{"id":84628,"date":"2016-04-02T23:42:10","date_gmt":"2016-04-02T21:42:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=84628"},"modified":"2016-12-09T03:35:31","modified_gmt":"2016-12-09T02:35:31","slug":"aix-en-provence-festival-de-paques-2016-pinchas-zukerman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/aix-en-provence-festival-de-paques-2016-pinchas-zukerman\/","title":{"rendered":"Aix-en-Provence, Festival de P\u00e2ques 2016: Pinchas Zukerman &#038; Angela Cheng"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1460115110304_25048\">Conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence, Festival de P\u00e2ques 2016<br \/>\n<\/i>Violon <b>Pinchas Zukerman<\/b><i> <\/i><b><br \/>\n<\/b>Piano\u00a0<b>Angela Cheng<br \/>\n<\/b><i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1460115110304_25052\">Wolfgang Amadeus Mozart:<\/i> Sonate pour piano et violon No18 en sol majeur KV 301<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1460115110304_25053\">Ludwig van Beethoven:\u00a0<\/i>Sonate pour piano et violon No3 en mi b\u00e9mol majeur op. 12<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1460115110304_25054\">Johannes Brahms<\/i>: Scherzo de la Sonate FAE , Sonate pour piano et violon No3 en r\u00e9 mineur op. 108<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1460115110304_25055\">Aix-en-Provence, le 29 mars 2016<br \/>\n<\/i>Soir\u00e9e intime au conservatoire Darius Milhaud, dans un bel auditorium, pour un r\u00e9cital violon, piano de grande classe, avec <b>Pinchas Zukerman<\/b>, dont la carri\u00e8re enchante les m\u00e9lomanes depuis pr\u00e8s de cinquante ans. Sa technique prodigieuse et son int\u00e9grit\u00e9 musicale ont forc\u00e9 le respect de g\u00e9n\u00e9rations de musiciens qui ont vibr\u00e9 aux sons magnifiques de son violon ou de son alto. Il se produit ce soir en compagnie de sa complice <b>Angela Cheng,<\/b> la talentueuse pianiste canadienne avec qui il a form\u00e9 le Zukerman trio. Au programme : Mozart, Beethoven et Brahms. Loin des effets d&#8217;archets ou des acrobaties violonistiques, Pinchas Zukerman garde la puret\u00e9 de style d&#8217;une \u00e9cole qui a amen\u00e9 le violon \u00e0 son plus haut degr\u00e9, dans des interpr\u00e9tations qui respectent le compositeur et l&#8217;esth\u00e9tique musicale de chaque oeuvre. Ce qui s\u00e9duit d&#8217;embl\u00e9e chez ce grand artiste, c&#8217;est la sonorit\u00e9 ; ce son inimitable qui vient du doigt qui se pose sur la corde sans nervosit\u00e9 et qui la fait vibrer, et de l&#8217;archet \u00e9videmment, dont la technique parfaite lui permet d&#8217;\u00e9pouser tous les styles, de Mozart \u00e0 Brahms, avec la m\u00eame intelligence et la m\u00eame facilit\u00e9.<br \/>\nPinchas Zukerman est un personnage remarquable, dans la continuit\u00e9 de David O\u00efstrakh peut-\u00eatre, il interpr\u00e8te chaque pi\u00e8ce avec un grand calme, ne se laissant jamais distraire de son cheminement musical int\u00e9rieur ; Angela Cheng, nous fait une d\u00e9monstration de musicalit\u00e9 mise au service du compositeur et du violoniste avec un toucher d\u00e9licat mais pr\u00e9sent, et des notes perl\u00e9es qui sonnent avec pr\u00e9cision. Encha\u00eenant les phrases musicales qui passent au dessus du violon, elle sait se faire plus discr\u00e8te lorsque l&#8217;accompagnement le demande. La Sonate No18 de Mozart ouvre ce concert par un moment de charme dans une musicalit\u00e9 tranquille ou incisive, o\u00f9 le <i>spirito,<\/i> voulu par le compositeur apporte le relief. Dans un tempo allant, le second mouvement prend vie sous les doigts agiles de la pianiste et l&#8217;archet \u00e0 l&#8217;aise du violoniste, dans un style mesur\u00e9 et s\u00e9duisant. La Sonate No3 de Ludwig van Beethoven, compos\u00e9e entre 1797 et 1798, sera d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Antonio Salieri, le Ma\u00eetre du compositeur. Si Beethoven a conserv\u00e9 le style Mozartien dans sa premi\u00e8re symphonie, son style personnel est d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 ici. D\u00e8s l&#8217;entr\u00e9e, il fait \u00e9clater les instruments dans un dialogue \u00e9quilibr\u00e9. Cette sonate donne la parole \u00e0 un violon incisif avec r\u00e9ponses au piano. Plus tendre est les deuxi\u00e8me mouvement o\u00f9 les instrument dialoguent avec gentillesse dans un \u00e9change de sentiments. Les longues phrases du violon, interpr\u00e9t\u00e9es par un Pinchas Zukerman inspir\u00e9 r\u00e9pondent aux harmonies du piano. Plus vif est le troisi\u00e8me mouvement o\u00f9 le jeu perl\u00e9 de la pianiste attire le violoniste dans un <i>Rondo <\/i>tr\u00e8s <i>allegro.<\/i> C&#8217;est une ronde folle jou\u00e9e par deux artistes chez qui tout para\u00eet facile, tant cette musique semble couler naturellement. Quelle le\u00e7on de simplicit\u00e9 et de musique ! Dans une progression chronologique tr\u00e8s juste, le <i>Scherzo<\/i> de la Sonate FAE de Johannes Brahms sera suivi par la Sonate No3 en r\u00e9 mineur du m\u00eame compositeur.<br \/>\nLa Sonate FAE, est une oeuvre originale, issue de la collaboration de trois compositeurs : Schumann, Albert Hermann Dietrich et Johannes Brahms. Elle est d\u00e9di\u00e9e au violoniste Joseph Joachim dans l&#8217;id\u00e9e d&#8217;utiliser le plus possibles les notes F A E ( fa, la, mi ), en \u00e9cho \u00e0 la devise<i> Frei aber einsam<\/i> ( libre mais seul ). Nous en \u00e9coutons le <i>Scherzo, <\/i>compos\u00e9 lui, par Brahms. C&#8217;est une entr\u00e9e en fanfare avec un <i>staccato<\/i> sonore jou\u00e9 par un archet qui semble continuer le bras du violoniste. Aisance des gestes mille fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9s mais qui viennent maintenant directement du coeur, profondeur du son qui semble sortir seul du violon, finesse d&#8217;interpr\u00e9tation des deux artistes qui donnent ensemble cette force int\u00e9rieure qui caract\u00e9rise les compositions de Johannes Brahms. Progression de style donc, dans le choix des compositeurs, mais aussi progression de l&#8217;intensit\u00e9 musicale. La Sonate No3 de Johannes Brahms, cr\u00e9\u00e9e le 22 d\u00e9cembre 1888, et d\u00e9di\u00e9e au chef d&#8217;orchestre Hans von B\u00fcllow allait terminer ce programme avec beaucoup de brio. C&#8217;est un \u00e9change entre les deux instruments, dans une reprise de th\u00e8me o\u00f9 chacun prend le r\u00f4le d&#8217;accompagnateur dans diverses modulations. Si tout para\u00eet couler de source, on imagine le travail effectu\u00e9 en amont. La puret\u00e9 de style du violoniste, incluant quelques l\u00e9gers <i>glissendi<\/i> opportuns, vient \u00e9tayer le propos avec une puissance de son en osmose avec les sonorit\u00e9s trouv\u00e9es par la pianiste ; et cette profondeur de son, nous la retrouvons dans l&#8217;<i>Adagio <\/i>du deuxi\u00e8me mouvement o\u00f9 la quatri\u00e8me corde vibre pleinement dans un vibrato tout \u00e0 fait ma\u00eetris\u00e9. Cette sonate, remarquablement \u00e9crite pour faire entendre chacun des deux instruments, fait la part belle au piano dans un troisi\u00e8me mouvement o\u00f9 il joue la m\u00e9lodie, le violon faisant une d\u00e9monstration de technique d&#8217;archet, avec des contretemps <i>jetato<\/i> au talon ou avec des notes prises \u00e0 la pointe et jou\u00e9e sur la longueur de l&#8217;archet. Quelle ma\u00eetrise, et quelle facilit\u00e9 ! Les changements de <i>tempi<\/i> se font sans qu&#8217;un seul cheveu ne bouge, dans un jeu qui n&#8217;est pourtant pas superficiel ; tout vient de la technique et de la profondeur expressive. Si Pinchas Zukerman est un ma\u00eetre incontest\u00e9 du violon, il a trouv\u00e9 en Angela Cheng son alter ego au piano. Pour remercier une salle enthousiaste o\u00f9 les musiciens \u00e9taient venus nombreux d&#8217;Aix, de Marseille et de bien plus loin, le duo de charme allait interpr\u00e9ter l&#8217;op. 22 d&#8217;Edward Elgar, 6 pi\u00e8ces faciles en premi\u00e8re position, &#8211; mais, est-ce si facile, lorsqu&#8217;on pense que le son et la musicalit\u00e9 contenus dans une seule note demande parfois une certaine dose de g\u00e9nie ? &#8211; puis, ce sera <i>Sicilienne<\/i> de Maria Teresia von Paradis, dans une nostalgie charmante aux sons feutr\u00e9s mais O combien intenses. Jouant avec les doigt\u00e9s, Pinchas Zukerman, cr\u00e9e les atmosph\u00e8res en duo avec Angela Cheng. Ce concert restera inoubliable, par la qualit\u00e9 des deux artistes, mais aussi par le souvenir qui s&#8217;imposera longtemps \u00e0 nous, comme le souvenir d&#8217;un paradis perdu, car nous sommes bien conscients que cette \u00e9cole du violon et cette vision de la musique de chambre ( ici en duo ), appartient \u00e0 une \u00e9poque r\u00e9volue o\u00f9 l&#8217;int\u00e9riorit\u00e9 n&#8217;a plus le temps de s&#8217;exprimer. Un immense merci aux solistes bien s\u00fbr, mais aussi aux directeurs de ce festival qui ont permis que la musique &#8211; et \u00e0 quel niveau &#8211; soit pr\u00e9sente dans chaque minute de cette p\u00e9riode de f\u00eates pascales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence, Festival de P\u00e2ques 2016 Violon Pinchas Zukerman Piano\u00a0Angela Cheng Wolfgang Amadeus Mozart: Sonate pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":84629,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[16105,16083,9354,1940,3645,16104,253],"class_list":["post-84628","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-angela-cheng","tag-festival-de-paques-2016","tag-foreign-readers","tag-johannes-brahms","tag-ludwig-van-beethoven","tag-pinchas-zukerman","tag-wolfgang-amadeus-mozart"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84628","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=84628"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84628\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":84631,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84628\/revisions\/84631"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/84629"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=84628"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=84628"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=84628"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}