{"id":85224,"date":"2016-06-06T22:04:16","date_gmt":"2016-06-06T20:04:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=85224"},"modified":"2016-06-15T22:04:33","modified_gmt":"2016-06-15T20:04:33","slug":"entretien-avec-maurice-xiberass-directeur-de-lopera-de-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/entretien-avec-maurice-xiberass-directeur-de-lopera-de-marseille\/","title":{"rendered":"Entretien avec Maurice Xiberass, directeur de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 Directeur Artistique de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille, de 2008 \u00e0 20013, puis Directeur G\u00e9n\u00e9ral d\u00e8s f\u00e9vrier 2013, Monsieur <strong>Maurice Xiberras<\/strong> a vu tomber dans son escarcelle, depuis deux saisons maintenant, la direction du Th\u00e9\u00e2tre de l&#8217;Od\u00e9on ( th\u00e9\u00e2tre, op\u00e9rettes ) ; et c&#8217;est avec humour et sinc\u00e9rit\u00e9, que cet homme aux multiples occupations r\u00e9pond \u00e0 nos questions dans un moment d&#8217;intimit\u00e9 artistique partag\u00e9.<br \/>\n<strong>Monsieur Xiberras, vous \u00eates Directeur G\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille, l&#8217;une des plus anciennes maisons d&#8217;art lyrique de France, quels sentiments cela vous procure-t-il, une immense joie, un zeste d&#8217;orgueil, d&#8217;\u00e9normes responsabilit\u00e9s ?<\/strong><br \/>\n(Premier petit sourire de ce directeur qui ne se prend pas la t\u00eate et ne boude pas son plaisir ), Je placerais tout d&#8217;abord les responsabilit\u00e9s, car c&#8217;est ce qui vient en premier chaque matin en ouvrant les yeux, puis les joies ; mais le quotidien, avec son lot de probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9gler, ne m&#8217;a jamais laiss\u00e9 le temps de m&#8217;installer vraiment dans la joie. Entendons nous bien, une joie sereine. Je mentirais en disant que je ne suis pas fier d&#8217;\u00eatre \u00e0 la t\u00eate d&#8217;une des plus belles maisons lyriques fran\u00e7aises et m\u00eame europ\u00e9ennes, mais de l&#8217;orgueil, non. Je suis venu tr\u00e8s jeune \u00e9couter des op\u00e9ras dans cette salle, c&#8217;est l\u00e0 que j&#8217;ai ressenti mes premiers \u00e9mois musicaux, mais jamais je n&#8217;aurais pu imaginer diriger ce th\u00e9\u00e2tre qui \u00e9tait pour moi un temple, un lieu inaccessible o\u00f9, aux yeux d&#8217;un enfant, \u00e9voluaient des dieux. Cela tient du miracle. En composant mes programmations, je me consid\u00e8re comme un passeur de m\u00e9moire et cela fait partie de mes responsabilit\u00e9s. Dans le domaine artistique, on a tr\u00e8s peu le droit \u00e0 l&#8217;erreur, mais on a d&#8217;\u00e9normes devoirs envers le public.<br \/>\n<strong>Musicien de formation, et plus particuli\u00e8rement chanteur ( baryton ), vous avez une grande connaissance des voix ; c&#8217;est sans doute un avantage pour la composition d&#8217;un plateau.<\/strong><br \/>\nLa connaissance de la voix et des voix, plus un carnet d&#8217;adresses rempli au fil des rencontres, est certainement un atout majeur, mais il ne faut pas en rester l\u00e0, on a besoin de d\u00e9couvrir de nouveaux talents, en allant \u00e9couter les concours ou en faisant passer des auditions. Vous avez pu vous en rendre compte, le star syst\u00e8me n&#8217;existe pratiquement plus, tout va tr\u00e8s vite, les carri\u00e8res des chanteurs sont de plus en plus courtes et les engagements se font longtemps \u00e0 l&#8217;avance. Comment sera la voix d&#8217;un chanteur qui signe un contrat quatre, voire cinq ans avant une premi\u00e8re ? Cela fait partie du stress du directeur, et \u00e0 Marseille, la r\u00e9ussite d&#8217;un spectacle passe par les voix. Si le public marseillais a \u00e9volu\u00e9 et prend du plaisir \u00e0 \u00e9couter Mozart aussi bien que Puccini, les grandes voix restent son point fort, ou sa faiblesse, comme vous l&#8217;entendez. Mais une star ne suffit pas \u00e0 faire un succ\u00e8s, il faut trouver l&#8217;\u00e9quilibre et l&#8217;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 d&#8217;un plateau.<br \/>\n<strong>Vous avez souvent dit que vous aimiez accompagner un certain temps la carri\u00e8re des chanteurs que vous engagez ; le public vous suit-il dans cette d\u00e9marche ?<\/strong><br \/>\nOui, je le pense. Le public est attach\u00e9 aux artistes, il aime suivre l&#8217;\u00e9volution d&#8217;une carri\u00e8re. Une voix se modifie au fil du temps, et sans changer compl\u00e8tement de registre, ce qui est rare et pas toujours une r\u00e9ussite, une voix de mezzo-soprano peut aller, par exemple, vers le soprano Falcon. Une prise de r\u00f4le est aussi une \u00e9tape importante, car il y a toujours des risques. Le chanteur a alors besoin de se sentir entour\u00e9 par une \u00e9quipe, et j&#8217;aime accompagner les artistes dans leur recherche personnelle et l&#8217;accomplissement de leur carri\u00e8re.<br \/>\n<strong>Vous aimez, et surtout vous arrivez \u00e0 cr\u00e9er des liens avec les chanteurs. Mais comment expliquez-vous le fait que d&#8217;immenses vedettes lyriques veulent chanter sur cette sc\u00e8ne ? Dernier exemple :<em> Le Vaisseau fant\u00f4me<\/em>, vous avez r\u00e9ussi \u00e0 proposer au public marseillais un plateau qui r\u00e9unissait les trois principaux chanteurs du <em>Vaisseau fant\u00f4me<\/em> de Bayreuth. Un tour de force ?<\/strong><br \/>\nIl est vrai que d&#8217;immenses chanteurs r\u00e9pondent pr\u00e9sent. Si l&#8217;amiti\u00e9 y est pour une part, le bouche \u00e0 oreille fonctionne entre les artistes ; ils aiment venir et surtout revenir dans cette maison qu&#8217;il consid\u00e8rent comme une bonne maison, o\u00f9 personne n&#8217;est anonyme. Ils ont souvent l&#8217;impression de revenir at home, avec un public attach\u00e9 aux artistes et qui les suit parfois sur d&#8217;autres sc\u00e8nes. Les chanteurs appr\u00e9cient ce public qui r\u00e9agit, qui aime et en fait la d\u00e9monstration sonore. Ce public est fid\u00e8le et n&#8217;oublie pas, nous en avons eu la preuve r\u00e9cemment avec Leo Nucci qui n&#8217;\u00e9tait pas revenu depuis longtemps chanter \u00e0 Marseille, mais \u00e0 qui un TRIOMPHE a \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9. Leo Nucci est un monument pour le public marseillais. mais, pour revenir au Vaisseau fant\u00f4me, Ricarda Merbeth, qui avait gard\u00e9 un souvenir tr\u00e8s fort des repr\u00e9sentations d&#8217;Elektra, a sans doute entra\u00een\u00e9 dans son sillage Tomislav Muzek et Samuel Youn. Ce dernier me disait d&#8217;ailleurs avoir re\u00e7u un choc \u00e9motionnel lors des Bravi lanc\u00e9s par un public enthousiaste et connaisseur.<br \/>\n<strong>Lorsque vous composez votre saison, partez-vous d&#8217;un point pr\u00e9cis en brodant autour, ou suivez-vous votre impulsion ?<\/strong><br \/>\nC&#8217;est assez compliqu\u00e9 \u00e0 Marseille. Pour une saison r\u00e9ussie, il faut garder une base de r\u00e9pertoire pour les abonn\u00e9s, puis il y a quelques op\u00e9ras incontournables et aussi des ouvrages programm\u00e9s pour certains chanteurs. J&#8217;essaie de cr\u00e9er une alchimie entre belcanto, op\u00e9ras italiens ou fran\u00e7ais, plus quelques titres tomb\u00e9s dans l&#8217;oubli. Il y a toujours un risque, rien n&#8217;est gagn\u00e9 sur le papier, mais nous avons de bons retours, des abonn\u00e9s suppl\u00e9mentaires et des fans du Festival d&#8217;Aix-en-Provence qui viennent aussi. Avec une salle de 1800 places, nous devons \u00eatre vigilants avec les op\u00e9ras moins jou\u00e9s, il faut savoir mod\u00e9rer ses impulsions.<br \/>\n<strong>En 1971, Reynald Giovaninetti, un lointain pr\u00e9d\u00e9cesseur, avait voulu amener le public vers la modernit\u00e9 en cr\u00e9ant un Festival contemporain, ce fut un fiasco total. O\u00f9 en est le public marseillais actuellement ?<\/strong><br \/>\nSi le public est plus curieux qu&#8217;\u00e0 une certaine \u00e9poque, il est toujours aussi frileux envers les ouvrages, o\u00f9 le chant tel qu&#8217;il l&#8217;entend, n&#8217;est pas toujours pr\u00e9sent. Les Diables de Loudun, Miracle \u00e0 la cour, avaient fait scandale \u00e0 cette \u00e9poque, et monter une cr\u00e9ation demande beaucoup d&#8217;argent. C&#8217;est plus facile avec le symphonique, car \u00e0 l&#8217;op\u00e9ra, c&#8217;est souvent un investissement sans retour. Si Marius et Fanny, l&#8217;op\u00e9ra de Vladimir Cosma avec en vedettes Roberto Alagna et Angela Gheorghiu a \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s, aucun th\u00e9\u00e2tre n&#8217;a os\u00e9 le reprendre. Il faut un certain temps pour qu&#8217;un ouvrage trouve sa place. La Chartreuse de Parme, d&#8217;Henri Sauguet, qui r\u00e9unissait 1400 spectateurs \u00e0 chaque repr\u00e9sentation n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 repris depuis. Cela ne nous emp\u00eachera pas de pr\u00e9senter pour la saison 20017 \/ 2018, un op\u00e9ra de Martin Matalon, L&#8217;Oeuvre de Venceslao, tir\u00e9 d&#8217;une pi\u00e8ce du dramaturge Argentin Copi, sur un livret et une mise en sc\u00e8ne de Jorge Lavelli.<br \/>\n<strong>Ce th\u00e9\u00e2tre se voulait populaire, avec une vocation \u00e9ducative, maintenez-vous cette ligne de conduite ?<\/strong><br \/>\nMais oui, plus que jamais. Tout d&#8217;abord nous maintenons nos tarifs, avec des places les moins ch\u00e8res de France, ce qui nous permet d&#8217;avoir une excellente fr\u00e9quentation ; ensuite nous sommes tr\u00e8s investis dans notre r\u00f4le p\u00e9dagogique, car, au del\u00e0 de la d\u00e9ontologie, c&#8217;est le public de demain que nous essayons de former. Nous accompagnons pr\u00e8s de 7000 enfants dans la d\u00e9couverte des m\u00e9tiers techniques ou artistiques. L&#8217;orchestre et le choeur vont tous deux jouer et chanter dans les \u00e9coles et les enfants viennent \u00e0 l&#8217;op\u00e9ra pendant des r\u00e9p\u00e9titions, ou des g\u00e9n\u00e9rales pour s&#8217;immerger avec le public. Ces d\u00e9couvertes donnent lieu \u00e0 des \u00e9changes et bien des gamins sont touch\u00e9s par ce qu&#8217;ils voient. Nous montons au th\u00e9\u00e2tre de l&#8217;Od\u00e9on des op\u00e9ras jeune public : Douce et Barbe Bleue chant\u00e9 avec des enfants, ou le ballet Peter Pan. Nous sommes un service public et c&#8217;est une fiert\u00e9.<br \/>\n<strong>Parlons un peu finances, comment arrivez-vous \u00e0 boucler une saison avec un budget uniquement support\u00e9 par la ville de Marseille ?<\/strong><br \/>\nEffectivement, nous sommes un op\u00e9ra municipal et, en temps de crise il faut faire attention aux deniers publics. Les co\u00fbts augmentent et il faut tout n\u00e9gocier, consentir des efforts et en demander en contrepartie. Ce dont nous sommes fiers \u00e0 Marseille, c&#8217;est d&#8217;\u00eatre rest\u00e9 un pilier du lyrique avec une critique et un public internationaux venus m\u00eame des Etats-Unis pour Salammb\u00f4, ou d&#8217;Europe pour Le Vaisseau fant\u00f4me et bien d&#8217;autres. Cela atteste du niveau de la maison.<br \/>\n<strong>Vous arrivez \u00e0 proposer 8 op\u00e9ras cette ann\u00e9e, un chiffre cons\u00e9quent dans le contexte actuel. Quelques mots sur la prochaine saison ?<\/strong><br \/>\nNous aurons des op\u00e9ras qui n&#8217;ont plus \u00e9t\u00e9 jou\u00e9s depuis longtemps tel Boris Godounov, dans sa version originale en 7 tableaux, orchestr\u00e9e par Modeste Moussorgski, des reprises comme Hamlet, d&#8217;Ambroise Thomas ; Verdi ne sera pas oubli\u00e9 avec son monumental Don Carlo, et 7 op\u00e9rettes seront jou\u00e9es au th\u00e9\u00e2tre de l&#8217;Od\u00e9on. Cela repr\u00e9sente un travail colossal et un \u00e9norme investissement pour la ville. Mais une maison lyrique ne pourrait se maintenir au top niveau et attirer de grands chefs sans un orchestre de dimension internationale. Malgr\u00e9 un planning tr\u00e8s charg\u00e9 ( op\u00e9ras, concerts, service \u00e9ducatif ), nous avons trouv\u00e9 la possibilit\u00e9 de faire quelques tourn\u00e9es, en Allemagne, en Chine, avec des concerts au Chor\u00e9gies d&#8217;Orange. Ces musiciens, tr\u00e8s investis, prennent autant de plaisir dans le symphonique que dans le lyrique et ils sont, avec le Directeur musical Lawrence Foster, un atout majeur pour la renomm\u00e9e de la maison. Le choeur, dirig\u00e9 par Emmanuel Trenque, est lui aussi d&#8217;un grand niveau, il suffit de l&#8217;entendre dans Macbeth que nous allons jouer ces jours prochains. Chaque nouvelle saison comporte une part d&#8217;inconnu, avec ses al\u00e9as de parcours. Nous avons des artistes internationaux avec le retour de Ricarda Merbeth, de Patrizia Ciofi ou de Juan Diego Florez entre autres, plus des chanteurs fran\u00e7ais, nous y tenons beaucoup.<br \/>\n<strong>Le public marseillais est un public conservateur ; est-ce \u00e0 cause de cela ou par go\u00fbt personnel que les mises en sc\u00e8ne propos\u00e9es restent \u00e9loign\u00e9es des tendances farfelues qui essaiment certaines sc\u00e8nes lyriques ?<\/strong><br \/>\nJe vous r\u00e9pondrai les deux. Il est vrai que le public marseillais est assez conservateur, et s&#8217;il accepte certains \u00e9carts, l&#8217;ensemble doit respecter l&#8217;oeuvre. Pour ma part, je revendique la tradition et surtout le respect des artistes. Je suis tout \u00e0 fait contre la nudit\u00e9 sur sc\u00e8ne et contre le fait de ridiculiser les religions. Par contre, je ne suis pas radicalement contre une r\u00e9flexion du metteur en sc\u00e8ne tant que celle ci reste conforme \u00e0 l&#8217;histoire et au texte. A Marseille, nous ne suivons pas automatiquement les tendances, elles se d\u00e9modent tr\u00e8s vite.<br \/>\n<strong>Quel est le plus grand stress, mais quelles sont aussi les plus grandes joies d&#8217;un directeur ?<\/strong><br \/>\nLa vie d&#8217;un directeur de th\u00e9\u00e2tre lyrique est jalonn\u00e9e de stress ; le plus grand est sans doute l&#8217;annonce d&#8217;un chanteur malade juste avant un lever de rideau, mais une salle vide est un cauchemar qui revient souvent, d&#8217;o\u00f9 la sensation de mettre sa vie en jeu \u00e0 chaque repr\u00e9sentation. Mais les joies sont nombreuses ; voir une salle debout, sentir les artistes et le public heureux, entendre les brava spontan\u00e9s, quelle \u00e9motion ! A Marseille nous avons la chance d&#8217;avoir un public extraverti.<br \/>\n<strong>Vous \u00eates un homme passionn\u00e9, cela se sent. Alors, quel avenir voyez-vous se profiler pour l&#8217;op\u00e9ra en g\u00e9n\u00e9ral et pour l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille en particulier.<\/strong><br \/>\nJe pense et j&#8217;esp\u00e8re fortement que l&#8217;op\u00e9ra perdurera de nombreuses ann\u00e9es encore. Nous avons de nouveaux abonn\u00e9s et, regardez les discussions entre jeunes internautes sur les r\u00e9seaux sociaux au sujet de diverses interpr\u00e9tations. Mais, vu le co\u00fbt des spectacles, peut-\u00eatre que seules les grandes maisons resteront, les autres devenant des th\u00e9\u00e2tre d&#8217;accueil. L&#8217;op\u00e9ra ne doit pas devenir un mus\u00e9e, il faut proposer des cr\u00e9ations au public, avec de nouveaux talents. Je pense que l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille avec son choeur et son orchestre est un op\u00e9ra p\u00e9renne, soutenu par un public toujours aussi enthousiaste. En fait, je suis un directeur optimiste.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 Directeur Artistique de l&#8217;Op\u00e9ra de Marseille, de 2008 \u00e0 20013, puis Directeur G\u00e9n\u00e9ral d\u00e8s f\u00e9vrier [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":85225,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[9354,10059,12650],"class_list":["post-85224","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-foreign-readers","tag-maurice-xiberras","tag-opera-municipal-de-marseille"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85224","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=85224"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85224\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/85225"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=85224"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=85224"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=85224"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}