{"id":90002,"date":"2017-04-24T22:30:43","date_gmt":"2017-04-24T20:30:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=90002"},"modified":"2017-04-24T22:36:57","modified_gmt":"2017-04-24T20:36:57","slug":"aix-en-provence-festival-de-paques-2017-martha-argerich-stephen-kovacevich","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/aix-en-provence-festival-de-paques-2017-martha-argerich-stephen-kovacevich\/","title":{"rendered":"Aix-en-Provence, Festival de P\u00e2ques 2017: Martha Argerich &#038;  Stephen Kovacevich"},"content":{"rendered":"<p id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1493064952563_16988\" style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1493064952563_16996\">Grand Th\u00e9\u00e2tre, Aix-en-Provence, saison 2017<br \/>\n<\/i>Piano\u00a0<b>Martha Argerich,\u00a0<\/b>\u00a0<b>Stephen Kovacevich<br \/>\n<\/b><i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1493064952563_16992\">Claude Debussy:\u00a0<\/i>Pr\u00e9lude \u00e0 l&#8217;apr\u00e8s-midi d&#8217;un faune (transcription pour deux pianos), Lindaraja, En blanc et noir<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1493064952563_16991\">Sergue\u00ef Rachmaninov:\u00a0<\/i>Danses symphoniques, op. 45\u00a0 I. Non Allegro\u00a0 II. Andante con moto\u00a0 III. Lento assai &#8211; Allegro vivace<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1493064952563_16994\">Aix-en-Provence, le 19 avril 2017<br \/>\n<\/i>Il y a toujours, lors de festivals de musique, des concerts qui subissent des changements, \u00e0 cause d&#8217;annulations pr\u00e9vues en amont, ou alors de derni\u00e8re minute. Le Festival de P\u00e2ques a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 ce genre de probl\u00e8me, et c&#8217;est la hantise de chaque directeur artistique. Mais dans ce festival, le public est assur\u00e9 d&#8217;avoir toujours un concert \u00e0 la hauteur de celui annonc\u00e9, ce qui donne quelquefois lieu \u00e0 une recrudescence de spectateurs. Le concert de ce soir, qui \u00e9tait d&#8217;abord annonc\u00e9 avec Marc Minkovski \u00e0 la t\u00eate de l&#8217;orchestre national Bordeaux Aquitaine, avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par un r\u00e9cital de piano donn\u00e9 par Maurizio Pollini que le public \u00e9tait tr\u00e8s impatient d&#8217;\u00e9couter, mais au dernier moment, une mauvaise chute avait contraint le pianiste \u00e0 d\u00e9clarer forfait. Heureusement, Dominique Bluzet et Renaud Capu\u00e7on, qui ne manquent pas de solides amiti\u00e9s musicales, ont propos\u00e9 un concert pour deux pianos, avec deux \u00e9minents solistes dont la r\u00e9putation a depuis longtemps travers\u00e9 toutes les fronti\u00e8res et qui font de chaque prestation un \u00e9v\u00e8nement musical. C&#8217;est ainsi qu&#8217;allait se reformer sous nos yeux ce couple mythique du piano : <b>Martha Argerich <\/b>et <b>Stephen Kovacevich<\/b>.<br \/>\nAu programme Claude Debussy et Sergue\u00ef Rachmaninov. Deux compositeurs d&#8217;une m\u00eame \u00e9poque, mais venus d&#8217;horizons tr\u00e8s diff\u00e9rents, comme le sont les temp\u00e9raments des deux solistes ; l&#8217;une venue d&#8217;Argentine, l&#8217;autre d&#8217;Am\u00e9rique avec des origines serbes, mais r\u00e9unis dans une m\u00eame esth\u00e9tique musicale, celle d&#8217;\u00eatre au plus pr\u00e8s des compositeurs et de rendre palpables les couleurs d&#8217;un Claude Debussy ou les accents slaves d&#8217;un Sergue\u00ef Rachmaninov. Avec une Martha Argerich assagie qui refuse tout culte de la personnalit\u00e9 et un Stephen Kovacevich qui d\u00e9clarait r\u00e9cemment au journal <i>The Telegraph<\/i> &#8220;il y a trop de politiquement correct en musique&#8221;, nous \u00e9tions assur\u00e9s d&#8217;avoir une interpr\u00e9tation personnelle mais enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la musique. Pour ce concert qui devait \u00eatre donn\u00e9 trois jours plus tard, avec le m\u00eame programme, \u00e0 la Philharmonie de Paris, nous assistions \u00e0 un \u00e9change de tabouret, de chaise, de place, avec une bonne humeur communicative et bon enfant, dans une id\u00e9e de partage.<br \/>\nLes deux pianos \u00e9tant plac\u00e9s c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, cette mise en sc\u00e8ne, voulue sans doute par les solistes, enl\u00e8ve le c\u00f4t\u00e9 un peu th\u00e9\u00e2tral des concerts et emp\u00eache une audition li\u00e9e au visuel, et nous devons avouer que souvent le son se perd, s&#8217;\u00e9loigne pour se retrouver dans un moment de plus grande concentration. Une interpr\u00e9tation intimiste de cette page impressionniste de Claude Debussy qu&#8217;est le <i>Pr\u00e9lude \u00e0 l&#8217;apr\u00e8s-midi d&#8217;un faune<\/i>, transcrite pour deux pianos par le compositeur lui-m\u00eame, qui nous prom\u00e8ne \u00e0 travers une po\u00e9sie picturale. Debussy compose <i>Lindaraja<\/i> pour deux pianos en 1901. Cette pi\u00e8ce de cinq minutes qui fait ressortir les influences espagnoles est interpr\u00e9t\u00e9e ici avec beaucoup de musicalit\u00e9 et de d\u00e9licatesse dans un jeu fluide aux intentions pertinentes. <i>En blanc et noir<\/i> est certes une pi\u00e8ce plus sombre, car compos\u00e9e en 1915, qui fait ressortir le c\u00f4t\u00e9 noir de sa p\u00e9riode de d\u00e9pression o\u00f9 transparaissent les heures sombres de la guerre. Trois mouvements d\u00e9dicac\u00e9s, l&#8217;un \u00e0 son ami Koussevitski, les deux autres au lieutenant Jacques Chabot tu\u00e9 \u00e0 l&#8217;ennemi en 1915 et \u00e0 Igor Stravinsky. Dans un tempo vif, avec des mesures <i>forte<\/i>, les atmosph\u00e8res et les couleurs s&#8217;encha\u00eenent avec toujours cet \u00e9change musical. Des rythmes et des harmonies \u00e9tranges d\u00e9voilent la p\u00e9riode troubl\u00e9e que vit le Debussy ; des phrases plus lyriques et marqu\u00e9es se font entendre dans des nuances peu exacerb\u00e9es.<br \/>\nUne premi\u00e8re partie tout en nuances qui sera suivie par les tr\u00e8s attendues<i>Danses symphoniques <\/i>de Sergue\u00ef Rachmaninov donn\u00e9es en deuxi\u00e8me partie. Danses d\u00e9di\u00e9es au chef d&#8217;orchestre Eug\u00e8ne Ormandy et \u00e0 l&#8217;orchestre de Philadelphie, qu&#8217;il consid\u00e9rait comme le plus grand orchestre du monde, arrang\u00e9es pour deux pianos par le compositeur et compos\u00e9es en 1940. Cette oeuvre que Martha Argerich a souvent jou\u00e9e avec Nelson Freire, rev\u00eat ici un caract\u00e8re plus puissant que les oeuvres donn\u00e9es en premi\u00e8re partie. Deux solistes qui dialoguent \u00e0 forces \u00e9gales dans une grande solidit\u00e9. Deux touchers qui m\u00e9langent leurs sonorit\u00e9s dans la m\u00e9lancolie ou pour plus de profondeur avec des notes au fond des temps. La puissance est dans le son, la v\u00e9locit\u00e9 dans l&#8217;agilit\u00e9. Ces danses, remarquablement \u00e9crites sont jou\u00e9es avec intelligence par deux artistes qui se connaissent bien et savent s&#8217;effacer chacun \u00e0 son tour pour un discours entre deux personnes qui ne font qu&#8217;un. Plus grave, le <i>Lento<\/i> <i>assai<\/i> est jou\u00e9 avec une recherche de sonorit\u00e9s pour une v\u00e9locit\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e, toujours d\u00e9licate, dans des encha\u00eenements bien r\u00e9gl\u00e9s aux nuances subtiles.<br \/>\nChangement d&#8217;atmosph\u00e8re, plus joyeux pour cet <i>Allegro vivace<\/i>, interpr\u00e9t\u00e9 avec pr\u00e9cision et sans duret\u00e9, avec des accents qui rompent la fluidit\u00e9 du jeu de deux talents conjugu\u00e9s. Force et nettet\u00e9 pour ce grand <i>crescendo<\/i> dans une sorte d&#8217;<i>ostinato<\/i> qui laisse entendre chaque note. Une interpr\u00e9tation de ces danses, qui fait ressortir la musicalit\u00e9 et la technique de deux artistes d&#8217;une grande intelligence qui jouent avec une \u00e9mission si facile, que la musique semble couler de source. Pour un public conquis, un moment de joie d\u00e9licate avec ce passage de <i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1493064952563_17010\">Casse noisette &#8220;La F\u00e9e Drag\u00e9e&#8221;, <\/i>donn\u00e9 en bis et jou\u00e9 avec malice dans une belle complicit\u00e9. Puis, reprise du <i>Lindaraja<\/i> de Debussy o\u00f9 la salle retient son souffle, et pour finir sur une note joyeuse, une valse de Brahms. Sans doute aurions-nous aim\u00e9 une premi\u00e8re partie moins confidentielle avec une disposition des pianos qui nous permette d&#8217;appr\u00e9cier les solistes visuellement, mais on sent chez ces deux artistes un tel bonheur de jouer ensemble et une telle envie de le partager avec le public, qu&#8217;un hommage est rendu \u00e0 ces pianistes hors normes, longuement applaudis, qui nous offrent de si beaux moments musicaux. <em>Photo Caroline Doutre<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Grand Th\u00e9\u00e2tre, Aix-en-Provence, saison 2017 Piano\u00a0Martha Argerich,\u00a0\u00a0Stephen Kovacevich Claude Debussy:\u00a0Pr\u00e9lude \u00e0 l&#8217;apr\u00e8s-midi d&#8217;un faune (transcription pour deux pianos), [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":90003,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[2603,3064,18424,9354,4357,16951,18486],"class_list":["post-90002","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-aix-en-provence","tag-claude-debussy","tag-festival-de-paques-2017","tag-foreign-readers","tag-martha-argerich","tag-sergei-rachmaninoff","tag-stephen-kovacevich"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/90002","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=90002"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/90002\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/90003"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=90002"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=90002"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=90002"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}