{"id":86429,"date":"2016-10-14T02:40:42","date_gmt":"2016-10-14T00:40:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=86429"},"modified":"2016-10-20T02:50:43","modified_gmt":"2016-10-20T00:50:43","slug":"boris-berezovski-en-concert-allopera-de-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/boris-berezovski-en-concert-allopera-de-marseille\/","title":{"rendered":"Boris Berezovski en concert all&#8217;Op\u00e9ra de Marseille"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><i>Marseille, Op\u00e9ra, saison 2016 \/ 2017<br \/>\n<\/i><b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1476912767944_3641\">Orchestre Philharmonique de Marseille<br \/>\n<\/b>Direction musicale <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1476912767944_3639\">Lawrence Foster<br \/>\n<\/b>Piano <b>Boris Berezovski<br \/>\n<\/b><i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1476912767944_3646\">Piotr Ilitch Tcha\u00efkovski: \u00a0<\/i>Concerto pour piano et orchestre No2, en sol majeur, op 44<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1476912767944_3635\">Nikola\u00ef Rimsky-Korsakov: &#8220;<\/i>Sh\u00e9h\u00e9razade&#8221;<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1476912767944_3633\">Marseille, le 11 octobre 2016<br \/>\n<\/i>Pour l&#8217;ouverture de la saison symphonique, le public \u00e9tait venu nombreux \u00e9couter un concert de musique russe. Piotr Ilitch Tcha\u00efkovski et Nikola\u00ef Rimsky-Korsakov \u00e9taient au programme, avec en soliste l&#8217;immense pianiste <b>Boris Berezovski<\/b>, russe\u00a0lui aussi. Connu et reconnu, il est consid\u00e9r\u00e9 comme le plus brillant repr\u00e9sentant actuel de l&#8217;\u00e9cole russe du piano. Form\u00e9 \u00e0 cette \u00e9cole qui apprend la rigueur aussi bien que la musicalit\u00e9, Boris Berezovski a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 par des chefs prestigieux dans le monde entier. Souvent pr\u00e9sent sur les sc\u00e8nes fran\u00e7aises, c&#8217;est la premi\u00e8re fois qu&#8217;il vient \u00e0 Marseille. Boris Berzovski aime la musique sous toutes ses formes. Le jazz l&#8217;int\u00e9resse aussi bien que le duo ou le trio. Tomb\u00e9 sous le charme de la musique de Karol Beffa, il n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 lui commander un concerto qui sera compos\u00e9 en 2009. Ayant \u00e0 son actif de nombreux enregistrements, un de ses DVD recevra un Diapason d&#8217;Or. Piotr Ilitch Tcha\u00efkovski compose son concerto No2 d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Nikola\u00ef Rubinstein entre 1879 et 1880, mais ce dernier mourra avant d&#8217;avoir pu le jouer. Il sera finalement interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 New York en novembre 1881 par la pianiste Madeleine Schiller. Nettement moins jou\u00e9 que le concerto No1, il subira quelques remaniements qui ne seront pas pas du go\u00fbt du compositeur. Compos\u00e9 en Trois mouvements, ce concerto est assez atypique dans sa conception. Un premier mouvement martial et l\u00e9g\u00e8rement <i>pomposo,<\/i> ne laisse pas supposer le deuxi\u00e8me qui va suivre o\u00f9 l&#8217;\u00e9criture de Tcha\u00efkovski et sa musicalit\u00e9 toute russe ressortent alors que violon et violoncelle concertent avec le piano, donnant ainsi \u00e0 ce mouvement une allure de triple concerto. Quelques harmonies d&#8217;Eug\u00e8ne On\u00e9guine se font m\u00eame entendre lors de longues phrases musicales. Bien qu&#8217;un peu surprenant, ce concerto nous r\u00e9serve des moments de musique intense alors que plac\u00e9 au centre de la sc\u00e8ne, faisant face au public, le pianiste nous prive du plaisir de voir ses doigts \u00e9voluer sur le clavier. Boris Berezovski n&#8217;est pas de ceux qui empoignent le piano pour le faire sonner \u00e0 tout rompre, mais avec une technique s\u00fbre, o\u00f9 l&#8217;on pourrait en vain chercher une faille, c&#8217;est la nettet\u00e9 alli\u00e9e \u00e0 la d\u00e9licatesse qui le font r\u00e9sonner. Et, m\u00eame dans les passages les plus puissants ou les accords <i>fortissimo, <\/i>aucune violence, aucune rudesse ne se font ressentir sous ses doigts vigoureux. Mais pourquoi joue-t-il le piano ferm\u00e9 ? Le son se perd un peu dans les<i> tutti<\/i> d&#8217;orchestre car, inutile de le rappeler,\u00a0le visuel tient une place importante dans la perception du son. Alors, cette position au sein de l&#8217;orchestre piano ferm\u00e9 ne donne pas vraiment le meilleur r\u00e9sultat. Mais quelle technique et quelle s\u00fbret\u00e9 ! C&#8217;est aussi le toucher d\u00e9licat et le jeu perl\u00e9 du pianiste qui donnent cette apparence de facilit\u00e9 dans cette virtuosit\u00e9 \u00e0 couper le souffle. Si la sensibilit\u00e9 du pianiste ressort dans de longues phrases, c&#8217;est surtout dans les dialogues sensibles avec le violon et le violoncelle du deuxi\u00e8me mouvement, jou\u00e9s dans une m\u00eame esth\u00e9tique musicale, que le mot charme prend toute sa signification. Brillantissime est un adjectif qui lui revient de droit pour un troisi\u00e8me mouvement endiabl\u00e9 jusqu&#8217;au galop final,\u00a0jou\u00e9 sans effet de manches mais avec une v\u00e9locit\u00e9 qui para\u00eet toute naturelle. Tout semble si facile \u00e0 Boris Berezovski qu&#8217;il donne parfois l&#8217;impression d&#8217;\u00eatre ext\u00e9rieur \u00e0 tout ceci. Il n&#8217;en est certainement rien car la musique tout enti\u00e8re est contenue dans son jeu, accompagn\u00e9 par un orchestre solide dirig\u00e9 avec beaucoup d&#8217;intelligence musicale par le Maestro <b>Lawrence Foster<\/b>, qui a su rendre \u00e0 merveille l&#8217;ambiance langoureuse d&#8217;un dialogue avec le pianiste dans une continuit\u00e9 de phrases musicales aux accents slaves. Pour rester dans ces atmosph\u00e8res, c&#8217;est un extrait des saisons du m\u00eame compositeur que Boris Berezovski nous interpr\u00e8te en bis. Faisant preuve de romantisme et de sensibilit\u00e9, le pianiste nous d\u00e9montre une fois encore, qu&#8217;il est possible de jouer <i>fortissimo<\/i> sans duret\u00e9 sur un piano, tout en conservant un toucher d\u00e9licat, perl\u00e9 et moelleux. La deuxi\u00e8me partie de ce concert \u00e9tait consacr\u00e9e \u00e0 <i>Sh\u00e9h\u00e9razade<\/i> de Nikola\u00ef Rimsky-Korsakov. Cette oeuvre, tr\u00e8s souvent mise aux programmes dans les ann\u00e9es 1970 se fait plus rare. C&#8217;est pourtant un bijou o\u00f9 la musique descriptive et sensuelle donne l&#8217;occasion aux solistes de l&#8217;orchestre de s&#8217;exprimer librement. Tout le monde connait l&#8217;histoire de <i>Sh\u00e9h\u00e9razade<\/i>, qui ne voulant pas \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e au petit matin, tenait en haleine son sultan de mari en ne racontant jamais la fin de l&#8217;histoire le soir venu. Et ainsi, iront les <i>mille et une nuits<\/i>. Nikola\u00ef Rimsky-Korsakov raconte quatre de ces histoires dans ce po\u00e8me symphonique. Des th\u00e8mes, des instruments qui repr\u00e9sentent les personnages, mais pas de fa\u00e7on syst\u00e9matique ; violon solo et harpe seront <i>Sh\u00e9h\u00e9razade<\/i> et les cuivres le <i>sultan<\/i>, mais il y a aussi le <i>Prince<\/i> <i>Kalender, <\/i>la <i>conteuse<\/i> et les ambiances de la mer ou du vaisseau bris\u00e9, dans une \u00e9criture magistrale aux notes de l&#8217;orient. Au del\u00e0 des \u00e9pices et du mythe des harems, on retiendra particuli\u00e8rement les nombreux solos des diff\u00e9rents pupitres, avec un violon solo dont le jeu d&#8217;une grande finesse d\u00e9montre encore une fois que le talent n&#8217;attend pas le nombre des ann\u00e9es pour se manifester. Un archet \u00e0 la corde mais en toute libert\u00e9, un vibrato intense mais toujours contr\u00f4l\u00e9, des respirations qui laissent vibrer les harmoniques contenues dans les sons et toujours cette compr\u00e9hension juste de la phrase musicale. Les autres solistes, entra\u00een\u00e9s par cette musicalit\u00e9, respireront avec le violon solo dans des sonorit\u00e9s aussi suaves que celles contenues dans ces contes persans : basson, clarinette, hautbois, fl\u00fbte, harpe, mais aussi cuivres et timbales. Lawrence Foster, \u00e0 la t\u00eate de son orchestre, feuilletait avec g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ce livre d&#8217;images, nous donnant l&#8217;envie de tourner les pages pour conna\u00eetre la suite. Evidemment, nous n&#8217;aurons pas mille et une nuits pour c\u00e9der au charme de l&#8217;orient. Dans des <i> tempi<\/i> justes et des ralentis bien amen\u00e9s, le Maestro nous emm\u00e8ne en voyage. Lawrence Foster r\u00e9ussit \u00e0 doser les sonorit\u00e9s et \u00e0 faire ressortir les ambiances de chaque conte, que ce soit le c\u00f4t\u00e9 militaire du <i>Prince Kalender <\/i>ou la violence de la mer qui brise le vaisseau. Peut-\u00eatre aimerions-nous un peu plus de sensualit\u00e9 ou de li\u00e9 dans les encha\u00eenements, mais ces contes ont \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9s avec une telle vivacit\u00e9 et une telle justesse d&#8217;expression, que ce l\u00e9ger reproche nous para\u00eet inappropri\u00e9. Le public conquis, s&#8217;est laiss\u00e9 emporter tr\u00e8s loin par les sonorit\u00e9s g\u00e9n\u00e9reuses&#8230;sur un tapis persan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marseille, Op\u00e9ra, saison 2016 \/ 2017 Orchestre Philharmonique de Marseille Direction musicale Lawrence Foster Piano Boris Berezovski Piotr [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":86430,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[17215,9354,4873,14835,4177,9248,6066],"class_list":["post-86429","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-boris-berezovski","tag-foreign-readers","tag-lawrence-foster","tag-nikolaj-andreevic-rimskij-korsakov","tag-opera-de-marseille","tag-orchestre-philharmonique-de-lopera-de-marseille","tag-piotr-ililictchajkovskij"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/86429","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=86429"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/86429\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/86430"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=86429"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=86429"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=86429"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}