{"id":93215,"date":"2018-07-19T12:10:28","date_gmt":"2018-07-19T10:10:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gbopera.it\/?p=93215"},"modified":"2019-04-12T22:54:23","modified_gmt":"2019-04-12T20:54:23","slug":"festival-daix-en-provence-2018-tabea-zimmermann-andrea-hill-edwidge-herchenroder-en-concert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/festival-daix-en-provence-2018-tabea-zimmermann-andrea-hill-edwidge-herchenroder-en-concert\/","title":{"rendered":"Festival d&#8217;Aix-en-Provence 2018: Tabea Zimmermann, Andrea Hill &#038; Edwidge Herchenroder en concert"},"content":{"rendered":"<p id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1531991538704_24672\" style=\"text-align: justify;\"><i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1531991538704_24671\">Festival d&#8217;Aix-en-Provence, Conservatoire Darius Millhaud, saison 2018<br \/>\n<\/i>Alto <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1531991538704_24760\">Tabea Zimmermann<br \/>\n<\/b>Mezzo-soprano <b>Andrea Hill<br \/>\n<\/b>Piano <b id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1531991538704_24667\">Edwidge Herchenroder<br \/>\n<\/b><i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1531991538704_24666\">Charles Martin Loeffler:<\/i> Quatre po\u00e8mes, op. 5; la Cloche F\u00eal\u00e9e, Dansons la gigue, Le Son du cor s&#8217;afflige vers les bois, S\u00e9r\u00e9nade<br \/>\n<i>Charlotte Bray: <\/i>In Black Light pour alto solo. D\u00e9di\u00e9e \u00e0 Tabea Zimmermann (Cr\u00e9ation mondiale)<br \/>\n<i>Franz Liszt: <\/i>Romance oubli\u00e9e pour alto et piano<br \/>\n<i>Zoltan Kodaly: <\/i>Adagio pour alto et piano<br \/>\n<i>Johannes Brahms: <\/i>Zwei Ges\u00e4nge op. 91, Gestillte Sehnucht, Geistliches Wiegenlied<br \/>\n<i id=\"yui_3_16_0_ym19_1_1531991538704_24764\">Aix-en-provence, le 13 juillet 2018<br \/>\n<\/i>L&#8217;alto \u00e0 l&#8217;honneur, voila qui est int\u00e9ressant et peu courant, surtout lorsque cet instrument, longtemps cantonn\u00e9 au milieu de l&#8217;orchestre est mis en valeur par Tabea Zimmermann, une artiste particuli\u00e8re, qui sait tirer de son alto des sons proches de la voix, dans des couleurs personnelles jamais entendues. Cinq compositeurs aux sensibilit\u00e9s diverses \u00e9crivent pour cet instrument et nous proposent un moment de charme et de musique qui nous transporte loin d&#8217;un quotidien bien souvent importun. Si Franz Liszt, Zoltan Kodaly et Johannes Brahms sont biens connus du grand public, on conna\u00eet moins Charles Martin Loeffler (1861-1935) qui nous fait entendre ici quatre po\u00e8mes, de Charles Baudelaire et Paul Verlaine, mis en musique pour alto, mezzo-soprano et piano, et moins encore notre toute contemporaine Charlotte Bray qui propose ici une oeuvre pour alto seul,\u00a0 d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Tabea Zimmermann. Un grand merci au Festival d&#8217;Aix-en-Provence pour cette commande. Mais <b>Tabea Zimmermann<\/b> n&#8217;est pas seule pour nous charmer ce soir. Deux autres superbes artistes seront au programme, la mezzo-soprano <b>Andrea Hill<\/b>, laur\u00e9ate HSBC 2010 de l&#8217;Acad\u00e9mie, et la pianiste <b>Edwige Herchenroder<\/b>, Laur\u00e9ate HSBC de l&#8217;Acad\u00e9mie 2013. Dans le superbe auditorium du Conservatoire Darius Milhaud, qui affichait complet, ce trio de charme commen\u00e7ait le concert par les\u00a0 quatre po\u00e8mes de <strong>Charles Martin Loeffler<\/strong> et, instantan\u00e9ment, nous sommes pris par le velout\u00e9 de l&#8217;alto, la souplesse de son d\u00e9tach\u00e9 et le son \u00e9vanescent en introduction au dialogue qui s&#8217;installe avec la chanteuse. Chaque po\u00e8me musical a son esth\u00e9tique propre en correspondance avec le texte. M\u00e9lancolique et tendre pour <i>La Cloche f\u00eal\u00e9e<\/i> o\u00f9 le piano donne le <i>tempo<\/i> dans une conversation anim\u00e9e \u00e0 trois voix. <i>pianissimo<\/i> de l&#8217;alto, tendresse de la voix au timbre feutr\u00e9. Puis, <i>Gigue <\/i>rythm\u00e9e pour une danse plus folklorique, dans une interpr\u00e9tation juste et puissante. <i>Le Son du cor <\/i>s&#8217;expose ensuite au piano sur lequel la voix se pose dans un soutien de l&#8217;alto avec sourdine jou\u00e9 \u00e0 l&#8217;aise. Plainte de la voix qui pleure avec le loup dans la musicalit\u00e9 d&#8217;une belle longueur de souffle. <i>Pizzicati <\/i>incisifs, archet grin\u00e7ant pr\u00e8s du chevalet pour la voix d&#8217;un mort qui monte de la fosse dans une <i>S\u00e9r\u00e9nade<\/i>. Ici la voix d&#8217;Andrea Hill fait entendre son mezzo-soprano dans avec un caract\u00e8re marqu\u00e9 o\u00f9 le toucher d\u00e9licat de la pianiste s&#8217;unit au son rond de l&#8217;altiste au vibrato g\u00e9n\u00e9reux. El\u00e9gance, atmosph\u00e8re, expressivit\u00e9. Superbe ! <i>In Black light <\/i>; cette pi\u00e8ce pour alto seul, <strong>Charlotte Bray l<\/strong>a compose pour Tabea Zimmermann. Semblant tr\u00e8s bien conna\u00eetre les\u00a0qualit\u00e9s et les possibilit\u00e9s de l&#8217;altiste, elle fait ressortir sa superbe technique mais aussi les sonorit\u00e9s qui sont la signature de cette musicienne hors pair. Sons ductiles d&#8217;o\u00f9 s&#8217;\u00e9chappent les harmoniques&#8230;On \u00e9coute et l&#8217;on retient son souffle. Le son de l&#8217;alto emplit la salle, le <i>forte<\/i> d&#8217;un <i>jettato<\/i> au talon puis l&#8217;humour ou le myst\u00e8re. Dialogue \u00e0 deux voix pour un seul instrument en doubles cordes. Nous sommes entra\u00een\u00e9s dans une galerie o\u00f9 les sons sont expos\u00e9s. Graves intenses, finesse des <i>pianissimi<\/i>. Quelle ma\u00eetrise de l&#8217;archet et de l&#8217;oeuvre ! Une oeuvre envo\u00fbtante, dans une modernit\u00e9 qui fait la part belle \u00e0 un instrument qui n&#8217;en finit pas de nous surprendre. Beaut\u00e9 du moment !\u00a0 <strong>Franz Liszt<\/strong> compose cette <i>Romance oubli\u00e9e <\/i>en 1880. Quelques mesures d&#8217;alto seul avec un archet qui effleure les cordes \u00e9crites\u00a0 par ce compositeur, le plus romantique de tous. Evoquant l&#8217;<i>Harold en Italie <\/i>d&#8217;Hector Berlioz on \u00e9coute le bariolage d\u00e9licat de l&#8217;alto qui se refuse au son trop pr\u00e9sent et veut rester dans l&#8217;insaisissable, dans un romantisme \u00e9th\u00e9r\u00e9. Les doigts tombent sur les cordes avec la souplesse d&#8217;une patte de chat, dans un duo o\u00f9 les sonorit\u00e9s se m\u00e9langent, comme dans un songe o\u00f9 des ailes d&#8217;anges effleureraient les cordes. Dans une m\u00eame esth\u00e9tique musicale, les deux artiste nous prom\u00e8nent sur des sons suspendus. <strong>Zoltan Kodaly,<\/strong> pour cet <i>Adagio <\/i>alto piano. Interpr\u00e9tation rare de Tabea Zimmermann dans cette pi\u00e8ce au d\u00e9but tr\u00e8s int\u00e9rioris\u00e9, comme une lente m\u00e9ditation mais dans une compr\u00e9hension totale entre les deux artistes et le compositeur. Tabea Zimmermann a une telle ma\u00eetrise de son archet qu&#8217;aucun changement n&#8217;est per\u00e7u, le son est donn\u00e9 par un archet infini dans un souffle sans fin. Dans ce duo de charme en parfaite osmose, le son envo\u00fbtant de l&#8217;alto enveloppe celui du piano dans une m\u00eame intensit\u00e9, une m\u00eame force dans un grand <i>crescendo<\/i>. Le bariolage du piano apporte un peu de fra\u00eecheur au son m\u00e9lancolique de l&#8217;alto. C&#8217;est dans un style tr\u00e8s particulier que les trois artistes se retrouvent pour interpr\u00e9ter la musique de <strong>Johannes Brahms,<\/strong> <i>Zwei Ges\u00e4nge. D\u00e9sir apais\u00e9 <\/i>est un po\u00e8me de Friedrich R\u00fcck introduit par un alto extr\u00eamement m\u00e9lancolique ; avec la voix de la chanteuse le po\u00e8te s&#8217;interroge sur son devenir, sur sa mort m\u00eame, m\u00ealant la nature \u00e0 ses d\u00e9sirs pour un repos \u00e9ternel. Andrea Hill sait se fondre dans les son de l&#8217;alto, ou est-ce le contraire ? Mais c&#8217;est une seule sonorit\u00e9 plac\u00e9e sur les m\u00eames ondes. Vibrato et prises de notes qui viennent de loin et pourtant percutantes, voix chaudes qui se m\u00ealent au toucher de la pianiste dans des <i>tempi <\/i>lents. Phrases musicales qui tissent un tapis sonore au mezzo-soprano moelleux de la chanteuse. Beaut\u00e9 des mots parfois murmur\u00e9s \u00e0 deux voix avec l&#8217;alto, le piano formant ce trio m\u00e9lancolique et sentimental. La <i>Berceuse spirituelle <\/i>d&#8217;apr\u00e8s Lope de Vega est plus ancienne, du XVIe si\u00e8cle. Berceuse pour un enfant, l&#8217;enfant de Bethl\u00e9em ? La phrase jou\u00e9e \u00e0 l&#8217;alto comme une m\u00e9lop\u00e9e revient inlassablement, triste et d\u00e9licate. De sa voix chaude, la chanteuse s&#8217;adresse au anges, \u00e0 la nature, dans un dialogue avec l&#8217;alto ; finesse et musicalit\u00e9. C&#8217;est un chant habit\u00e9 sur une belle longueur du souffle, sans aucune brutalit\u00e9 dans le <i>crescendo<\/i>. Dans une seule voix, les trois artistes m\u00ealent \u00e9l\u00e9gance du son et interpr\u00e9tation d\u00e9licate. Il est impossible de dire comment on peut arriver \u00e0 une telle communion de style et de perfection. Le toucher de la pianiste, le son velout\u00e9 de l&#8217;alto venu d&#8217;ailleurs et la beaut\u00e9 du timbre de la voix dans cette version toute f\u00e9minine, ce n&#8217;est pas une le\u00e7on de musique, c&#8217;est la musique faite femmes, un moment de communion comme on en rencontre peu. \u00d4 temps ! suspends ton vol, et vous, notes de musique, suspendez votre cours.<em><span id=\"msgText_new_message_draft1531994665230_cc4e1e05-7ea8-8768-4818-ed68adf1372f\" dir=\"ltr\"> Photo \u00a9 Marco Borggreve<\/span><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Festival d&#8217;Aix-en-Provence, Conservatoire Darius Millhaud, saison 2018 Alto Tabea Zimmermann Mezzo-soprano Andrea Hill Piano Edwidge Herchenroder Charles Martin [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":74,"featured_media":93216,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[3871,20799,20800,20798,20681,9354,352,1940,20797,8521],"class_list":["post-93215","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-senza-categoria","tag-andrea-hill","tag-charles-martin-loeffler","tag-charlotte-bray","tag-edwige-herchenroder","tag-festival-daix-en-provence-2018","tag-foreign-readers","tag-franz-liszt","tag-johannes-brahms","tag-tabea-zimmermann","tag-zoltan-kodaly"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/93215","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/users\/74"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=93215"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/93215\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media\/93216"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=93215"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=93215"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.studioroldo.it\/gbopera\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=93215"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}