{"id":83145,"date":"2015-11-27T03:13:22","date_gmt":"2015-11-27T02:13:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=83145"},"modified":"2015-12-02T03:35:33","modified_gmt":"2015-12-02T02:35:33","slug":"marseille-andris-poga-mayumi-naomy-seiler-en-concert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/marseille-andris-poga-mayumi-naomy-seiler-en-concert\/","title":{"rendered":"Marseille: Andris Poga, Mayumi &#038; Naomy Seiler en concert"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_1_1448986526971_23241\">Op\u00e9ra de Marseille, saison 2015 \/ 2016<br \/>\n<\/i><b id=\"yui_3_16_0_1_1448986526971_23290\">Orchestre philharmonique de Marseille<br \/>\n<\/b>Direction musicale\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1448986526971_23291\">Andris Poga<br \/>\n<\/b>Violon<b id=\"yui_3_16_0_1_1448986526971_23296\"> Mayumi Seiler<br \/>\n<\/b>Alto<b id=\"yui_3_16_0_1_1448986526971_23297\">\u00a0 Naomy Seiler<br \/>\n<\/b><i>Gioacchino Rossini:<\/i> &#8220;Guillaume Tell&#8221;, Ouverture<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_1_1448986526971_23292\">Benjamin Britten:<\/i> Concerto pour violon, alto et orchestre<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_1_1448986526971_23302\">Dmitri Chostakovitch: <\/i>Symphonie No 15 en la majeur<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_1_1448986526971_23298\">Marseille, le 21 novembre 2015<br \/>\n<\/i>En cette soir\u00e9e du 21 novembre, l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille nous pr\u00e9sentait un programme de concert tr\u00e8s original, mais surtout d&#8217;une coh\u00e9rence rare. Si au premier abord le choix des compositeurs pouvait para\u00eetre \u00e9trange, c&#8217;est en regardant les oeuvres choisies que l&#8217;on pouvait appr\u00e9cier la r\u00e9flexion qui avait d\u00fb pr\u00e9c\u00e9der ce choix. Des oeuvres peu jou\u00e9es mais qui laissent appara\u00eetre des architectures similaires. Un double concerto Violon \/ alto bas\u00e9 sur des atmosph\u00e8res, sans grandes cadences \u00e0 la virtuosit\u00e9 \u00e9poustouflante, et qui finit dans un long pianissimo ; la symphonie No 15 de Dmitri Chostakovitch, bas\u00e9e sur des couleurs, qui utilise de nombreux instruments solistes et qui se termine elle aussi dans un superbe pianissimo ; tout cela pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par une ouverture, de toute \u00e9vidence choisie pour son th\u00e8me utilis\u00e9 en r\u00e9f\u00e9rence par Chostakovitch dans sa symphonie. Cette continuit\u00e9 dans la d\u00e9marche nous laissera dans une atmosph\u00e8re ouat\u00e9e assez confortable apr\u00e8s les terribles \u00e9v\u00e9nements v\u00e9cus la semaine pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 Paris. L&#8217;Ouverture de Guillaume Tell de Gioacchino Rossini, \u00e9crite en quatre parties telle une mini symphonie d\u00e9bute ce programme avec un solo de violoncelle accompagn\u00e9 par un quatuor, de celli toujours, qui fait ressortir les sonorit\u00e9s chaudes de cet instrument, magnifiquement interpr\u00e9t\u00e9 par une soliste dont le calme et l&#8217;intensit\u00e9 du vibrato posent les bases de cette ouverture, et utilisera les couleurs du son du cor anglais pour une atmosph\u00e8re pastorale apais\u00e9e, apr\u00e8s un orage o\u00f9 cuivres et cordes se d\u00e9cha\u00eenent. Cette oeuvre qui se termine dans la joie d&#8217;un galop final fait, en douze minutes, le r\u00e9sum\u00e9 de l&#8217;op\u00e9ra. On appr\u00e9cie la direction du jeune chef letton <b id=\"yui_3_16_0_1_1448986526971_23299\">Andris Poga<\/b> qui, d&#8217;une baguette claire et sans geste inutile, fait ressortir toutes les intensions du compositeur, laissant librement s&#8217;exprimer les instruments solistes tout en maintenant fermement cuivres et cordes dans le<i> vivace<\/i> final. le double concerto pour violon et alto compos\u00e9 par Benjamin Britten est une oeuvre de jeunesse \u00e9crite en 1932, alors que le compositeur est encore \u00e9tudiant au Royal College of Music de Londres. Cette composition, oubli\u00e9e pendant de nombreuses ann\u00e9es, ne sera cr\u00e9\u00e9e qu&#8217;en 1997 avec Kent Nagano \u00e0 la baguette, longtemps apr\u00e8s la mort du compositeur. C&#8217;est pourtant une oeuvre originale, d\u00e9j\u00e0 par l&#8217;atmosph\u00e8re, puis par l&#8217;approche musicale et esth\u00e9tique qui entrouvre la porte aux oeuvres majeures de Benjamin Britten ; ne retrouve-t-on pas quelques accords qui nous font penser \u00e0 son op\u00e9ra &#8221; The Turn of the screw &#8221; par exemple ? Bas\u00e9 sur les atmosph\u00e8res et les sonorit\u00e9s, ce double concerto s&#8217;emploie \u00e0 faire ressortir les teintes chaudes de l&#8217;alto dans un dialogue avec un violon qui sait rentrer dans le son de cet instrument. Aucun \u00e9change virulent entre les deux solistes, mais une conversation intelligente, entre deux personnes qui restent courtoises et amicales m\u00eame si leurs points de vues sont quelquefois divergents, ponctu\u00e9e par des interventions solistes comme pour \u00e9tayer le propos. Il n&#8217;emp\u00eache que ces interventions souvent jou\u00e9es avec des accents qui d\u00e9structurent les rythmes, d\u00e9montrent, d\u00e9j\u00e0, la grande ma\u00eetrise du jeune compositeur dans l&#8217;art de la composition. Si cette oeuvre peut para\u00eetre d\u00e9concertante dans son originalit\u00e9, elle reste, malgr\u00e9 sa modernit\u00e9, une oeuvre m\u00e9lodieuse que l&#8217;on a plaisir \u00e0 \u00e9couter et que l&#8217;on voudrait voir plus souvent \u00e0 l&#8217;affiche tant les pi\u00e8ces \u00e9crites pour ces deux instruments concertants sont rares. <b>Mayumi Seiler <\/b>(violon ) et <b>Naomi Seiler <\/b>(alto), ont fond\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t avec leurs deux autres soeurs un quatuor \u00e0 cordes, (le Quatuor Seiler). Faisant chacune des carri\u00e8res s\u00e9par\u00e9es, elles se retrouvent souvent lors de concerts. Li\u00e9es par la musicalit\u00e9 profonde des artistes qui ont l&#8217;habitude de jouer ensemble, elles interpr\u00e8tent ce soir ce double concerto avec aisance, \u00e9l\u00e9gance et un grand sens de l&#8217;esth\u00e9tisme. Sous leurs doigts et leur unisson d&#8217;archets, les notes ont une r\u00e9sonance particuli\u00e8re ; sans les voir, on pourrait penser qu&#8217;une seule personne joue sur un instrument au registre \u00e9tendu. Cette musique descriptive, parfois impressionniste, est jou\u00e9e avec d\u00e9licatesse sur des notes tenues \u00e0 la clarinette qui entretiennent le myst\u00e8re. Cette oeuvre pourrait s&#8217;apparenter \u00e0 une pi\u00e8ce concertante pour plusieurs instruments car, si son \u00e9criture fait ressortir les deux solistes, leurs sonorit\u00e9s servent quelques fois d&#8217;\u00e9crin aux notes perl\u00e9es du hautbois ou de la clarinette. Les bariolages d&#8217;archets, jou\u00e9s telles des broderies, ressortent avec finesse. Souplesse, intelligence dans l&#8217;interpr\u00e9tation, notes suspendues font de ce double concerto un moment de gr\u00e2ce jou\u00e9 avec d\u00e9licatesse par deux artistes aussi belles que talentueuses. Un Bis bien choisi nous laissera dans cette atmosph\u00e8re apais\u00e9e ; le 3\u00e8me mouvement du duo de Mozart en r\u00e9 majeur, jou\u00e9 dans une communion de style et une m\u00eame compr\u00e9hension musicale, nous fera appr\u00e9cier la s\u00fbret\u00e9 de mains gauches, l&#8217;ensemble parfait des respirations et le petit c\u00f4t\u00e9 enjou\u00e9 et spirituel de Mozart. Un moment d\u00e9licieux pass\u00e9 en compagnie de deux artistes qui jouent pour leur plaisir et le n\u00f4tre plus s\u00fbrement encore. Un immense bravo. Pour terminer ce programme, la symphonie No15 de Chostakovitch avait \u00e9t\u00e9 choisie. Loin du bruit et des allusions au r\u00e9gime r\u00e9pressif de Staline, cette symphonie \u00e9crite dans un mode majeur, et malgr\u00e9 quelques r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la mort de Seigfreid (Ring de Richard Wagner), est plus m\u00e9lancolique que pessimiste ; certains la voyant m\u00eame comme une oeuvre autobiographique. Ses citations et r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 d&#8217;autres oeuvres, d&#8217;autres compositeurs ne sont pas anodines ; ainsi l&#8217;Ouverture de Guillaume Tell cit\u00e9e d\u00e8s le premier mouvement, pourrait bien, de part le sujet de l&#8217;op\u00e9ra, ramener le compositeur \u00e0 certains moments de sa propre vie. Mis \u00e0 part Rossini, ou Wagner, Chostakovitch fera r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Gustav Mahler ainsi qu&#8217;\u00e0 certaines de ses propres oeuvres. Cette symphonie \u00e9crite en l&#8217;\u00e9t\u00e9 1971, alors que le compositeur est en convalescence, sera jou\u00e9e pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Moscou en 1972 sous la baguette de son fils Maxime. Divis\u00e9e en quatre mouvements, cette oeuvre d&#8217;une grande originalit\u00e9 dans sa conception est aussi d&#8217;un grand int\u00e9r\u00eat musical. Le premier mouvement (un magasin o\u00f9 les jouets s&#8217;animent la nuit), nous am\u00e8ne aussi vers la mort, la disparition et la solitude, mais avec lenteur et sans trop de trag\u00e9die avec en m\u00e9moire des po\u00e9sies populaires juives. Glockenspiel, woodblock, fouet, ces instruments sont l\u00e0 pour \u00e9tayer certaines ambiances ou rythmer les longs passages jou\u00e9s par les instruments solistes ; le solo de violoncelle, interpr\u00e9t\u00e9 avec beaucoup d&#8217;int\u00e9riorit\u00e9 pourrait m\u00eame \u00eatre une page d&#8217;un mouvement lent de concerto, alors que le violon solo dialogue d&#8217;une fa\u00e7on plus enjou\u00e9e avec la clarinette. Tous les soli devraient \u00eatre cit\u00e9s tant ils sont jou\u00e9s avec maestria, que ce soit au tuba au trombone o\u00f9 \u00e0 la trompette ente autres, avec un choral de cuivres d&#8217;une grande spiritualit\u00e9. L&#8217;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du quatuor est aussi \u00e0 noter tant les atmosph\u00e8res souvent changeantes sont abord\u00e9es avec souplesse ou d\u00e9termination. Comme dans le double concerto de Benjamin Britten, cette symphonie ressemble \u00e0 une longue conversation o\u00f9 chaque instrument s&#8217;exprime avec ses couleurs, les cuivres approuvant tels des sages qui prendraient la parole. Les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Richard Wagner sont bien amen\u00e9es, passant des trombones aux cors pour, dans une atmosph\u00e8re diff\u00e9rente, arriver jusqu&#8217;aux violons. Etrange final, qui nous laisse dans une songerie paisible avec quelques notes de Glockenspiel en suspension. Les sonorit\u00e9s, les rythmes, les respirations ont marqu\u00e9 cette symphonie dirig\u00e9e par un chef d&#8217;orchestre sobre qui a su insuffler aux musiciens \u00e0 l&#8217;\u00e9coute sa propre vision de l&#8217;oeuvre tout en donnant une grande unit\u00e9 et beaucoup de profondeur \u00e0 ces touches de couleurs et ces moments d&#8217;introspection. Un concert qui porte \u00e0 la r\u00e9flexion et \u00e0 l&#8217;apaisement dans ces moments de troubles et de fracas. Une belle soir\u00e9e de musique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Op\u00e9ra de Marseille, saison 2015 \/ 2016 Orchestre philharmonique de Marseille Direction musicale\u00a0 Andris Poga Violon Mayumi Seiler [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":83146,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[15440,931,4354,9354,143,15441,15442,5698],"class_list":["post-83145","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-andris-poga","tag-benjamin-britten","tag-dmitri-sciostakovic","tag-foreign-readers","tag-gioachino-rossini","tag-mayumi-seiler","tag-naomy-seiler","tag-orchestre-philarmonique-de-marseille"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83145","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=83145"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83145\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/83146"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=83145"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=83145"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=83145"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}