{"id":81790,"date":"2015-08-22T23:52:42","date_gmt":"2015-08-22T21:52:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=81790"},"modified":"2016-11-25T15:47:29","modified_gmt":"2016-11-25T14:47:29","slug":"bayeruth-festpiele-2015-der-fliegende-hollander","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/bayeruth-festpiele-2015-der-fliegende-hollander\/","title":{"rendered":"Bayeruth Festpiele 2015: &#8220;Der fliegende holl\u00e4nder&#8221;"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i>Bayreuth Festival 2015<br \/>\n<\/i><b>&#8220;DER FLIEGENDE HOLL\u00c4NDER&#8221;<br \/>\n<\/b>Op\u00e9ra en trois actes, livret de Richard Wagner<br \/>\nMusique de <b>Richard Wagner<br \/>\n<\/b><i>Daland<\/i>\u00a0\u00a0 KWANGCHUL YOUN<br \/>\n<i>Senta<\/i>\u00a0\u00a0\u00a0 RICARDA MERBETH<br \/>\n<i>Erik<\/i>\u00a0 TOMISLAV MUZEK<br \/>\n<i>Mary<\/i>\u00a0\u00a0 CHRISTA MAYER<br \/>\n<i>Der Steuermann<\/i> \u00a0 BENJAMIN BRUNS<br \/>\n<i>Der Holl\u00e4nder\u00a0\u00a0\u00a0 <\/i>SAMUEL YOUN<br \/>\nOrchestre et Choeur du Festival de Bayreuth<br \/>\nDirection musicale\u00a0 <b>Axel Kober<\/b><br \/>\nMise en sc\u00e8ne <b>Jan Philipp Gloger<br \/>\n<\/b>D\u00e9cors\u00a0 <b>Christof Hetzer<br \/>\n<\/b>Costumes\u00a0 <b>Karin Jud<br \/>\n<\/b>Lumi\u00e8res\u00a0\u00a0 <b>Urs Sch\u00f6nebaum<br \/>\n<\/b>Vid\u00e9o<b>\u00a0\u00a0\u00a0 Martin Eidenberger<br \/>\n<\/b>Dramaturgie<b>\u00a0\u00a0 Sophie Becker<br \/>\n<\/b>Chef du Choeur\u00a0 <b>Eberhard Friedrich<br \/>\n<\/b><i>Bayreuth, le 19 ao\u00fbt 2015<br \/>\n<\/i> Pour la quatri\u00e8me ann\u00e9e, le Festival de Bayreuth pr\u00e9sentait <i>Le Vaisseau Fant\u00f4me<\/i> dans la mise en sc\u00e8ne de <b>Jan Philipp Gloger ; <\/b>et pour cet op\u00e9ra tir\u00e9 d&#8217;une l\u00e9gende qui existait d\u00e9j\u00e0 au moyen \u00e2ge parmi les peuples navigateurs des pays du nord de l&#8217;Europe, Richard Wagner avait \u00e9crit la musique et le livret. C&#8217;est dire si sa propre vision de l&#8217;oeuvre lui tenait \u00e0 coeur. Cet op\u00e9ra \u00e9minemment romantique nous fait entrer dans le monde du compositeur habit\u00e9 par les th\u00e8mes de l&#8217;errance, du sacrifice et de la r\u00e9demption par l&#8217;amour, th\u00e8mes qui seront pr\u00e9sents dans tous ses ouvrages d&#8217;une mani\u00e8re presque obsessionnelle. C&#8217;est aussi le premier op\u00e9ra que Richard Wagner jugera digne d&#8217;\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 sur la mythique sc\u00e8ne du Festspielhaus. Ici, le compositeur s&#8217;\u00e9loigne des influences de Meyerber et affirme son propre style en introduisant notamment le leitmotiv et certains accords qui n&#8217;appartiendront qu&#8217;\u00e0 lui. Cette musique nous transporte d\u00e8s les premiers notes dans des atmosph\u00e8res \u00e9tranges o\u00f9 l\u00e9gende et r\u00e9alit\u00e9 se m\u00e9langent, laissant le spectateur en attente d&#8217;un d\u00e9nouement dramatique. Il est de bon ton actuellement de moderniser les op\u00e9ras, voire de les d\u00e9poussi\u00e9rer ou de les revisiter, mais ici les mots sont faibles ; c&#8217;est tout simplement une tout autre histoire qui nous est racont\u00e9e. Est-ce une bonne id\u00e9e, \u00e9tait-ce n\u00e9cessaire ? De notre point de vue, absolument pas. De l&#8217;atmosph\u00e8re sombre, inqui\u00e9tante et myst\u00e9rieuse de Richard Wagner il ne reste absolument rien. Tout avait \u00e9t\u00e9 si bien con\u00e7u, si bien pens\u00e9 par le compositeur, ce chant g\u00e9nial des marins heureux d&#8217;\u00eatre au port, la chanson du timonier \u00e0 sa belle, mais dans ce nouveau contexte cela tombe \u00e0 plat, le relief et la couleur ne sont plus l\u00e0. Nous sommes dans une usine de ventilateurs, et pourquoi des ventilateurs, y a-t-il un lien entre la temp\u00eate qui souffle dans les voiles et l&#8217;air propuls\u00e9 par ces petits moulins \u00e0 vent \u00e9lectriques ? Ce serait un fil bien t\u00e9nu alors. Daland est le directeur de cette usine ; est-elle en difficult\u00e9 pour qu&#8217;il accepte de donner sa fille en mariage \u00e0 ce riche Hollandais ? Dans tout ceci, nous n&#8217;avons pas vraiment saisi l&#8217;id\u00e9e du metteur en sc\u00e8ne tant elle para\u00eet \u00eatre \u00e9loign\u00e9e de celle de Richard Wagner. A-t-il voulu faire r\u00e9f\u00e9rence aux bateaux hollandais qui sillonnaient les mers au XVIe si\u00e8cle avec l&#8217;essor boursier des compagnies de navigation, ou alors au krach boursier qui ruina certains hommes d&#8217;affaires ? Jan Philipp Gloger ne nous donne ici aucun indice. Le rideau s&#8217;ouvre sur ce qui pourrait-\u00eatre un building avec des lumi\u00e8res qui clignotent et des chiffres qui s&#8217;affichent comme pris de folie. Au pied de cette fa\u00e7ade le timonier et Daland arrivent dans une barque et s&#8217;y endorment ;\u00a0 le Hollandais apparaitra tel un voyageur de commerce portant une valise \u00e0 roulettes remplie de billets de banque, puis ce sera l&#8217;arriv\u00e9e de Senta ber\u00e7ant un horrible mannequin. Tout cela nous rappellerait presque&#8230;.le vaisseau fant\u00f4me. Mais ceci n&#8217;apportant rien, il faudra se concentrer sur la musique et les chanteurs. Les costumes de<b>Karin Jud<\/b> sont de coupe moderne, sombres pour Daland et le Hollandais et gris pour les hommes stress\u00e9s qui travaillent dans cette usine, les ouvri\u00e8res portant des tabliers bleus. Les d\u00e9cors de<b> Christof Hetzer<\/b> n&#8217;ont rien de particuli\u00e8rement attractifs, hormis la fa\u00e7ade noire du d\u00e9but, un amoncellement de carton meublera la sc\u00e8ne par la suite. Les lumi\u00e8res de <b>Urs Sch\u00f6nebaum <\/b>passeront du sombre avec n\u00e9ons qui clignotent \u00e0 des \u00e9clairages plus crus pour l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;usine. C&#8217;est en tous cas les voix qui nous donneront le plus de plaisir.<b> Benjamin Bruns<\/b> est un timonier plein d&#8217;allant, il chante avec une voix puissante et claire avec des aigus assur\u00e9s. Une grande homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 dans chaque registre lui permet d&#8217;interpr\u00e9ter avec libert\u00e9 et musicalit\u00e9 la chanson \u00e0 sa belle. <b>Kwangchul Youn<\/b> que nous avions appr\u00e9ci\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es dans le r\u00f4le du Roi Mark de <i>Tristan et Yseult<\/i> est ici Daland, un p\u00e8re moins rude sans doute que celui imagin\u00e9 par Richard Wagner. Sa voix bien plac\u00e9e aux graves sonores est toujours aussi belle. Ce n&#8217;est plus un marin qui a affront\u00e9 les temp\u00eates, mais un homme d&#8217;affaires qui suit la m\u00e9t\u00e9o boursi\u00e8re. Avec une belle ligne de chant, des rythmes qui laissent la voix s&#8217;exprimer et des aigus faciles, il nous donne \u00e0 entendre de beaux solos r\u00e9citatifs chant\u00e9s avec le Hollandais. Deux voix qui s&#8217;accordent avec souplesse dans une m\u00eame musicalit\u00e9.<b> Samuel Youn<\/b> que nous avions entendu \u00e0 Marseille il y a tout juste quelques mois dans ce m\u00eame r\u00f4le, garde sur cette immense sc\u00e8ne une grande pr\u00e9sence. Le personnage qu&#8217;il interpr\u00e8te ici n&#8217;a pas la prestance de ce marin dont la l\u00e9gende a atteint Senta au coeur, et il ne faut ici compter que sur sa voix pour insuffler au public cette dimension. Mais pari r\u00e9ussi, on oublie les tatouages dont on l&#8217;a affubl\u00e9 pour se laisser porter par le timbre chaleureux qu&#8217;on lui conna\u00eet et la musicalit\u00e9 avec laquelle il chante toutes choses. On sent chez Samuel Youn une volont\u00e9 de donner une certaine allure \u00e0 ce personnage si d\u00e9concertant pour un public s&#8217;attendant \u00e0 se trouver face \u00e0 un tout autre Hollandais. Sa voix garde le velout\u00e9 des graves dans chaque tessiture jusque dans les aigus qu&#8217;il projette avec facilit\u00e9. Ce baryton-basse que l&#8217;on ne sent jamais au bout de ses possibilit\u00e9s a une voix qui laisse vibrer les harmoniques avec une belle longueur de souffle, en pleine sant\u00e9 vocale. <b>Tomislav Muzek<\/b> \u00e9tait aussi \u00e0 Marseille aux c\u00f4t\u00e9s de Samuel Youn et de Ricarda Merbeth. Nous le retrouvons ici chantant Erik. Son r\u00f4le moins marqu\u00e9 sc\u00e9niquement ici permet de se laisser charmer par sa musicalit\u00e9 qu&#8217;il exprime dans sa cavatine avec un timbre \u00e9mouvant et une grande sensibilit\u00e9. Avec de beaux aigus \u00e9clatants, sa voix claire et puissante passe sans forcer. Tomislav Muzek est un Erik de tout premier plan qui nous fait entendre un duo avec Senta \u00e9quilibr\u00e9 dans l&#8217;interpr\u00e9tation et l&#8217;investissement. Nous retrouvons aussi <b>Ricarda Merbeth<\/b> dans le r\u00f4le de Senta, et c&#8217;est avec un immense plaisir que nous \u00e9coutons sa voix aux aigus somptueux. Si elle a laiss\u00e9 la jeune fille r\u00eaveuse sur les bords de la M\u00e9diterran\u00e9e, elle est ici une femme plus exalt\u00e9e ; elle se voit en ange salvateur et se poignarde pour mourir en m\u00eame temps que cet homme avec qui elle a d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;aller au bout de sa destin\u00e9e. La voix est assur\u00e9e, projet\u00e9e avec une volont\u00e9 saisissante ; elle donne \u00e0 cette interpr\u00e9tation de Senta une \u00e9nergie dramatique que l&#8217;on per\u00e7oit dans le son de sa voix. Chant\u00e9s avec une puissance extraordinaire, ses aigus gardent leur timbre chaleureux sur toute la longueur du souffle et les jolies inflexions de sa voix jouent avec la musique dans un phras\u00e9 d&#8217;une grande musicalit\u00e9. Ricarda Merbeth r\u00e9ussit avec cette nouvelle Senta \u00e0 nous faire d\u00e9couvrir une autre facette de son talent d&#8217;actrice. Tout comme son caract\u00e8re r\u00e9solu, sa voix sans faille ira avec justesse et clart\u00e9 jusqu&#8217;au bout de cette union mortelle. Une immense voix. <b>Christa Mayer<\/b> est ici Mary. Nous l&#8217;avions appr\u00e9ci\u00e9e il y quelques jours dans le r\u00f4le de Brang\u00e4ne de <i>tristan et Yseult<\/i>, mais elle semble ici un peu en retrait, sa voix claire au staccato pr\u00e9cis n&#8217;arrive pas \u00e0 s&#8217;imposer, sans doute la tessiture lui convient-elle moins bien, l&#8217;orchestre semblant aussi trop fort. Nous pr\u00e9f\u00e8rerons nous souvenir de son interpr\u00e9tation de Brang\u00e4ne. Le Choeur toujours remarquable et bien pr\u00e9par\u00e9 par<b> Eberhard Freidrich\u00a0<\/b>est, malgr\u00e9 une mise en sc\u00e8ne peu en rapport avec le texte, tr\u00e8s investi avec des voix tr\u00e8s homog\u00e8nes dans un ensemble parfait ; le choeur des fileuses peu servi par la mise en sc\u00e8ne est chant\u00e9 avec pr\u00e9cision. C&#8217;est \u00e0 <b>Axel Kobe <\/b>qu&#8217;\u00e9tait confi\u00e9e la direction d&#8217;orchestre. Si le son est toujours aussi extraordinaire, avec ces nuances que l&#8217;on ne peut entendre qu&#8217;\u00e0 Bayreuth, des pianissimi aux forte jamais satur\u00e9s, nous n&#8217;avons toutefois pas aim\u00e9 l&#8217;interpr\u00e9tation donn\u00e9e par le chef d&#8217;orchestre. Le tempo tr\u00e8s vif du d\u00e9but de l&#8217;ouverture avait quelques accents durs et la direction paraissait m\u00e9trique et un peu raide. Mais c&#8217;est surtout dans le soutien des chanteurs que nous avons trouv\u00e9 la direction d&#8217;Axel Kobe assez g\u00eanante. Souvent trop fort, l&#8217;orchestre prend des accents sautillants dans le choeur des fileuses. Axel Kobe, pourtant un habitu\u00e9 du Festspielhaus, semble \u00eatre pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;\u00e9motion et du dramatique contenus dans cette partition o\u00f9 la musique parle d&#8217;elle m\u00eame. L&#8217;osmose entre le chef et les chanteurs n&#8217;\u00e9tait pas au rendez-vous et l&#8217;on regrette les sonorit\u00e9s obtenues lorsque Christian Thielemann est \u00e0 la baguette. Un Fliegende Holl\u00e4nder qui n&#8217;a de raison d&#8217;\u00eatre que par un plateau remarquable o\u00f9 les chanteurs ont d\u00e9fendu avec force et talent leurs personnages.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bayreuth Festival 2015 &#8220;DER FLIEGENDE HOLL\u00c4NDER&#8221; Op\u00e9ra en trois actes, livret de Richard Wagner Musique de Richard Wagner [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":81793,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[14692,14691,14696,14697,14694,5747,14698,9354,14693,14695,4335,7157,173,3404,7204,13671],"class_list":["post-81790","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-axel-kober","tag-bayreuth-festpiele-2015","tag-benjamin-bruns","tag-christa-mayer","tag-christof-hetzer","tag-der-fliegende-hollander","tag-eberhard-freidrich","tag-foreign-readers","tag-jan-philipp-gloger","tag-karin-jud","tag-kwangchul-youn","tag-ricarda-merbeth","tag-richard-wagner","tag-samuel-youn","tag-tomislav-muzek","tag-urs-schonebaum"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81790","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81790"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81790\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/81793"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81790"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81790"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81790"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}