{"id":84574,"date":"2016-03-27T03:12:35","date_gmt":"2016-03-27T01:12:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=84574"},"modified":"2016-04-03T02:23:32","modified_gmt":"2016-04-03T00:23:32","slug":"grand-theatre-daix-en-provence-festival-de-paques-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/grand-theatre-daix-en-provence-festival-de-paques-2016\/","title":{"rendered":"Grand Th\u00e9\u00e2tre d&#8217;Aix-en-Provence, Festival de P\u00e2ques 2016"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459633857090_6860\">Grand Th\u00e9\u00e2tre d&#8217;Aix-en-Provence, Festival de P\u00e2ques 2016<br \/>\n<\/i><strong>Orchestre\u00a0<\/strong> <b id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459633857090_6859\">Camerata Salzburg<br \/>\n<\/b>Direction musicale\u00a0<b>Louis Langr\u00e9e<br \/>\n<\/b>Piano\u00a0 <b id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459633857090_6858\">H\u00e9l\u00e8ne Grimaud<br \/>\n<\/b><i id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459633857090_6864\">Maurice Ravel: <\/i>Ma m\u00e8re l&#8217;Oye,\u00a0 Concerto en sol majeur<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459633857090_6857\">Wolfgang Amadeus Mozart: <\/i>Symphonie 41 &#8221; Jupiter &#8221;<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459633857090_6865\">Aix-en-Provence, le 23 mars 2016<\/i><br \/>\nEn inscrivant au m\u00eame programme Ravel et Mozart, le Festival de P\u00e2ques d&#8217;Aix-en-Provence, avait fait un choix judicieux. Pr\u00e8s de 150 ans s\u00e9parent la symphonie <i>Jupiter <\/i>et le <i>concerto en sol,<\/i> et pourtant ! Une \u00e9criture d\u00e9licate, des orchestres peu fournis et des atmosph\u00e8res sugg\u00e9r\u00e9es permettent le parall\u00e8le et laissent l&#8217;auditeur dans une ambiance douce et subtile, malgr\u00e9 certains <i>crescendi<\/i> interpr\u00e9t\u00e9s avec force. <i>Ma m\u00e8re l&#8217;Oye<\/i> de Maurice Ravel, qui d\u00e9butait ce programme, est un petit bijou de d\u00e9licatesse et de musicalit\u00e9. La composition, au plus pr\u00e8s du texte, se fait conteuse, magicienne, et transporte dans un monde merveilleux. Tir\u00e9es du recueil des contes \u00e9crits par Charles Perrault en 1697, Maurice Ravel, transcrit ces histoires en pages musicales afin de distraire les enfants de Monsieur et Madame Godebski, ses amis. Initialement compos\u00e9es pour piano \u00e0 quatre mains, ces pi\u00e8ces atteindront des sommets d&#8217;intimit\u00e9 orchestrale procur\u00e9e par des sons chambristes qui pr\u00eatent au r\u00eave ;\u00a0 <b>Louis langr\u00e9e <\/b>et la <b>Camerata Salzburg<\/b>, allaient nous transporter dans ce monde imaginaire. Dans un tempo adapt\u00e9 et des sonorit\u00e9s d\u00e9licates, la fl\u00fbte aux sons suspendus nous prom\u00e8ne dans cette <i>Pavane de la Belle au bois dormant, <\/i>avec quelques notes de harpe en gouttes d&#8217;eau. <i>Le Petit Poucet<\/i> est-il perdu dans la for\u00eat, et les l\u00e9gers sons harmoniques du violon sont-ils quelques chants d&#8217;oiseaux ? Un tempo allant nous fait traverser les bois sans mauvaise rencontre. <i>Laideronette <\/i>joue <i>L&#8217;imp\u00e9ratrice des pagodes<\/i> aux accents du xylophone et du glockenspiel qui animent avec naturel cette page exotique. Dans un tempo de valse le contrebasson r\u00e9pond au discours de la clarinette, o\u00f9 <i>rallentando<\/i> et <i>accelerando <\/i>effray\u00e9s illustrent <i>Les entretiens de la Belle et de la B\u00eate, <\/i>puis, la m\u00e9lodie au joli phras\u00e9 nous fait parcourir <i id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459633857090_6866\">Le jardin f\u00e9\u00e9rique. <\/i>Le chef d&#8217;orchestre nous donne ici une interpr\u00e9tation tr\u00e8s fran\u00e7aise de cette pi\u00e8ce o\u00f9 d\u00e9licatesse rime avec style et musicalit\u00e9. Mettant en relief chaque instrument soliste, il fait ressortir avec clart\u00e9 les intentions du compositeur tout en mettant en lumi\u00e8re les qualit\u00e9s des instrumentistes, et de l&#8217;orchestre en g\u00e9n\u00e9ral. Bien qu&#8217;int\u00e9rioris\u00e9e, cette interpr\u00e9tation est d&#8217;une grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Maurice Ravel encore, pour <b>H\u00e9l\u00e8ne Grimaud <\/b>et le <i>concerto en sol<\/i>. Cette oeuvre compos\u00e9e entre 1929 et 1931, ( en m\u00eame temps que le concerto pour la main gauche ), est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Paris \u00e0 la Salle Pleyel le 14 janvier 1932 par Marguerite Long pour qui elle avait \u00e9t\u00e9 \u00e9crite, et sous la baguette du compositeur. H\u00e9l\u00e8ne Grimaud et Louis Langr\u00e9e s&#8217;appr\u00e9cient beaucoup mutuellement, et ce soir, ils vont nous livrer leur version de ce concerto avec une soliste en \u00e9tat de gr\u00e2ce. C&#8217;est justement ce concerto qu&#8217;elle avait interpr\u00e9t\u00e9 pour la soir\u00e9e de gala de l&#8217;inauguration de la Philharmonie de Paris le 14 janvier dernier. Fait \u00e9trange, la m\u00eame date avait \u00e9t\u00e9 retenue pour la cr\u00e9ation du concerto avec quelques 80 ans d&#8217;\u00e9cart, et sous les doigts d&#8217;une femme encore ; doit-on dire que le jeu est plus d\u00e9licat au f\u00e9minin ? Certainement plus po\u00e9tique, et Maurice Ravel aurait ador\u00e9 cette version, nous en sommes certains.\u00a0 Dans un tempo vif avec le relief de la trompette et les accents des cordes, le piano fait entendre des harmonies \u00e9tranges mais suaves m\u00eal\u00e9es \u00e0 des accents jazzy. H\u00e9l\u00e8ne Grimaud, avec s\u00fbret\u00e9 et \u00e9l\u00e9gance, se lance dans cette interpr\u00e9tation avec un toucher extraordinaire de finesse, qui se coule dans les sonorit\u00e9s de l&#8217;orchestre sans l&#8217;\u00e9craser par des sons trop forts ; dominant le piano, chacun de ses sons est d&#8217;une grande expressivit\u00e9. Elle semble survoler les touches avec dext\u00e9rit\u00e9, tout en faisant sonner chaque note avec une sonorit\u00e9 particuli\u00e8re, et le deuxi\u00e8me mouvement en sera l&#8217;illustration parfaite. Marguerite long, disait que pour interpr\u00e9ter ce mouvement hautement difficile, il fallait faire appel \u00e0 son coeur. C&#8217;est ce qui ressort ici, o\u00f9 l&#8217;exposition est jou\u00e9e par le piano seul avec tendresse, dans une \u00e9motion contenue. La puret\u00e9 du style d&#8217;H\u00e9l\u00e8ne Grimaud, transpara\u00eet dans chaque phrase, chaque m\u00e9lodie alors que la main gauche joue les basses sans duret\u00e9. Un moment de musique pure qui finit dans un trille, sur le souffle des violons. &#8221; Clap &#8221; des cuivres pour l&#8217;entr\u00e9e du dernier mouvement. Atmosph\u00e8re diff\u00e9rente o\u00f9 la pianiste s&#8217;exprime avec virtuosit\u00e9 r\u00e9pondant au solo diabolique du basson. L&#8217;\u00e9clat et le brio du jeu d&#8217;H\u00e9l\u00e8ne Grimaud ne peuvent en aucun cas masquer sa musicalit\u00e9 et sa sinc\u00e9rit\u00e9. Entre la soliste, la Camerata Salzburg et la direction de Louis Langr\u00e9e, la fusion est compl\u00e8te ; r\u00e9unis dans la m\u00eame esth\u00e9tique musicale et la m\u00eame sensibilit\u00e9, cette interpr\u00e9tation est un sommet d&#8217;\u00e9l\u00e9gance et de profondeur \u00e9motionnelle. Que dire du son du piano qui r\u00e9ussit \u00e0 trouver les sonorit\u00e9s de l&#8217;orchestre pour un discours o\u00f9 fluidit\u00e9 rime avec intensit\u00e9 ? Pour ne rien changer \u00e0 la tradition, le troisi\u00e8me mouvement sera biss\u00e9 pour le plaisir de tous avec beaucoup de brio. Puis un extrait des \u00e9tudes tableaux de Rachmaninov, o\u00f9 la limpidit\u00e9 du jeu, la richesse des sonorit\u00e9s, les nuances subtiles aux ralentis expressifs finissent de r\u00e9sonner sous une salve d&#8217;applaudissements. En deuxi\u00e8me partie de ce concert, la <i id=\"yui_3_16_0_ym18_1_1459633857090_6880\">Symphonie No41<\/i> de Mozart &#8221; Jupiter &#8221; nous \u00e9tait propos\u00e9e. Compos\u00e9e en 1788, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant l&#8217;ultime symphonie \u00e9crite par le compositeur. A-t-elle \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e de son vivant ? la question reste pos\u00e9e. Mais ce qui est certain, c&#8217;est l&#8217;accueil chaleureux du public d\u00e8s ces premi\u00e8res ex\u00e9cutions. Louis Langr\u00e9e, allait faire le lien ce soir, entre Maurice Ravel et Wolfgang Amadeus Mozart. Malgr\u00e9 la coupure de l&#8217;entracte, nous retrouvons l&#8217;atmosph\u00e8re de d\u00e9licatesse contenue dans la premi\u00e8re partie. Entre baroque et classicisme, le chef se sert avec intelligence de l&#8217;excellence de l&#8217;orchestre pour rendre vivante la partition avec des oppositions de nuances, alternant les <i>piani<\/i> subtils et les <i>forte<\/i> nets. On peut ressentir l&#8217;investissement personnel de chaque musicien et cette envie de suivre le chef, \u00e0 la fa\u00e7on de r\u00e9pondre instantan\u00e9ment \u00e0 ses demandes. D\u00e9licatesse et fermet\u00e9 sont les ma\u00eetres mots de Louis Langr\u00e9e qui servira le deuxi\u00e8me mouvement par un tempo sans trop de lenteur permettant une grande fluidit\u00e9 d&#8217;ex\u00e9cution. Et c&#8217;est avec une baguette expressive que le dernier mouvement se poursuivra jusqu&#8217;au bel accord final avec un quatuor dont la vitesse d&#8217;archet, et les accents jou\u00e9s sans aucune duret\u00e9 donneront le relief. Pour r\u00e9pondre \u00e0 l&#8217;enthousiasme du public, Chef et orchestre nous feront entendre une pi\u00e8ce de Mozart ( Cassation No1 K63 ). Le jeune Wolfgang Amadeus n&#8217;avait que 13 ans lorsqu&#8217;il l&#8217;\u00e9crivit. Jou\u00e9e par les cordes avec humour et tendresse, cette oeuvre de jeunesse nous prom\u00e8ne, sur des m\u00e9lodies de violons, dans des <i>pianissimi<\/i> d\u00e9licats. Cette parenth\u00e8se musicale ravissante termine ce concert en tous points homog\u00e8ne et de haute tenue, qui a fait vibrer les cordes sensibles&#8230;d&#8217;un public charm\u00e9. Et quel succ\u00e8s !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grand Th\u00e9\u00e2tre d&#8217;Aix-en-Provence, Festival de P\u00e2ques 2016 Orchestre\u00a0 Camerata Salzburg Direction musicale\u00a0Louis Langr\u00e9e Piano\u00a0 H\u00e9l\u00e8ne Grimaud Maurice Ravel: [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":84575,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[16084,16083,9354,16082,16085,2605,376,253],"class_list":["post-84574","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-camerata-salzburg","tag-festival-de-paques-2016","tag-foreign-readers","tag-grand-theatre-daix-en-provence","tag-helene-grimaud","tag-louis-langree","tag-maurice-ravel","tag-wolfgang-amadeus-mozart"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84574","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=84574"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84574\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/84575"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=84574"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=84574"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=84574"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}