{"id":83637,"date":"2016-01-19T20:09:38","date_gmt":"2016-01-19T19:09:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=83637"},"modified":"2016-12-09T03:13:23","modified_gmt":"2016-12-09T02:13:23","slug":"tito-munoz-magali-demess-a-lopera-de-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/tito-munoz-magali-demess-a-lopera-de-marseille\/","title":{"rendered":"Tito Munoz &#038; Magali Demess a l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_1_1453208962752_32408\">A l&#8217;Op\u00e9ra, Marseille, saison 2015 \/ 2016<br \/>\n<\/i><b id=\"yui_3_16_0_1_1453208962752_32407\">Orchestre Philharmonique de Marseille<br \/>\n<\/b>Direction musicale\u00a0 <b>Tito Munoz<br \/>\n<\/b>Alto\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_1_1453208962752_32412\">Magali Demesse<br \/>\n<\/b><i id=\"yui_3_16_0_1_1453208962752_32406\">Richard Wagner: &#8220;<\/i>Lohengrin&#8221;, Pr\u00e9ludes des 1er et 3e actes<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_1_1453208962752_32413\">William Walton: <\/i>Concerto pour alto et orchestre<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_1_1453208962752_32414\">Piotr Ilytch Tcha\u00efkovski:<\/i>\u00a0 Symphonie No 4 en fa mineur<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_1_1453208962752_32415\">Marseille, le 16 janvier 2016<br \/>\n<\/i>Pour le premier concert de l&#8217;ann\u00e9e dans la salle de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille, l&#8217;Orchestre Philharmonique nous proposait un programme \u00e9clectique mais tr\u00e8s attractif : les Pr\u00e9ludes des 1er et 3e actes de <em>Lohengrin<\/em> de Richard Wagner, le Concerto pour alto et orchestre de William Walton, ainsi que la Symphonie No 4 en fa mineur de Piotr Ilytch Tcha\u00efkovski, avec en soliste Magali Demesse et Tito Munoz \u00e0 la baguette. Si <strong>Magali Demesse<\/strong> est une soliste reconnue et appr\u00e9ci\u00e9e par le public marseillais, <strong>Tito<\/strong> <strong>Munoz<\/strong>, lui, prenait place pour la premi\u00e8re fois, sur le podium \u00e0 la t\u00eate de l&#8217;Orchestre Philharmonique. Promu \u00e0 un brillant avenir, ce jeune trentenaire New-Yorkais qui a commenc\u00e9 ses \u00e9tudes musicales par l&#8217;apprentissage du violon, s&#8217;est tr\u00e8s vite d\u00e9couvert une passion pour la direction musicale ; passion qu&#8217;il mettra en pratique d\u00e8s ses 22 ans en \u00e9tant nomm\u00e9 chef assistant de l&#8217;Orchestre Symphonique de Cincinnati. Appel\u00e9 pour \u00eatre Directeur musical de l&#8217;Orchestre National de Lorraine, il quittera son poste au bout de deux ans, pr\u00e9f\u00e9rant continuer sa carri\u00e8re aux Etats-Unis. Commencer un concert par le Pr\u00e9lude de l&#8217;acte I de Lohengrin, c&#8217;est transporter l&#8217;auditeur dans une autre dimension, et cela d\u00e8s la premi\u00e8re attaque pianissimo. Avec une intensit\u00e9 de son, contenue et soutenue, les violons font un tapis moelleux \u00e0 la m\u00e9lodie reprise par l&#8217;harmonie, montant en crescendo jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9clat des cuivres et des cymbales. Le tempo \u00e9tir\u00e9, sans trop de lenteur, permet d&#8217;exprimer les divers sentiments et atmosph\u00e8res dans une belle coh\u00e9rence musicale. C&#8217;est avec une grande d\u00e9licatesse que l&#8217;orchestre d\u00e9roule le fil conducteur de ce pr\u00e9lude orchestral alternant chants et contre chants dans une harmonie o\u00f9 chaque instrument a sa place. La spiritualit\u00e9 sous-jacente dans chaque oeuvre de Wagner prend ici toute sa dimension pour finir\u00a0 dans un souffle, jou\u00e9 pianissimo au violon. La marche des fian\u00e7ailles de l&#8217;acte III nous offre une tout autre atmosph\u00e8re ; beaucoup plus \u00e9clatante, elle est jou\u00e9e dans un tempo mod\u00e9r\u00e9 enlevant le c\u00f4t\u00e9 un peu trop martial de certaines interpr\u00e9tations. On remarque la fougue des archets dans un d\u00e9tach\u00e9 investi, le joli phras\u00e9 des violoncelles dans les lignes musicales, et l&#8217;\u00e9clat des cuivres et des cymbales qui ont trouv\u00e9 une rondeur de son jusque dans le fortissimo. Tito Munoz a su r\u00e9unir ici l&#8217;orchestre dans une coh\u00e9sion musicale esth\u00e9tique, rendant avec justesse les intentions de Richard Wagner.<br \/>\nEminemment britannique ( il sera m\u00eame anobli en 1951 ) , le compositeur William Walton restera assez m\u00e9connu en France. N\u00e9 dans le Lancashire en 1902, il passera les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie dans l&#8217;\u00eele d&#8217;Ischia o\u00f9 il mourra en 1983. Son \u00e9criture moderne lui vaudra une renomm\u00e9e internationale. Restant un peu en marge des circuits traditionnels, ce compositeur qui a commenc\u00e9 l&#8217;\u00e9criture musicale en autodidacte, n&#8217;abandonnera toutefois jamais une certaine forme classique. Magali Demesse, alto solo depuis 1994 au sein de l&#8217;Orchestre Philharmonique de Marseille, nous avait procur\u00e9, il y a peu, le plaisir de d\u00e9couvrir le concerto pour alto de Henri Tomasi qui n&#8217;avait plus \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 depuis sa cr\u00e9ation en 1961. Elle allait d\u00e9fendre avec talent, ce soir, une oeuvre majeure de William Walton, bien connue des altistes. Initialement compos\u00e9 pour Lionel Tertis, ce concerto sera finalement cr\u00e9\u00e9 le 3 octobre 1929 aux Concerts Promenades de Londres par Paul Hindemith. Cette pi\u00e8ce est un m\u00e9lange de modernit\u00e9 et de romantisme ; con\u00e7ue en trois mouvements : Andante, Vivo, Allegro moderato, elle a la particularit\u00e9 de d\u00e9buter par un mouvement lent, suivi par deux autres rapides. On remarque imm\u00e9diatement la ma\u00eetrise de la soliste qui s&#8217;impose d\u00e8s les premiers sons <i>piano<\/i> paraissant \u00eatre jou\u00e9s avec un crin de l&#8217;archet. Nous sommes tout de suite subjugu\u00e9s par cette oeuvre, qui met en valeur toutes les possibilit\u00e9s de l&#8217;instrument qui garde un rapport fusionnel avec l&#8217;orchestre dans les dialogues et les nuances, sur une orchestration tr\u00e8s moderne. Le son velout\u00e9 de l&#8217;alto, jamais couvert par l&#8217;orchestre, peut donner ici toute sa dimension. L&#8217;aisance de la soliste nous impressionne en premier lieu ; la puissance \u00e9motionnelle est perceptible dans le moindre de ses <i>pianissimo<\/i>, et si chaque intention tient certainement de l&#8217;\u00e9tude approfondie de la partition, elle para\u00eet ici couler de source, comme improvis\u00e9e au fil des phrases musicales. Ce mouvement lent, qui fait ressortir les sons profonds et nostalgiques de l&#8217;alto, est empreint d&#8217;\u00e9motion jusque dans les rythmes jou\u00e9s avec nettet\u00e9 et souplesse dans un d\u00e9tach\u00e9 tr\u00e8s ma\u00eetris\u00e9. Le Vivo met en \u00e9vidence la virtuosit\u00e9 de la soliste. Avec un grand d\u00e9ploiement d&#8217;archet et une dext\u00e9rit\u00e9 de main gauche \u00e9bouriffante, Magali Demesse nous fait entendre des sons percutants et clairs, aussi bien dans le d\u00e9tach\u00e9 \u00e9blouissant que dans les accords tranch\u00e9s qui gardent une sonorit\u00e9 ronde en harmonie avec l&#8217;orchestre. Cette \u00e9tonnante composition sait aussi faire ressortir\u00a0 quelques moments d&#8217;humour, telle cette exposition jou\u00e9e au basson qui introduit l&#8217;Allegro moderato avec une r\u00e9ponse imm\u00e9diate de l&#8217;alto dont le phras\u00e9 et le legato sont d&#8217;une\u00a0 musicalit\u00e9 \u00e9vidente. Une longue partie pour orchestre seul nous laisse entrevoir les diff\u00e9rentes facettes du compositeur qui donne libre cours \u00e0 des accords jazzy ou \u00e0 une ambiance hollywoodienne, dont l&#8217;ensemble rythmique et sonore fait ressortir le travail effectu\u00e9 en amont par le chef d&#8217;orchestre. Ce concerto dont la composition nous a enchant\u00e9s, nous laissera le souvenir d&#8217;une interpr\u00e9tation magistrale, o\u00f9 technique et musicalit\u00e9 \u00e9taient pr\u00e9sentes dans le moindre coup d&#8217;archet ou la plus simple respiration, mais aussi dans la virtuosit\u00e9 toujours empreinte de charme et d&#8217;\u00e9l\u00e9gance. Mille bravos pour cette le\u00e7on de musicalit\u00e9. La deuxi\u00e8me partie de ce programme \u00e9tait consacr\u00e9e \u00e0 la Symphonie No 4 de Piotr Ilytch Tcha\u00efkovski. Cette symphonie en quatre mouvements, d\u00e9dicac\u00e9e \u00e0 Madame von Meck sa m\u00e9c\u00e8ne, dont les trois premiers mouvements furent \u00e9crits \u00e0 Venise, sera cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Moscou le 10 f\u00e9vrier 1878 avec Nikola\u00ef Rubinstein \u00e0 la baguette ; elle restera la symphonie la plus jou\u00e9e \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle.<br \/>\nFigure dominante du romantisme russe du XIXe, Tcha\u00efkovski ajoute ici une dimension nouvelle \u00e0 sa symphonie, celle du destin, dont le th\u00e8me r\u00e9curent est jou\u00e9 par les cuivres. Comme toutes les oeuvres de ce compositeur, celle-ci est empreinte de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et de sinc\u00e9rit\u00e9 ; g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 des sons, des explosions, et sinc\u00e9rit\u00e9 des sentiments, souvent contradictoires. Les sonorit\u00e9s larges des cors et l&#8217;\u00e9clat des trompettes nous font r\u00e9aliser, d&#8217;entr\u00e9e, que nul ne pourra \u00e9chapper \u00e0 ce destin qui se rappelle \u00e0 nous par les rythmes et les sons. C&#8217;est avec une gestuelle large et claire, mais toutefois assez r\u00e9p\u00e9titive, sans rapport parfois avec l&#8217;atmosph\u00e8re et les nuances demand\u00e9es, que Tito Munoz entra\u00eene son orchestre. S&#8217;il arrive \u00e0 trouver une unit\u00e9 sonore entre quatuor et harmonie et une belle homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des cordes, c&#8217;est dans les encha\u00eenements du discours et des phrases musicales que la coh\u00e9sion fait d\u00e9faut. Des mont\u00e9es en crescendo trop \u00e9clatantes et des rythmes trop marqu\u00e9s enl\u00e8vent un peu de poids \u00e0 ce destin omnipr\u00e9sent. Les couleurs, les sonorit\u00e9s, sont pr\u00e9sentes, avec des attaques d&#8217;un bel ensemble, et des interventions de solistes toujours justes et en place musicalement ; alors, que manque-t-il ? Le Scherzo, jou\u00e9 pizzicato au quatuor apporte un peu de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et de myst\u00e8re avant un moment de musique aux accents folkloriques. Mais le destin se rappelle \u00e0 nous dans l&#8217;\u00e9clat du dernier mouvement interpr\u00e9t\u00e9 dans un tempo vif et puissant. Les notes jou\u00e9es au quatuor s&#8217;\u00e9coulent avec souplesse pour revenir \u00e0 des moments plus nostalgiques aux accents slaves. Ces changements d&#8217;atmosph\u00e8res o\u00f9 les passages <i>piano<\/i> sont interrompus par des interventions violentes des cuivres, sont le reflet de l&#8217;\u00e2me tourment\u00e9e de Tcha\u00efkovski. Si l&#8217;on comprend les intentions du chef d&#8217;orchestre qui a r\u00e9ussi \u00e0 trouver de belles couleurs, c&#8217;est sans doute la coh\u00e9sion musicale qui fait le plus d\u00e9faut ici. On \u00e9coute cette symphonie comme on feuillette un livre d&#8217;images, souvent fortes et justes, sans r\u00e9ussir \u00e0 trouver le fil conducteur. Dans cette deuxi\u00e8me partie du concert, Tito Munoz fait sonner son orchestre tout en restant un peu ext\u00e9rieur, certainement plus \u00e0 l&#8217;aise dans les rythmes de Walton que dans le romantisme de Tcha\u00efkovski. Une soir\u00e9e qui laissera en m\u00e9moire de beaux moments musicaux, surtout en premi\u00e8re partie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&#8217;Op\u00e9ra, Marseille, saison 2015 \/ 2016 Orchestre Philharmonique de Marseille Direction musicale\u00a0 Tito Munoz Alto\u00a0 Magali Demesse [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":83639,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[9354,13171,4178,6066,173,15670,15671],"class_list":["post-83637","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-foreign-readers","tag-magali-demesse","tag-orchestre-philharmonique-de-marseille","tag-piotr-ililictchajkovskij","tag-richard-wagner","tag-tito-munoz","tag-william-walton"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83637","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=83637"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83637\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":83638,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/83637\/revisions\/83638"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/83639"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=83637"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=83637"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=83637"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}