{"id":82475,"date":"2015-10-15T16:59:51","date_gmt":"2015-10-15T14:59:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=82475"},"modified":"2016-11-25T13:50:34","modified_gmt":"2016-11-25T12:50:34","slug":"opera-de-toulon-il-trovatore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/opera-de-toulon-il-trovatore\/","title":{"rendered":"Op\u00e8ra de Toulon: &#8220;Il Trovatore&#8221;"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_1_1445120414718_3156\">Toulon, Op\u00e9ra,\u00a0 saison 2015 \/ 2016<br \/>\n<\/i><b id=\"yui_3_16_0_1_1445120414718_3155\">IL TROVATORE<br \/>\n<\/b>Op\u00e9ra en quatre actes, livret de Salvatore Cammarano, d&#8217;apr\u00e8s Antonio Garcia Guti\u00e9rrez<br \/>\nCoproduction Teatro Giuseppe Verdi &#8211; Trieste &#8211;\u00a0 Op\u00e9ra Royal de Wallonie &#8211; li\u00e8ge &#8211;<br \/>\nMusique\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1445120414718_3154\">Giuseppe Verdi<br \/>\n<\/b><i>Leonora<\/i>\u00a0 YOLANDA AUYANET<br \/>\n<i>Azucena<\/i>\u00a0 ENKELEJDA SHKOSA<br \/>\n<i>Ines<\/i>\u00a0\u00a0 MARIE KARRAL<br \/>\n<i>Manrico<\/i>\u00a0 MARCELO PUENTE<br \/>\n<i>le Comte de Luna\u00a0 <\/i>GIOVANNI MEONI<br \/>\n<i>Ferrando<\/i>\u00a0\u00a0 ADAM PALKA<br \/>\n<i>Ruiz<\/i>\u00a0 JEREMY DUFFAU<br \/>\n<i>Un vieux gitan<\/i>\u00a0\u00a0 ANTOINE ABELLO<br \/>\n<i>un messager<\/i>\u00a0 DIDIER SICCARDI<br \/>\nOrchestre et choeur de l&#8217;Op\u00e9ra de Toulon<br \/>\nDirection musicale\u00a0\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1445120414718_3160\">Giuliano Carella<br \/>\n<\/b>Mise en sc\u00e8ne<b id=\"yui_3_16_0_1_1445120414718_3161\">\u00a0 Stefano Vizioli<br \/>\n<\/b>D\u00e9cors &amp; costumes\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1445120414718_3162\">Alessandro Ciammarughi<br \/>\n<\/b>Lumi\u00e8res<b>\u00a0 Franco Marri<br \/>\n<\/b>Coproduction Teatro Giuseppe Verdi &#8211; Trieste &#8211;\u00a0 Op\u00e9ra Royal de Wallonie Li\u00e8ge &#8211;<b><br \/>\n<\/b><i>Toulon, le 11 octobre 2015<\/i><br \/>\nPour d\u00e9buter la saison 2015\/1016, l&#8217;Op\u00e9ra de Toulon a choisi de pr\u00e9senter <i>Il Trovatore<\/i>. Cet op\u00e9ra de Giuseppe Verdi, pilier du r\u00e9pertoire lyrique cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Rome le 19 janvier 1853, obtiendra un succ\u00e8s jamais d\u00e9menti tant la puissance dramatique et la vaillance vocale contenues dans cette oeuvre sont grandes. Pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Paris en italien en d\u00e9cembre1854, cet op\u00e9ra sera traduit en fran\u00e7ais par Emilien Pacini, et deviendra <i>Le Trouv\u00e8re <\/i>lorsqu&#8217;il sera chant\u00e9 en fran\u00e7ais \u00e0 Paris en 1857. La mode \u00e9tant depuis quelques d\u00e9cennies, et c&#8217;est tant mieux, de chanter les op\u00e9ras dans leur lange originale, c&#8217;est donc en italien que nous \u00e9couterons <i>Il Trovatore.<\/i> Si la distribution est internationale, la r\u00e9gie, elle, est tout \u00e0 fait italienne.<b> Stefano Vizioli<\/b> signe ici la mise en sc\u00e8ne de cet op\u00e9ra o\u00f9, de son point de vue, tout le monde est perdant. De ce fait, tout sera con\u00e7u dans des teintes sombres ne laissant \u00e0 aucun moment transpara\u00eetre l&#8217;espoir. Les d\u00e9cors d&#8217;<b id=\"yui_3_16_0_1_1445120414718_3163\">Alessandro Ciammarughi<\/b> sont souvent ponctu\u00e9s par des panneaux mobiles transparents qui laissent appara\u00eetre une structure m\u00e9tallique rouill\u00e9e cachant un escalier \u00e0 double vol\u00e9e. Le camp des gitans est bien imagin\u00e9, avec une ossature de bois qui monte jusqu&#8217;aux cintres ; l&#8217;\u00e9volution bien orchestr\u00e9e des chanteurs donne une impression de vie o\u00f9 les coups port\u00e9s sur l&#8217;enclume laissent \u00e0 penser qu&#8217;ici l&#8217;on forge des armes pour une bataille imminente. Dans la sc\u00e8ne du couvent, seule une grande croix lumineuse donnera un peu de relief au d\u00e9cor tr\u00e8s sombre avec toutefois quelques lueurs de cierges allum\u00e9s bien imagin\u00e9es. Les soldats du Comte se pr\u00e9parant \u00e0 l&#8217;assaut sont pr\u00e9sent\u00e9s en une sorte de de ballet lent qui fait danser les armes. Avec le d\u00e9cor, <b>Alessandro Ciammarughi<\/b> signe aussi les costumes. Sans \u00eatre trop voyants et de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale assez sombres, ils sont toutefois de bon go\u00fbt laissant ainsi le drame prendre le pas sur toutes choses. Les lumi\u00e8res imagin\u00e9es par<b> Franco Marri<\/b>\u00a0 sont l\u00e0 pour donner du relief au propos sans rien enlever \u00e0 cette atmosph\u00e8re lourde que l&#8217;on sent peser tout au long de l&#8217;ouvrage. Cette mise en sc\u00e8ne, remarquable par sa sobri\u00e9t\u00e9 mais aussi par la justesse du jeu des acteurs, nous plonge dans une ambiance dramatique d\u00e8s le lever du rideau.<b id=\"yui_3_16_0_1_1445120414718_3164\"> Yolanda Auyanet <\/b>met sa musicalit\u00e9 au service de Leonora. Cette soprano espagnole qui chante aussi bien du Mozart que du Verdi est ici tout \u00e0 fait \u00e0 sa place. Aussi \u00e0 l&#8217;aise sc\u00e9niquement que vocalement,\u00a0 elle s&#8217;impose aussi physiquement d\u00e8s son entr\u00e9e. Dot\u00e9e d&#8217;une voix claire au timbre rond et m\u00e9lodieux, elle chante avec beaucoup de d\u00e9licatesse tout en pr\u00eatant une grande attention aux nuances. Ses aigus, qu&#8217;ils soient puissants ou chant\u00e9s sur le souffle, sont justes et gardent longtemps les harmoniques contenues dans la voix. Yolanda Auyanet nous fait ici entendre un chant d&#8217;une grande esth\u00e9tique musicale o\u00f9 phras\u00e9 et legato sont en harmonie avec le personnage dont la gr\u00e2ce n&#8217;exclut en rien la force de caract\u00e8re. <b>Enkelejda Shkosa<\/b> est une Azucena de tout premier ordre. Cette mezzo-soprano albanaise poss\u00e8de la couleur de voix qui sied au personnage. Le tissu sombre de son m\u00e9dium laisse \u00e9clater des aigus puissants tout en conservant l&#8217;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de sa voix. Nous l&#8217;avions entendue la saison derni\u00e8re, \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille, dans le <i>Mo\u00efse et pharaon<\/i> de Rossini chantant en alternance avec Sonia Ganassi, mais c&#8217;est dans ce r\u00f4le que la voix d&#8217;Enkelejda Shkosa prend toute sa dimension. Aussi \u00e0 l&#8217;aise dans le<i> Stride la vampa<\/i> que dans les duos plus nuanc\u00e9s avec Manrico, son jeu investi nous \u00e9meut tout en nous subjuguant par son \u00e9blouissante pr\u00e9sence. Cette interpr\u00e9tation d&#8217;Azucena restera longtemps dans les m\u00e9moires. <b>Marie Karall<\/b>, d\u00e9j\u00e0 appr\u00e9ci\u00e9e dans le r\u00f4le de Clotilde de <i>Norma<\/i> sur cette m\u00eame sc\u00e8ne en 2013 est une Ines tout \u00e0 fait \u00e0 sa place. Cette mezzo-soprano fran\u00e7aise forme avec les deux autres voix f\u00e9minines un trio des plus homog\u00e8nes. Le timbre de sa voix sombre et sonore se marie tr\u00e8s bien avec celui de Leonora pour des dialogues chant\u00e9s harmonieux. Cette distribution aux chanteurs de nationalit\u00e9s tr\u00e8s diverses nous faisait d\u00e9couvrir <b>Marcelo Puente<\/b> en Manrico, ce jeune t\u00e9nor argentin dot\u00e9 d&#8217;un physique avantageux qui donne, par sa vaillance et son investissement, une grande cr\u00e9dibilit\u00e9 au personnage. D\u00e8s sa premi\u00e8re intervention de coulisses on le trouve bien adapt\u00e9 au r\u00f4le avec sa voix claire aux aigus s\u00fbrs, dont le volume s&#8217;adapte au baryton du Comte de Luna, formant ainsi au d\u00e9but de l&#8217;ouvrage un trio tr\u00e8s homog\u00e8ne et \u00e9quilibr\u00e9 avec Leonora. Si ses <i>piani <\/i>donnent \u00e0 sa voix des inflexions sensibles, il a par moments un vibrato serr\u00e9 qui fait que ses aigus n&#8217;ont pas toujours la m\u00eame qualit\u00e9.\u00a0 Malgr\u00e9 une solide technique, ses quelques probl\u00e8mes de justesse nous font penser que Marcelo Puente a du mal \u00e0 contr\u00f4ler sa voix, mais la rondeur de son m\u00e9dium, l&#8217;intelligence avec laquelle il aborde les duos et ses aigus faciles nous pr\u00eatent \u00e0 croire qu&#8217;avec plus de maturit\u00e9 ces d\u00e9fauts s&#8217;estomperont au profit de ses qualit\u00e9s qui sont nombreuses. Il reste un Manrico tr\u00e8s applaudit dont le <i id=\"yui_3_16_0_1_1445120414718_3165\">Di quelle pira <\/i>au contre-ut sonore a d\u00e9clench\u00e9 l&#8217;enthousiasme du public. Le Comte de Luna est ici chant\u00e9 par <b>Giovanni Meoni<\/b>. Ce baryton italien que nous avions d\u00e9j\u00e0 entendu dans le r\u00f4le titre de Macbeth \u00e0 Toulon en 2014 manque peut-\u00eatre un peu de vigueur dans son interpr\u00e9tation du Comte. Sa voix a toutefois conserv\u00e9 son timbre agr\u00e9able et rond aux graves pos\u00e9s et puissants, et une belle longueur de souffle. Parfois in\u00e9gal, on appr\u00e9cie les duos \u00e9quilibr\u00e9s avec Leonora qu&#8217;il nous fait entendre, sa musicalit\u00e9, ainsi que son legato dans les <i>piani<\/i> . Giovanni Meoni est un baryton solide qui sait faire ressortir les rythmes\u00a0 gr\u00e2ce \u00e0 une voix bien projet\u00e9e. <b>Adam Palka <\/b>qui chante Ferrando est lui, une basse polonaise. Il donne de la profondeur et du relief \u00e0 son r\u00e9cit en monologue par des rythmes projet\u00e9s avec nettet\u00e9. Sa voix bien plac\u00e9e aux graves sonores participe \u00e0 l&#8217;\u00e9quilibre de ce trio masculin. Investi et en place, sa voix grave se laisse distinguer dans les ensembles et fait montre d&#8217;un bel \u00e9quilibre dans son \u00e9change avec le Comte de Luna. Le r\u00f4le de Ruiz nous permet d&#8217;\u00e9couter le t\u00e9nor fran\u00e7ais <b>J\u00e9r\u00e9my Duffau <\/b>qui, malgr\u00e9 une intervention assez courte se fera appr\u00e9cier par sa mise en place et sa voix qui passe sans forcer. <strong>Le choeur de l&#8217;Op\u00e9ra<\/strong> <strong>de Toulon, pr\u00e9par\u00e9 par<\/strong> <b>Christophe Bernollin<\/b> fait preuve d&#8217;un bel investissement avec des attaques puissantes et pr\u00e9cises d&#8217;un grand impact sonore. Les voix homog\u00e8nes utilis\u00e9es avec musicalit\u00e9 donnent aux interventions un relief et une intensit\u00e9 dramatique tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s. Mais celui qui cr\u00e9e les atmosph\u00e8res, apporte la dynamique et donne l&#8217;impulsion \u00e0 l&#8217;ouvrage est le chef d&#8217;orchestre. L&#8217;orchestre de l&#8217;Op\u00e9ra de Toulon retrouvait <b>Giuliano Carella<\/b> dont la baguette \u00e9nergique et pr\u00e9cise allait, encore une fois, le conduire au succ\u00e8s. Directeur musical de l&#8217;orchestre depuis plusieurs ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0, il sait comme personne faire ressortir les sonorit\u00e9s et les couleurs de cette phalange qu&#8217;il a su fa\u00e7onner. De bout en bout de l&#8217;ouvrage, il tient plateau et orchestre dans un tempo rapide \u00e9vitant l&#8217;\u00e9cueil des d\u00e9calages dans les rythmes, tout en faisant ressortir le son moelleux des corde et des instruments solistes. les changements de tempi sont faits avec assurance ; une assurance que l&#8217;on retrouve dans les contretemps ou dans la fa\u00e7on d&#8217;aborder les nuances. Tout en soutenant le plateau, Giuliano Carella laisse jouer l&#8217;orchestre avec mesure et intelligence sans jamais couvrir les chanteurs. Une ouverture de saison r\u00e9ussie et tr\u00e8s applaudie par un public enthousiaste heureux de retrouver un Verdi de qualit\u00e9 o\u00f9 l&#8217;\u00e9motion se trouvait aussi bien sur le plateau que dans les phrases musicales jou\u00e9es \u00e0 l&#8217;orchestre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toulon, Op\u00e9ra,\u00a0 saison 2015 \/ 2016 IL TROVATORE Op\u00e9ra en quatre actes, livret de Salvatore Cammarano, d&#8217;apr\u00e8s Antonio [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":82480,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[7990,5968,15091,3535,9354,15093,1570,2136,153,264,15092,4256,10195,4468,1845,1039],"class_list":["post-82475","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-adam-palka","tag-alessandro-ciammarughi","tag-christophe-bernollin","tag-enkelejda-shkosa","tag-foreign-readers","tag-franco-marri","tag-giovanni-meoni","tag-giuliano-carella","tag-giuseppe-verdi","tag-il-trovatore","tag-jeremy-duffau","tag-marcelo-puente","tag-marie-karall","tag-opera-de-toulon","tag-stefano-vizioli","tag-yolanda-auyanet"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82475","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=82475"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82475\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":86897,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/82475\/revisions\/86897"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/82480"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=82475"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=82475"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=82475"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}