{"id":85396,"date":"2016-07-04T03:36:12","date_gmt":"2016-07-04T01:36:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=85396"},"modified":"2016-12-09T05:06:13","modified_gmt":"2016-12-09T04:06:13","slug":"festival-daix-en-provence-saison-2016cosi-fan-tutte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/festival-daix-en-provence-saison-2016cosi-fan-tutte\/","title":{"rendered":"Festival d&#8217;Aix-en-Provence, saison 2016:&#8221;Cos\u00ec fan tutte&#8221;"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8733\">Festival d&#8217;Aix-en-Provence, saison 2016<br \/>\n<\/i><b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8732\">&#8220;COSI FAN TUTTE&#8221;<br \/>\n<\/b>Dramma giocoso en deux actes, livret de Lorenzo Da Ponte<br \/>\nMusique de <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8731\">Wolfgang Amadeus Mozart<br \/>\n<\/b><i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8737\">Fiordiligi\u00a0\u00a0 <\/i>LENNEKE RUITEN<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8738\">Dorabella\u00a0\u00a0 <\/i>KATE LINDSEY<br \/>\n<i>Despina<\/i>\u00a0\u00a0 SANDRINE PIAU<br \/>\n<i>Ferrando\u00a0\u00a0\u00a0 <\/i>JOEL PRIETO<br \/>\n<i>Guglielmo\u00a0\u00a0 <\/i>NAHUEL DI PIERRO<br \/>\n<i>Don Alfonso\u00a0\u00a0 <\/i>ROD GILFRY<br \/>\nOrchestre Freiburger Barockorchester, Choeur\u00a0 Cape Town Opera Chorus<br \/>\nDirection musicale <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8741\">Louis Langr\u00e9e<br \/>\n<\/b>Chef de Choeur <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8739\">Marvin Kernelle<\/b><br \/>\nContinuo <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8740\">Roberta Ferrari<\/b><br \/>\nMise en sc\u00e8ne <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8742\">Christophe Honor\u00e9<br \/>\n<\/b>D\u00e9cors <b>Halban Ho Van<br \/>\n<\/b>Costumes <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8743\">Thibault Vancraenenbroeck<br \/>\n<\/b>Lumi\u00e8re <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8744\">Dominique Brugui\u00e8re<\/b><br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1467576424281_8745\">Th\u00e9\u00e2tre de l&#8217;Archev\u00each\u00e9, Aix-en-Provence, le 30 juin 2016<br \/>\n<\/i>Pour cette soir\u00e9e d&#8217;ouverture de sa 68\u00e8me saison, le Festival d&#8217;Aix-en-Provence nous proposait l&#8217;oeuvre de Wolfgang Amadeus Mozart <i>Cosi fan tutte<\/i> ; celle l\u00e0 m\u00eame, qui ouvrait en 1948, un festival commenc\u00e9 avec peu de moyens, mais qui allait perdurer jusqu&#8217;\u00e0 ce jour avec le succ\u00e8s que l&#8217;on sait. Est-ce une volont\u00e9 des directeurs de th\u00e9\u00e2tres de programmer les m\u00eames ouvrages dans une seule saison ou un manque de coordination ? Toujours est-il qu&#8217;apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 <i>Cosi fan tutte<\/i> \u00e0 Toulon en novembre, puis \u00e0 Marseille au mois d&#8217;avril, nous retrouvons cet op\u00e9ra aujourd&#8217;hui \u00e0 Aix-en-Provence. Si ces programmations manquent d&#8217;originalit\u00e9, elle ont au moins le m\u00e9rite ( en est-ce bien un ) de comparer les styles et les approches des metteurs en sc\u00e8ne et de leurs productions. Edmonde Charles-Roux, &#8211; \u00e0 l&#8217;origine de ce festival avec Gabriel Dussurget &#8211; avait trouv\u00e9 les d\u00e9cors de Geoges Wakevitch de 1948 &#8221; exquis mais improvis\u00e9s &#8220;; que penserait-elle de cette nouvelle approche? Quant \u00e0 nous, Nous nous demandons s&#8217;il est bien judicieux actuellement, alors que la colonisation et l&#8217;esclavage refont surface pour \u00eatre montr\u00e9s du doigt, de mettre en sc\u00e8ne l&#8217;Afrique et plus sp\u00e9cialement l&#8217;Erythr\u00e9e sous la domination de l&#8217;Italie de Mussolini, avec viol de femmes autochtones. Mais o\u00f9 donc est cach\u00e9 Mozart qui arrivait \u00e0 traiter des sujets d\u00e9licats avec fra\u00eecheur tout en n&#8217;occultant pas le c\u00f4t\u00e9 sombre de certains personnages ? La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du propos et son marivaudage sont bien loin. De Naples, point, nous sommes dans un village de garnison perdu \u00e0 l&#8217;or\u00e9e de la deuxi\u00e8me guerre mondiale. Nos deux jeunes h\u00e9ros un peu na\u00effs, sont devenus des soldats d\u00e9bauch\u00e9s qui n&#8217;h\u00e9sitent pas \u00e0 violer des femmes indig\u00e8nes et qui se d\u00e9guiseront en mercenaires africains afin de mettre \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve leurs fianc\u00e9es, devenues ici des filles de colons, pr\u00eates \u00e0 se laisser s\u00e9duire par de jeunes m\u00e2les \u00e0 la peau bronz\u00e9e. La mise en sc\u00e8ne de <b>Christophe Honor\u00e9<\/b>, qui signe ici sa troisi\u00e8me mise en sc\u00e8ne d&#8217;op\u00e9ra, est donc assez d\u00e9primante et m\u00eame assez glauque, avec une bonne direction des acteurs toutefois, mais qui va dans un sens qui surprend tant les spectateurs qui sont venus assister \u00e0 un op\u00e9ra <i>buffa<\/i> et non \u00e0 un <i>dramma<\/i> sauce africaine, qu&#8217;ils en oublient d&#8217;applaudir les chanteurs. Que dire des sc\u00e8nes de sexe affligeantes, aussi bien au premier acte qu&#8217;au second, ou des allusions aux multiples partenaires de nos h\u00e9ro\u00efnes qui laisseront des traces puisque <i>Fiordiligi<\/i> semblera d\u00e9laiss\u00e9e \u00e0 la fin de l&#8217;op\u00e9ra ? Seuls les hu\u00e9s saluant le metteur en sc\u00e8ne r\u00e9pondront \u00e0 cette question. Si, d\u00e8s l&#8217;ouverture du rideau, le d\u00e9cor con\u00e7u par<b> Alban Ho Van<\/b> nous montre un tableau orientaliste &#8211; murs ocres et ouverture en moucharabieh &#8211; bien imagin\u00e9 et joli \u00e0 regarder, le deuxi\u00e8me acte, lui, nous transporte \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du b\u00e2timent. Est-ce l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;une caserne ? Le drapeau flottant en haut d&#8217;un m\u00e2t pourrait le laisser supposer. Tout est gris, terne, mis\u00e9rabiliste, portant \u00e0 l&#8217;ennui ; seule, la table dress\u00e9e pour le mariage apporte une note de couleur. Mais cela ne suffit pas \u00e0 rendre ce spectacle attractif. Les lumi\u00e8res de <b>Dominique Brugui\u00e8re<\/b>, laissant pr\u00e9sager le meilleurs au d\u00e9but avec les teintes chaudes de l&#8217;orient, d\u00e9\u00e7oivent par le c\u00f4t\u00e9 terne de l&#8217;acte II. Il en sera de m\u00eame pour les costumes cr\u00e9\u00e9s par <b>Thibault Vancraenenbroeck<\/b> qui m\u00e9lange les tenues militaires au costume en lin clair de <i>Don Alfonse<\/i>, pur exemple du colon cynique et d\u00e9soeuvr\u00e9, et aux costumes crois\u00e9s des deux mercenaires aux t\u00eates cr\u00e9pues. Les femmes portent de petites robes claires ou un short blanc typiques des ann\u00e9es d&#8217;avant guerre.<br \/>\nNous dirons que le plateau, tr\u00e8s homog\u00e8ne, reste toutefois \u00e0 la hauteur de la mise en sc\u00e8ne, c&#8217;est \u00e0 dire assez terne, avec des voix qui se marient bien entre elles, ne faisant ressortir aucune individualit\u00e9 dans les ensembles. Si c&#8217;est une bonne chose, tout ceci manque toutefois d&#8217;\u00e9clat individuel. On pourrait trouver la voix de soprano de<b> Lenneke Ruiten<\/b> (<i>Fiordiligi<\/i>) un peu fluette au d\u00e9but, avec des graves sans grande r\u00e9sonance, mais elle s&#8217;arrondit assez vite avec des aigus gagnant en puissance et un staccato l\u00e9ger tr\u00e8s mozartien. Dans son air &#8221; Per piet\u00e0 &#8220;, Lenneke Ruiten fait preuve de sensibilit\u00e9 ; sa belle technique lui permet de passer avec facilit\u00e9 des aigus aux graves, tout en faisant ressortir des nuances d\u00e9licates sur de jolies tenues de notes accompagn\u00e9es par le cor solo. <b>Kate lindsey<\/b> est <i>Dorabella.<\/i> Cette mezzo-soprano que nous avions trouv\u00e9e vive et amusante dans Le r\u00f4le de <i>Ch\u00e9rubin,<\/i> (les noces de Figaro) Festival d&#8217;Aix-en Provence 2012, nous semble moins \u00e0 l&#8217;aise dans cette mise en sc\u00e8ne. Sa bonne diction lui permet toutefois de projeter les sons et de faire de jolies nuances en toute libert\u00e9. Son air &#8221; Smanie implacabile &#8221; prend ici plus de force alors que &#8221; E amore un ladroncello &#8221; fait montre de plus de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Mais, ce sera dans leurs duos que les voix des deux soeurs se compl\u00e8teront le mieux. Sans doute est-ce avec<b> Sandrine Piau<\/b> ( <i>Despina<\/i> ), que le style mozartien prend toute sa dimension avec une voix toujours autant appr\u00e9ci\u00e9e, des notes suspendues et des tenues \u00e9th\u00e9r\u00e9es ; ses aigus en demi-teinte faisant ressortir un phras\u00e9 au legato parfait. Trilles percutants et ligne de chant sans cassure font de sa prestation une performance de style. Plut\u00f4t extravertie dans l&#8217;interpr\u00e9tation de <i>Dalinda<\/i> ( Ariodante ) Festival d&#8217;Aix-en-Provence 2014, Sandrine Piau est une <i>Despina<\/i> un peu sage et sans grand effet sc\u00e9nique dans cette mise en sc\u00e8ne.<br \/>\nLes voix masculines sont plus d\u00e9cevantes. <b>Rod Gilfry<\/b> revient en <i>Don Alfonso<\/i> sur la sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre de l&#8217;Archev\u00each\u00e9 apr\u00e8s y avoir chant\u00e9 le r\u00f4le de Don Juan en 2013. Toujours tr\u00e8s bon acteur, il incarne avec aisance ce colon qui se distrait en nouant des intrigues. Il a la voix du personnage, un peu fatigu\u00e9e. Plus baryton que basse, il manque de graves tout en faisant r\u00e9sonner, avec une bonne projection, un timbre plus chaleureux dans le m\u00e9dium. Ses notes profondes feront ressortir les basses cr\u00e9ant du relief dans les ensembles, et le terzettino &#8221; Soave sia il vento &#8221; sera un moment de sensibilit\u00e9. L&#8217;argentin <b>Nahuel di Pierro<\/b> est ici <i>Guglielmo, <\/i>sans doute le plus amusant des trois hommes, si tant est qu&#8217;il y ait quelque chose d&#8217;amusant dans cette production. Avec un joli timbre et une bonne projection, il garde rythme et force dans son air &#8221; Donne mie la fate a tanti &#8220;. Pr\u00e9sence sc\u00e9nique et puissance vocale le feront appr\u00e9cier. Dans cette production si \u00e9loign\u00e9e de l&#8217;\u00e9clat de Mozart, le t\u00e9nor espagnol <b>Joel Prieto<\/b> (Ferrando) a du mal \u00e0 trouver sa place. Si son air (Un&#8217; aura amorosa) est chant\u00e9 avec sensibilit\u00e9, sa voix manque d&#8217;\u00e9clat et de clart\u00e9. Nous aurions tendance \u00e0 penser qu&#8217;ici ce n&#8217;est pas tellement grave car le timbre se fond avec intelligence dans la pens\u00e9e du metteur en sc\u00e8ne d&#8217;unifier toutes choses pour ne laisser transpara\u00eetre qu&#8217;une atmosph\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale sans grand relief.<br \/>\nLes ensembles sont d&#8217;une belle musicalit\u00e9, soutenus par un <b>Freiburger Barockorchester<\/b> d&#8217;une grande homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, conduit par un chef d&#8217;orchestre en grande forme. Mozartien jusqu&#8217;au bout de sa baguette, qu&#8217;il pose dans les mouvements lents et plus chant\u00e9s, il est le grand triomphateur de la soir\u00e9e, avec des tempi justes, des respirations et des ralentis bien amen\u00e9s. <b>Louis Langr\u00e9e<\/b> a trouv\u00e9 la rondeur de son et la nettet\u00e9 des attaques et du staccato qui conviennent \u00e0 la musique de Mozart. Il accompagne les chanteurs avec pr\u00e9cision et sait se faire discret quand les nuances le demandent. Le chef d&#8217;orchestre arriverait m\u00eame \u00e0 nous faire oublier, par moments, la lourdeur de la mise en sc\u00e8ne qui a fait fuir toute la magie que nous devons \u00e0 Mozart. Il est aussi \u00e0 noter la bonne prestation du Choeur, malgr\u00e9 ses courtes interventions. Les bravos fournis saluant les chanteurs, le chef et l&#8217;orchestre ne couvriront pas les hu\u00e9s destin\u00e9s \u00e0 la mise en sc\u00e8ne. Une soir\u00e9e tr\u00e8s controvers\u00e9e donc. <em>Photo Pascal Victor \/ Artcomart<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Festival d&#8217;Aix-en-Provence, saison 2016 &#8220;COSI FAN TUTTE&#8221; Dramma giocoso en deux actes, livret de Lorenzo Da Ponte Musique [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":85399,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[16490,16491,589,10873,16488,9354,16492,15703,6000,13757,2605,14660,16489,9512,479,7331,253],"class_list":["post-85396","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-choeur-cape-town-opera-chorus","tag-christophe-honore","tag-cosi-fan-tutte","tag-dominique-bruguiere","tag-festival-daix-en-provence-2016","tag-foreign-readers","tag-halban-ho-van","tag-joel-prieto","tag-kate-lindsey","tag-lenneke-ruiten","tag-louis-langree","tag-nahuel-di-pierro","tag-orchestre-freiburger-barockorchester","tag-rod-gilfry","tag-sandrine-piau","tag-thibault-vancraenenbroeck","tag-wolfgang-amadeus-mozart"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85396","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=85396"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85396\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":85397,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/85396\/revisions\/85397"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/85399"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=85396"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=85396"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=85396"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}