{"id":84528,"date":"2016-03-26T03:41:55","date_gmt":"2016-03-26T02:41:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=84528"},"modified":"2016-03-28T03:51:18","modified_gmt":"2016-03-28T01:51:18","slug":"festival-de-paques-daix-en-provence-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/festival-de-paques-daix-en-provence-2016\/","title":{"rendered":"Festival de P\u00e2ques d&#8217;Aix-en-Provence 2016:"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459081673565_21267\">Grand Th\u00e9\u00e2tre d&#8217;Aix-en-Provence, saison 2016<br \/>\n<\/i><b id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459081673565_21266\">Budapest Festival Orchestra, Choeur de femmes de l&#8217;Orfeo Catal\u00e0,<br \/>\nMa\u00eetrise des Bouches-du-Rh\u00f4ne<br \/>\n<\/b>Direction musicale <b>Ivan Fischer<br \/>\n<\/b>Mezzosoprano\u00a0\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459081673565_21265\">Anna Larsson<br \/>\n<\/b><i>Gustav Mahler:\u00a0 <\/i>Symphonie No3 en r\u00e9 mineur<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459081673565_21271\">Aix-en-Provence, le 22 mars 2016<br \/>\n<\/i>Renaud Capu\u00e7on et Dominique Bluzet, tous deux directeurs fondateurs du Festival de P\u00e2ques d&#8217;Aix-en-Provence, le premier pour l&#8217;artistique et le second pour l&#8217;ex\u00e9cutif, avaient programm\u00e9 la monumentale symphonie No3 de Gustave Mahler, pour le concert d&#8217;ouverture de la 4\u00e8me \u00e9dition de ce festival. Gigantesque par sa forme, sa longueur ( entre 90 et 100 minutes selon les interpr\u00e9tations ), et le nombre des ex\u00e9cutants, cette symphonie se suffit \u00e0 elle-m\u00eame dans un programme. C&#8217;est un mets savoureux que l&#8217;on d\u00e9guste sans accompagnement ; car enfin, \u00e0 quelle pi\u00e8ce musicale pourrait-on l&#8217;associer ? Compos\u00e9e en 6 mouvements, pour repr\u00e9senter les \u00e9tapes de la cr\u00e9ation, elle est \u00e0 elle seule un programme entier, o\u00f9 les forces telluriques, la nature sous toutes ses formes, la naissance de l&#8217;homme et enfin, les anges et le divin sont \u00e9voqu\u00e9s. Une masse orchestrale colossale donc, mais aussi un double choeur et une voix de mezzo-soprano aux r\u00e9sonances de contralto sont n\u00e9cessaires. Compos\u00e9e \u00e0 Steinbach, en Allemagne, durant les \u00e9t\u00e9s 1895-1896, cette oeuvre ne sera jou\u00e9e, sous sa forme compl\u00e8te, qu&#8217;en ao\u00fbt 1902, par l&#8217;orchestre de Cologne sous la baguette du compositeur, \u00e9tonn\u00e9 lui-m\u00eame par la puissance et la longueur du 1er mouvement ( 30 minutes ). Cette symphonie, commenc\u00e9e en r\u00e9 mineur et termin\u00e9e en r\u00e9 majeur, n&#8217;est certainement pas une oeuvre pessimiste. Pour interpr\u00e9ter ce monument de la musique, le <b id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459081673565_21272\">Budapest Festival Orchestra<\/b>, \u00e9tait venu jusqu&#8217;\u00e0 Aix-en-Provence avec <b>Ivan Fischer,<\/b> son chef fondateur. Gustav Mahler a mis dans cette symphonie de nombreuses facettes de lui-m\u00eame ; et \u00e0 une question qu&#8217;on lui posait sur la fa\u00e7on de trouver ces sonorit\u00e9s sp\u00e9ciales au compositeur, Ivan Fischer r\u00e9pondait qu&#8217;il fallait simplement se glisser dans la personnalit\u00e9 de Mahler et laisser la musique s&#8217;exprimer, pour qu&#8217;imm\u00e9diatement, le son prenne forme de lui-m\u00eame. Et le son, justement, est ce qui caract\u00e9rise cet orchestre magnifique. Un son qui subjugue, qui enveloppe, jou\u00e9 par l&#8217;ensemble de l&#8217;orchestre, mais aussi individuellement ; et l&#8217;on peut se demander comment, des instruments aussi divers que la petite clarinette ou le trombone aussi bien que le violon, l&#8217;ensemble des cordes ou les trompettes, par exemple, font, pour trouver la m\u00eame sonorit\u00e9 dans les attaques ou les encha\u00eenements. Eh bien, nous pensons que cela tient \u00e0 la magie du chef d&#8217;orchestre. Car il ne suffit pas de diriger l&#8217;orchestre, le chef, avec sa baguette est un cr\u00e9ateur de sons, d&#8217;atmosph\u00e8res et de beaut\u00e9 auditive. Ce soir, Ivan Fischer nous a livr\u00e9 une version extraordinaire de cette symphonie, o\u00f9 respirations, phras\u00e9, couleur et puissance donnaient la r\u00e9plique \u00e0 des <i>pianissimi<\/i> extr\u00eames sur le souffle ou sur un crin des archets. Les deux pieds ancr\u00e9s sur l&#8217;estrade, comme s&#8217;il prenait ses forces dans le sol, Ivan Fischer va, durant plus de 90 minutes, porter l&#8217;orchestre, sans gestes inutiles, mais avec une \u00e9nergie, une clart\u00e9 et une si grande justesse d&#8217;expression, qu&#8217;on en vient \u00e0 l&#8217;oublier. Ivan Fischer ne dirige pas l&#8217;orchestre, il en fait partie, ne dirait-on pas que le son vient de lui ? Avec les contrebasses plac\u00e9es en fond de sc\u00e8ne, face au chef, l&#8217;orchestre est une entit\u00e9 \u00e0 plusieurs voix. D\u00e8s les premi\u00e8res notes l&#8217;\u00e9motion est perceptible, le souffle de Gustav Mahler passe d&#8217;un instrument \u00e0 un autre au travers de sonorit\u00e9s rondes. Il faut entendre les solos du trombone tels une force tranquille un peu aust\u00e8re mais toutefois profonde, qui domine l&#8217;orchestre, le son des timbales plac\u00e9es de part et d&#8217;autre de la sc\u00e8ne, le legato de la petite harmonie, la clart\u00e9 de la trompette aux attaques nettes mais moelleuses ; et que dire du pupitre de cors dont les sonorit\u00e9s \u00e9quilibr\u00e9es se m\u00e9langent aux instruments de l&#8217;orchestre ou r\u00e9sonnent individuellement ? Gustav Mahler joue sur l&#8217;emploi des divers instruments pour cr\u00e9er les atmosph\u00e8res, et cela fonctionne \u00e0 merveille ; les accents, les changements rapides de tempo et les envol\u00e9es des violons donnent le rythme \u00e0 cette symphonie. Le myst\u00e8re est cr\u00e9\u00e9 par la voix profonde d&#8217;<b>Anna Larsson<\/b> dont le velout\u00e9 \u00e9l\u00e8ve et envo\u00fbte. C&#8217;est avec une grande puret\u00e9 de style qu&#8217;elle chante comme un avertissement : &#8221; O mench! gib acht &#8220;, tir\u00e9 du po\u00e8me de Friedrich Nietzsche <i>Ainsi parlait Zarathoustra<\/i> ( chant de minuit ).\u00a0 Un orchestre attentif \u00e0 la voix joue le jeu des respirations et des nuances sur fond d&#8217;appel d&#8217;un hautbois avec des paroles qui portent \u00e0 la r\u00e9flexion. C&#8217;est un moment de gr\u00e2ce que l&#8217;on souhaite prolonger.<b> Le Choeur de femmes de l&#8217;Orfeo Catal\u00e0 <\/b>et les enfants de<b> la Ma\u00eetrise des Bouches-du-Rh\u00f4ne,<\/b> prolongeront cet instant avec leurs voix \u00e9th\u00e9r\u00e9es. Un extrait du recueil <i>Des Knaben Wunderhorn<\/i> ( textes traditionnels allemands ) emportera les \u00e2mes sur les ailes des anges du choeur d&#8217;enfants. Dans cette interpr\u00e9tation, l&#8217;authenticit\u00e9 est r\u00e9gl\u00e9e dans les moindres d\u00e9tails ; souvent jou\u00e9e par un cornet, la partie du cor de postillon est r\u00e9ellement interpr\u00e9t\u00e9e par cet instrument miniature, c&#8217;est une sonorit\u00e9 entre la trompette et le cor, mais plus douce et moins \u00e9clatante ; le cor de postillon, jou\u00e9 avec maestria dans les coulisses, donne ici une couleur particuli\u00e8re \u00e0 cette musique. Dans le dernier mouvement, les cordes seules apportent une certaine tendresse et peut-\u00eatre la m\u00e9lancolie des choses qui s&#8217;ach\u00e8vent, pour retourner vers la tension o\u00f9 chaque instrument apporte sa couleur ; m\u00e9lange des sons, changements rapides des nuances, \u00e9norme <i>crescendo<\/i> en apoth\u00e9ose, longueur des archets tel le souffle d&#8217;un chanteur, pour finir sur une lumi\u00e8re \u00e9clatante avec roulement des timbales en st\u00e9r\u00e9ophonie, les archets <i>tremolo<\/i> jouant comme un orgue. C&#8217;est l&#8217;interpr\u00e9tation grandiose d&#8217;un orchestre \u00e0 la sonorit\u00e9 inimitable, tant l&#8217;intelligence du son de chaque instrument, alli\u00e9e \u00e0 une musicalit\u00e9 et une technique hors pair enchantent le public. Cet orchestre sonnerait-il de la m\u00eame fa\u00e7on sous une autre baguette ? on peut en douter tant on sent le travail d&#8217;Ivan Fischer dans chaque phrase ou chaque attaque. Quel investissement, quelle fougue, quelle connaissance et amour de la musique, mais surtout, quelle humilit\u00e9 dans sa mani\u00e8re de diriger, tr\u00e8s loin du <i>show <\/i>de certains chefs. Quel bonheur lorsque chef, orchestre et compositeur font \u00e9clater la musique dans une fusion esth\u00e9tique totale. Un concert d&#8217;ouverture de festival magistral avec une symphonie monumentale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grand Th\u00e9\u00e2tre d&#8217;Aix-en-Provence, saison 2016 Budapest Festival Orchestra, Choeur de femmes de l&#8217;Orfeo Catal\u00e0, Ma\u00eetrise des Bouches-du-Rh\u00f4ne Direction [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":84529,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[6542,7302,16054,10427,9354,13637,4541,16055],"class_list":["post-84528","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-anna-larsson","tag-budapest-festival-orchestra","tag-choeur-de-femmes-de-lorfeo-catala","tag-festival-de-paques-daix-en-provence","tag-foreign-readers","tag-gustav-albert-lortzing","tag-ivan-fischer","tag-maitrise-des-bouches-du-rhone"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84528","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=84528"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84528\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/84529"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=84528"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=84528"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=84528"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}