{"id":83162,"date":"2015-11-28T02:33:08","date_gmt":"2015-11-28T01:33:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=83162"},"modified":"2016-11-25T13:26:53","modified_gmt":"2016-11-25T12:26:53","slug":"cosi-fan-tutte-a-lopera-de-toulon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/cosi-fan-tutte-a-lopera-de-toulon\/","title":{"rendered":"&#8220;Cos\u00ec fan tutte&#8221; a l&#8217;Op\u00e9ra de Toulon"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_1_1449098986646_2104\">Toulon, Op\u00e9ra saison 2015 \/ 2016<br \/>\n<\/i><b id=\"yui_3_16_0_1_1449098986646_2103\">&#8220;COS\u00cc FAN TUTTE&#8221;<br \/>\n<\/b>Op\u00e9ra en deux actes, livret de Lorenzo da Ponte<br \/>\nMusique\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1449098986646_2102\">Wolfgang Amadeus Mozart<br \/>\n<\/b><i>Fiordiligi\u00a0 <\/i>MARIE-ADELINE HENRY<br \/>\n<i>Dorabella\u00a0 <\/i>MARIE GAUTROT<br \/>\n<i>Despina<\/i>\u00a0 ANNA KASYAN<br \/>\n<i>Ferrando<\/i>\u00a0 LEONARDO FERRANDO<br \/>\n<i>Guglielmo<\/i>\u00a0 ALEXANDRE DUHAMEL<br \/>\n<i>Don Alfonso<\/i>\u00a0 RICCARDO NOVARO<br \/>\nOrchestre et Choeur de l&#8217;Op\u00e9ra de Toulon<br \/>\nDirection musicale\u00a0 <b>Darrell Ang<br \/>\n<\/b>Chef de choeur\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1449098986646_2110\">Christophe Bernollin<\/b><br \/>\nMise en sc\u00e8ne\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1449098986646_2113\">Gilles Bouillon<br \/>\n<\/b>Dramaturgie\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1449098986646_2112\">Bernard Pico<br \/>\n<\/b>D\u00e9cors\u00a0 <b>Nathalie Holt<br \/>\n<\/b>Costumes\u00a0 <b>Marc Anselmi<br \/>\n<\/b>Lumi\u00e8res\u00a0 <b>Marc Delam\u00e9zi\u00e8re<br \/>\n<\/b><i>Toulon, le 24 novembre 2015<br \/>\n<\/i>C&#8217;est Wolgang Amadeus Mozart, qui nous \u00e9tait propos\u00e9 en ce mois de novembre \u00e0 l&#8217;Op\u00e9ra de Toulon avec son op\u00e9ra Cosi fan Tutte. Ce <i id=\"yui_3_16_0_1_1449098986646_2182\">dramma giocoso<\/i> en deux actes, trait\u00e9 sur le mode <i>buffa,<\/i> est en fait une commande de l&#8217;empereur d&#8217;Autriche Joseph II qui souhait une oeuvre l\u00e9g\u00e8re. Inspir\u00e9 d&#8217;un fait r\u00e9el qui avait amus\u00e9 tout Vienne, le sujet n&#8217;\u00e9tait pas pour d\u00e9plaire au souverain qui ne s&#8217;\u00e9tait affranchi que tr\u00e8s tardivement du joug de sa m\u00e8re. Bien qu&#8217;il soit abord\u00e9 de fa\u00e7on l\u00e9g\u00e8re et comique, ce sujet peut pr\u00eater \u00e0 r\u00e9flexion. C&#8217;est ce que Mozart nous d\u00e9montre avec sa subtilit\u00e9 et son humour habituels. Compos\u00e9 en un peu plus d&#8217;un mois avec le concours de Lorenzo da Ponte dont ce sera la troisi\u00e8me collaboration, cet op\u00e9ra sera tr\u00e8s bien accueilli par le public \u00e0 sa cr\u00e9ation le 26 Janvier 1790 mais, \u00e0 cause du d\u00e9c\u00e8s de l&#8217;empereur survenu en f\u00e9vrier de la m\u00eame ann\u00e9e, il sera retir\u00e9 de l&#8217;affiche au bout de quelques repr\u00e9sentations seulement. Il restera n\u00e9anmoins avec <em>Les noces de Figaro<\/em> et<em> Don Juan<\/em>, une des oeuvres de Mozart les plus repr\u00e9sent\u00e9es de par le monde. Don Alfonso, vieux c\u00e9libataire cynique, veut prouver l&#8217;inconstance des femmes \u00e0 deux jeunes amoureux de ses amis ; mais il fera ainsi, ressortir aussi la vanit\u00e9 et la suffisance masculine. Pourrait-on conclure par un match nul dans ce jeu de l&#8217;amour et du hasard d\u00e9j\u00e0 cher \u00e0 Marivaux ? Cet op\u00e9ra commenc\u00e9 de fa\u00e7on joyeuse, et bien que se terminant par un double mariage, sa fin nous laissera un peu dubitatifs quant au bonheur futur de cette union. Cosi fan Tutte n&#8217;en reste pas moins un chef d&#8217;oeuvre d&#8217;imagination et de ma\u00eetrise musicale tant la composition colle aux diff\u00e9rents sentiments et ambiances \u00e9voqu\u00e9s ; h\u00e9ro\u00efsme, \u00e9motions, intimit\u00e9, humour, tout est inscrit dans la partition orchestrale. La dramaturgie de <b>Bernard Pico<\/b> change bien peu de chose en somme, le lieu, l&#8217;\u00e9poque mais il reste tr\u00e8s proche du livret. <b>Gilles Bouillon <\/b>signe une mise en sc\u00e8ne qui, bien que transpos\u00e9e dans les ann\u00e9es 1950 peut-\u00eatre, colle \u00e0 la musique et \u00e0 l&#8217;atmosph\u00e8re voulue par le compositeur. Si son Simon Boccanegra, mont\u00e9 sur cette m\u00eame sc\u00e8ne la saison derni\u00e8re, nous avait paru sans grande originalit\u00e9, nous appr\u00e9cions ici sa mise en sc\u00e8ne qui, sans un grand d\u00e9ploiement de moyens mais avec beaucoup d&#8217;ing\u00e9niosit\u00e9 fait ressortir la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du propos et atteint son but ; tout ceci avec une excellente direction des acteurs. Les d\u00e9cors de <b>Nathalie Holt<\/b> sont simples mais efficaces ; une grande salle en d\u00e9cor unique o\u00f9 quelques pi\u00e8ces de mobilier d\u00e9limiteront les diff\u00e9rents espaces ; une grande porte vitr\u00e9e mobile, un billard, un petit paravent suffiront \u00e0 nous transporter en divers endroits ; nous nous retrouverons dans le jardin par le truchement d&#8217;un citronnier ou de roses port\u00e9es par l&#8217;ensemble du choeur transform\u00e9 en jardiniers. Rien ne viendra casser le rythme qui anime cette partition; les lumi\u00e8res qui \u00e9clairent les teintes pastel du mobilier et des costumes sont appropri\u00e9es aux atmosph\u00e8res et aux situations. Comme pour le Vaisseau fant\u00f4me, Cl\u00e9op\u00e2tre ou Elektra, nous appr\u00e9cions les \u00e9clairages con\u00e7us par <b>Marc Delam\u00e9zi\u00e8re<\/b> qui passent des couleurs cr\u00e9pusculaires \u00e0 un \u00e9clairage plu cru dans le jardin ou \u00e0 de jolis contre-jours. Les costumes vintage cr\u00e9\u00e9s par <b>Marc Anselmi<\/b> contribuent sans ostentation \u00e0 nous laisser dans ce marivaudage ; qui, avec des robes fra\u00eeches ou des pantalons corsaires, qui, en costumes d&#8217;albanais coiff\u00e9s de fez. Pour garder la fra\u00eecheur et la d\u00e9licatesse de cette partition, <b>Darrell Ang <\/b>\u00e9tait \u00e0 la baguette et coordonnait avec beaucoup de talent et de gestes \u00e9l\u00e9gants plateau et orchestre. Si la musique de Mozart est difficile \u00e0 chanter, elle n&#8217;est pas non plus si facile \u00e0 diriger. Rien ne doit rompre le charme de cette musique ; aucun accent exag\u00e9r\u00e9, aucune duret\u00e9 dans les accords ne sont permis. Ce jeune chef n\u00e9 \u00e0 Singapour fait un d\u00e9but de carri\u00e8re fulgurant couronn\u00e9 de nombreux prix. Il a su choisir ici des tempi justes pour une Ouverture enlev\u00e9e, tout en laissant chanter l&#8217;orchestre avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 pour des passages plus lents. Avec une grande compr\u00e9hension des chanteurs qu&#8217;il accompagne avec souplesse et une belle intelligence musicale, il fait ressortir les doutes, les moments plus dramatiques ou plus l\u00e9gers avec subtilit\u00e9. Aussi \u00e0 l&#8217;aise dans les partitions de Verdi que celles de Mozart, l&#8217;orchestre fait preuve ici de souplesse et de musicalit\u00e9 avec des cordes agiles, des attaques nettes \u00e0 la petite harmonie, ou un solo de cor \u00e0 la sonorit\u00e9 chaude. Le plateau homog\u00e8ne fera de cette repr\u00e9sentation un moment de musique des plus agr\u00e9able. Six personnages de premier plan et peu de choeur, donnent une valeur plus intimiste et r\u00e9aliste \u00e0 cette oeuvre. <b>Marie-Adeline Henry<\/b> est une Fiordiligi \u00e0 la voix de soprano bien plac\u00e9e ; elle fait preuve d&#8217;une grande musicalit\u00e9 avec des vocalises \u00e0 l&#8217;aise. Ses graves color\u00e9s font place \u00e0 des demi-teintes timbr\u00e9es et des aigus clairs et puissants. A la fois tendre ou mutine, elle est tout \u00e0 fait bien dans ce r\u00f4le interpr\u00e9t\u00e9 avec beaucoup de gr\u00e2ce. <b>Marie Gautrot<\/b> est une Dorabella dont la voix de mezzo-soprano s&#8217;accorde tr\u00e8s bien avec celle de Fiordiligi de par le timbre et la rondeur de son. Plus sensuelle, elle est aussi plus d\u00e9lur\u00e9e que sa soeur faisant preuve de d\u00e9termination avec une voix puissante et assur\u00e9e. Tr\u00e8s cr\u00e9dible aussi sc\u00e9niquement, elle a une fa\u00e7on tr\u00e8s baroque de commencer le vibrato apr\u00e8s la prise de note qui lui donne un style en accord avec la musique de Mozart. Ses graves color\u00e9s r\u00e9pondent aux couleurs du baryton dans les ensembles. Despina est ici chant\u00e9e par <b>Anna Kazyan.<\/b> Aussi amusante dans les r\u00f4les de composition du docteur et du notaire que mozartienne en Despina, elle forme avec Fiordiligi et Dorabella un trio f\u00e9minin des plus talentueux et des plus homog\u00e8nes. Sa voix, \u00e9quilibr\u00e9e et timbr\u00e9e dans chaque tessiture, qu&#8217;elle utilise avec charme et musicalit\u00e9 la fait participer \u00e0 par enti\u00e8re au succ\u00e8s de la pi\u00e8ce. Avec un grand sens du phras\u00e9 et une tr\u00e8s bonne compr\u00e9hension de la musique de Mozart, elle est aussi \u00e0 l&#8217;aise vocalement que sc\u00e9niquement. Face \u00e0 ce trio f\u00e9minin de haut niveau, trois voix masculines aux registres diff\u00e9rents vont \u00e9quilibrer cet ensemble vocal. Un t\u00e9nor,\u00a0<b>Leonardo Ferrando<\/b> est ce jeune homme, Ferrando. Sans aucun doute plus sentimental que son condisciple, il a la voix du belcantiste. Cette voix un peu haut perch\u00e9e qui lui fait appr\u00e9hender des r\u00f4les tels que le Comte Amalviva (Le Barbier de S\u00e9ville), Don Ottavio (Don Juan), Nemorino (L&#8217;Elisir d&#8217;Amore) ou Tamino (Die Zauberfl\u00f6te) et qui est tout \u00e0 fait \u00e0 sa place ici. Chantant avec sensibilit\u00e9 et justesse, ses aigus puissants et sa musicalit\u00e9 en font un Ferrando tr\u00e8s convaincant que l&#8217;on a plaisir \u00e0 \u00e9couter. <b>Alexandre Duhamel <\/b>est un Guglielmo tout \u00e0 fait \u00e0 l&#8217;aise dans ce r\u00f4le d&#8217;homme s\u00fbr de lui et de son charme ravageur. Avec sa voix large et sonore de baryton qu&#8217;il utilise avec intelligence et vaillance, il investit la sc\u00e8ne avec une grande pr\u00e9sence. La voix est belle, ronde et chaleureuse, lui permettant beaucoup de fantaisies. C&#8217;est avec beaucoup de style que les deux comp\u00e8res chantent en duo. <b>Riccardo Novaro<\/b> est le cynique Don Alfonso. Il interpr\u00e8te ce r\u00f4le avec un peu de recul, regardant les \u00e9v\u00e8nement avec le d\u00e9tachement de celui qui savait. Vocalement, il fait r\u00e9sonner les graves avec le s\u00e9rieux qu&#8217;il met dans toutes choses. Tr\u00e8s en place, vocalement, il \u00e9quilibre les sextuors en faisant sonner les basses. sa voix homog\u00e8ne n&#8217;exclue pas une certaine profondeur. Quatuors et sextuors sont chant\u00e9s avec une grande rigueur rythmique laissant avancer la musique dans des tempi souvent changeants. Le choeur dont les interventions sont assez courtes chante lui aussi avec beaucoup de pr\u00e9cision. Cette interpr\u00e9tation tr\u00e8s enlev\u00e9e de Cosi fan Tutte a enchant\u00e9 le public qui a applaudi avec beaucoup d&#8217;enthousiasme le plateau, le chef et l&#8217;orchestre. Un grand bravo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toulon, Op\u00e9ra saison 2015 \/ 2016 &#8220;COS\u00cc FAN TUTTE&#8221; Op\u00e9ra en deux actes, livret de Lorenzo da Ponte [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":83165,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[8087,15454,15452,589,15451,9354,14198,15455,14200,7159,11456,9250,15453,4468,1592,253],"class_list":["post-83162","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-alexandre-duhamel","tag-anna-kazyan","tag-bernard-pico","tag-cosi-fan-tutte","tag-darrell-ang","tag-foreign-readers","tag-gilles-bouillon","tag-leonardo-ferrando","tag-marc-anselmi","tag-marc-delameziere","tag-marie-adeline-henry","tag-marie-gautrot","tag-nathalie-holt","tag-opera-de-toulon","tag-riccardo-novaro","tag-wolfgang-amadeus-mozart"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83162","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=83162"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83162\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":83167,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83162\/revisions\/83167"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/83165"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=83162"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=83162"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=83162"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}