le talent est mis au service du compositeur. Pinchas Steinberg est un sculpteur de sons, un magicien de la lumi\u00e8re, qui sait, avec une connaissance approfondie de l&#8217;oeuvre et de l&#8217;instrumentation, faire ressortir chaque inflexion et chaque intention voulues par le compositeur, aussi bien dans la sensibilit\u00e9, que dans l&#8217;humour ou l&#8217;\u00e9clat. Il sait doser les sons, les nuances, et ma\u00eetriser l&#8217;orchestre en laissant la possibilit\u00e9 \u00e0 chaque instrumentiste de s&#8217;exprimer.Une oeuvre aux th\u00e9matiques imbriqu\u00e9es et aux articulations diff\u00e9rentes qui donne une grande diversit\u00e9 aux dialogues, interpr\u00e9t\u00e9e par un orchestre pr\u00e9cis qui joue avec intelligence et musicalit\u00e9. Un public enthousiaste qui sait aussi appr\u00e9cier les musiques moins jou\u00e9es a fait une ovation \u00e0 l&#8217;orchestre et \u00e0 son chef.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Op\u00e9ra Municipal, Marseille, saison 2014 \/2015 Orchestre philharmonique de Marseille Direction musicale Pinchas Steinberg Piano\u00a0 Andre\u00ef Korobeinikov Alexandre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":78972,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[9503,13222,981,9354,12650,4178,922,4954],"class_list":["post-78971","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-alexander-borodin","tag-andrei-korobeinikov","tag-bela-bartok","tag-foreign-readers","tag-opera-municipal-de-marseille","tag-orchestre-philharmonique-de-marseille","tag-pinchas-steinberg","tag-sergej-rachmaninov"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78971","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78971"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78971\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/78972"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78971"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78971"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78971"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}